Mazel Tov Tel Aviv !

2012, on joue l'ouverture. Nouveaux contributeurs, nouveaux horizons musicaux. Cette fois-ci c'est Nathan Fournier (Brainfeeders & Mindfuckers / Playlist Society) qui s'y colle, avec une mixtape garantie kasher.   

Il y a un truc très bizarre, avec la musique juive. D'un côté, il y a une attache profonde à la tradition, une opposition aux changements et à la modernité. Les communautés juives parlent yiddish entre elles, et ne se mêlent jamais avec les autres, de peur que ces autres ne menacent leurs traditions et leurs croyances. De l'autre côté, quelques décennies plus tard, on se retrouve à Tel Aviv, la Beyrouth juive, avec ses soirées débridées et sa scène Trance-Goa. Comment en est-on arrivé là ? Comment la petite communauté entre elle se retrouve à faire Ibiza sur sa plage sur les sons psychédéliques de DJs israéliens ? Triturer son violon est devenu triturer sa 303, l'air de rien. 

Mais en réalité, ce n'est pas si illogique. On trouve déjà une bonne part de danse dans le klezmer, mais il est toujours accompagné d'une mélancolie et d'une tristesse plus ou moins feinte. La trance de Tel Aviv, elle, envoie sans nuance, toute basse dehors. Les sonorités sont opposées, mais l'idée est un peu la même : dansons pour oublier. Oublier sa condition, sa pauvreté, les enfants qui font n'importe quoi, et ainsi de suite.
Et le pire, dans l'histoire, c'est qu'on trouve même des versions hispanisantes des grands classiques du klezmer, que certains réactualisent la musique juive pour en faire du rap. Le métissage n'a donc aucune limite.

Pour la Trance israélienne, l'histoire est assez amusante. Les soldats israéliens, juste après leur service militaire, sont bien contents de fuir la terre promise quelques semaines. Ils se réfugient à Goa, en Inde, où quelques DJs britanniques animent nuit et jour les dancefloor d'une musique rapide, lourde et profondément psychédélique. Les heureux vacanciers ont des étoiles dans les yeux et de la poudre dans le nez, ils sont mus par cette irrésistible envie de danser. Puis ils rentrent. Mais ils n'ont pas oublié. Ce qu'ils veulent pour leurs soirées, c'est cette musique. Du coup, Tel Aviv est devenue une des capitales de la trance music. 

Alors je me suis dis qu'il fallait tout mélanger. De la trance crasseuse de Tel Aviv et des envolées de clarinettes de Varsovie. Advienne donc que pourra de ce mélange qui ferait frémir la barbe de ton rabbin.

Nathan Fournier - Mazel Tov Tel Aviv [mixtape] by clementd

1. Learn Yiddish, Unit 1 Course Description
2. Astrix - Poison (Artcore - Hom-Mega Productions)
3. Juan Calle & his Latin Lantzmen - Havah Nagilah (Mazel Tov Mis Amigos - Reboot Stereophonic)
4. Gucci Vump - Sha! Shtil! (Original mix) (Sha Shtil/The Boogie Man EP - Sound Pellegrino)
5. Robert Gitelman - Children Of The Sun (Children of the Sun - Vandit Records)
6. Socalled - Heart Attack Feeling (Ghettoblaster - JDUB Records)
7. Infected Mushroom - Unbalanced (B.P Empire - YoYo Records)
8. David Krakauer's Klezmer Madness - Bubbemeises (Bubbemeises Lies My Grandma Told Me - Label Bleu)

3 commentaires:

Julien Lafond-Laumond a dit…

Marrant, je t'aurais jamais imaginer écouter Gucci Vump. En tout cas cette tape est folle et me met de bonne humeur.

Nathan a dit…

Ah mais je n'écoute jamais Gucci Vump, et j'aime vraiment pas Brodinski en général. Mais ce remix un peu pouet pouet et facile de Sha! Shtil! m'a toujours fait marrer. L'originale est quand même meilleure : http://youtu.be/TUd_V9P9Ppg

Anonyme a dit…

ça doit être tellement cool de garder des postes frontières contre l'envahisseur Palestinien en se faisant bourrer la tête de conneries de merde qu'après on va se défoncer pour oublier en écoutant de la musique de merde dans des pays pauvres (Thaïlande, Indes...etc...) où l'on se conduit comme des connards de merde en restant entre nous dans nos hôtels de merdes, nos restos de merdes, nos circuits de merde balisé comme nos cerveaux de merde par une propagande de merde. ça fait rêver ce genre d'hédonisme...
Non sans blague la trance-goa de merde à de l'avenir...