En vrac : Burzum | Frivolous | Radiohead

Burzum - Fallen

Varg ne chaume pas. Moins d'un an après Belus, le voilà qui revient avec un nouvel album dans la même lignée – mid-tempo et apaisé. Une chose retient mon intérêt : quand un groupe black se met aux voix claires, c'est soit pour virer prog et complexifier sa musique, occuper l'avant-garde, soit pour tomber dans le "depressive black" impudique. Burzum arrive en toute simplicité à sonner d'une troisième façon ; avec la répétitivité des structures, des riffs micromélodiques et une façon de chanter très détachée, Varg propose dans Fallen une musique quasi apaisante, enivrante du moins, qui cherche moins à se placer sur le curseur émotionnel que sur celui de la spiritualité. Pas renversant, donc, mais ô combien estimable. 6/10.


Frivolous - Meteorology

Resident Advisor, dans sa review, fait de Meteorology une sorte de For Emma, Forever Go de Bon Iver en conditions inversées. On se souvient de Justin Vernon, plaqué, qui partait vivre en forêt pour nettoyer sa peine et exorciser sa relation passée dans un disque désormais culte. Daniel Gardner a connu mésaventure comparable, lâché par sa copine la veille du jour où elle devait le rejoindre sur une île du Pacifique, là où lui pensait passer une année sabbatique au calme. Résultat : le paradis autour et l'enfer dans la tête, promiscuité étrange dont témoigne à merveille Meteorology. J'ai toujours trouvé dans les musiques dites baléariques un envers potentiellement désespéré, vous savez, on recherche tellement l'illustration du plus parfait sur Terre que que ça peut déboucher irrémédiablement sur la proposition sous-tendue "je n'aurai jamais accès à cette chimère". Frivolous mieux que personne fait coexister cet idéalisme et la nostalgie de ne pas pouvoir en être. Sa tech-house est exotique, vivante, chaleureuse, sautillante presque, et pourtant cela rend parfois un peu triste, c'est imperceptible mais il y a ici un quelque chose de profondément mélancolique qui fait fil rouge. Et dans un style comparable, ça rend Meteorology mille fois plus intéressant et émouvant que le dernier Isolée. 7,5/10.


Radiohead : The King of Limbs

Je ne vais pas passer des heures à parler de ce disque, on lit assez de choses dessus, dont ce texte qu'on écrit à 10. C'est juste pour signaler mon relatif agacement envers cette sortie, la sensation que Radiohead comme un vieux Clint Eastwood fait tout pour ne pas passer la main, se forçant littéralement à rester aux commandes de la modernité. Question marketing, ils n'ont pas fini de proposer des choses nouvelles, mais musicalement c'est autre chose. J'aime les chansons les plus simples, dans The King of Limbs, le reste me consterne : cheap, étriqué, chiant, laid. 4/10.

5 commentaires:

Le Maître a dit…

"cheap, étriqué, chiant, laid"

...Qu'un blogger ose faire l'autocritique de son propre blog, ça force le respect. 1/10

Julien Lafond-Laumond a dit…

Eh ben alors.

mehsar a dit…

"la sensation que Radiohead comme un vieux Clint Eastwood fait tout pour ne pas passer la main"
Je ne savais pas qu'on avait dépassé la date de péremption... Ouuuf merci !!!

Julien Lafond-Laumond a dit…

Pas de date de péremption, non, mais il y a un temps pour nous. Là j'ai l'impression que Radiohead (comme Eastwood) s'agrippent à des statuts qu'ils n'auraient plus forcément besoin de posséder. La splendeur de Radiohead est passée, c'est pas si grave, non ? Hail to Thief était d'ailleurs un merveilleux exemple de disque mineur, généreux et partageur, pas dans une tour dorée comme ici j'en ai l'impression.

Vay a dit…

Radiohead fait de bonnes choses, et d'autres bien plus dispensables. Et juste comme ça, faut arreter de voir l'innovation partout chez eux, c'est juste parce qu'ils sont ultra mediatisés qu'ils font parler d'eux comme les premiers a sortir un album gratuitement par internet et proposer qu'on y fixe un prix. Mais ils ont pas inventé l'eau tiede. Pour la musique, j'ai relativement apprecié le precedent, sans enorme plus. Mais là, j'ai été bien moins enchanté.