En vrac : Lil B | Mogwai | The Mount Fuji Doomjazz Corporation

Lil B - Angel Exodus

Personnage vraiment intrigant que ce Lil B, d'abord MC des très efficaces The Pack et qui en solo se permet les plus grandes excentricités. Connu comme un rat des réseaux sociaux, "The Based God" est un extravagant, un créateur dévorant tout ce qui passe sous sa souris et dont l'ambition n'a d'égale que le manque de sérieux dans le travail de production. On retiendra donc d'Angel Exodus sa diversité, son éclectisme fou, sa sincérité, mais également son manque de finition, son caractère bâclé – les idées se bousculent et se succèdent toujours plus vite sans qu'elles puissent jamais prendre une forme satisfaisante. Sorte de post-Lil' Wayne côté lyrics, de post-Kanye West côté associations audacieuses, Lil B est pour l'instant surtout un insaisissable, qui tient autant du fake que du génie brut. Un vrai moderne, quoi. On attendra la suite pour se prononcer de manière un plus ferme et moins excitée. 7/10.


Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will

Impossible de me souvenir de The Hawk Is Hawling, précédent disque de Mogwai. Je n'ai réussi à garder en mémoire que mon accablement devant un objet aussi insipide. Franchement, après plusieurs écoutes, je n'avais pas trouvé une seule bonne chose à l'intérieur. Et avec l'agonie du genre post-rock en général, cela ressemblait à la mort de Mogwai. Ou non, pas vraiment la mort, le retour au berceau comme tentative désespérée, retour à un son cru à la recherche d'une crédibilité infaillible, dernière chance de se cristalliser sans disparaître. Aujourd'hui la situation est la même, les Écossais continuent à creuser leurs origines, délaissant toute ambition formelle pour mieux radoter leurs singularités : crescendo sans détours, saturations maximales, titres qui se foutent de la gueule du monde. Heureusement pour eux, il y a quelques titres qui réussissent dans cette entreprise et qui sauve l'ensemble du naufrage à répétition. Une bien maigre consolation. 4/10.


The Mount Fuji Doomjazz Corporation - Anthropomorphic

On connaît plus le Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, passionnant projet electro-jazz panoramique ayant traîné sur Planet Mu et Ad Noiseam. Le Mount Fuji Doomjazz Corporation en est la formation resserrée et centrée sur l'impro live. Les structures sont moins évolutives et plus obsédantes. Ne restent quasiment que des cuivres plus ou moins identifiables tapis sur des drones et divers bidouillages électroniques (ça évoque Thomas Ankersmit en moins radical). Anthopomorphic se compose ainsi de 4 enregistrements de quinze minutes, assez monotones en apparence mais extrêmement pénétrants quand on sait s'y prendre, c'est à dire quand on les écoute au grand calme et de préférence la nuit. 7/10.

2 commentaires:

Benjamin F a dit…

Pour le Mogwai, on a juste pas écouté le même disque !:) Il est à mille lieux de The Hawk Is Hawling et s'éloigne tout autant des clichés du post-rock (Mexican Grand Prix) tout en en conservant la force du style, style dont ils ont eux même destiné les contours.

dr frankNfurter a dit…

On connaît plus le Kilimanjaro Darkjazz Ensemble
c'est sans compter aussi sur le Mountain Mocha Kilimanjaro dans la catégorie montagne.