Sarah Records en une heure (et un peu plus)


Vous le savez ou pas, Sarah Records est le label le plus attachant du monde. Un label qui partage le monde en deux : ceux qui le connaissent, le chérissent, qui en font un absolu, et les autres, qui vivent très bien sans, et qui voit quelque étrangeté à aimer à ce point un label dont le rejeton le plus connu est The Field Mice – avouons qu'il y a plus universel. Sarah Records est, en quelques mots, une structure fondée à Bristol en 1987, ayant couru jusqu'à 1995, et dont la majorité des sorties furent en vinyles 7 pouces. Leur crédo : l'indie-pop naissante, la twee-pop naïve et enfantine. On retrouve ainsi chez Sarah des fans déçus de la rupture des Smiths, des girl-bands ayant raté leur succès, des new-waveux au cœur trop tendre ; que des groupes a priori mineurs mais qui dégagent ce truc qui donne envie de les suivre jusqu'au bout du monde. Pour s'y retrouver un peu parmi la presque centaine de singles du label, et autrement que via les compilations officielles, j'ai enregistré une sélection de morceaux qui sont parmi mes préférés. J'avais fait cette sélection pour faire découvrir à une amie, et maintenant je vous la file à tous.


1 The Golden Down - The Sweetest Touch
2 Tramway - Maritime City
3 Another Sunny Day - I Don't Suppose I'll Get a Second Chance
4 The Poppyheads - Dreamabout
5 The Orchids - Peaches
6 The Wake - Crush The Flowers
7 Another Sunny Day - You Should All Be Murdered
8 The Field Mice - Sensitive
9 Blueboy - Chelsea Guitar
10 Even As We Speak - Bizarre Love Triangle (New Order Cover)
11 Brighter - I Don't Think It Matters
12 Another Sunny Day - I'm in Love With a Girl Who Doesn't Know I Exist
13 Sugargliders - Aphrahran
14 Heavenly - Atta Girl
15 Another Sunny Day - Anorak City
16 Action Painting! - These Things Happen
17 The Field Mice - This Love Is Not Wrong
18 St. Christopher - All of a Tremble
19 Brighter - Inside Out
20 The Hit Parade - In Gunnersbury Park
21 The Wake - Carbrain
22 Even As We Speak - Drown

Illustration : Les Chants de la nuit, d'Alphonse Osbert.

En vrac : Faust | Cut Copy | Maceo Plex



Faust
: Something Dirty

2011 - 1971 = 40 ; 40 ans depuis la sortie du premier album éponyme de Faust – wow. Le vertige est grand, surtout que Faust n'a rien perdu de sa fougue. Quand des centaines d'artistes, de groupes, cherchent à sonner kraut, il y a encore des types qui sont kraut presque malgré eux, ça leur colle à la peau comme une putain d'hérédité. Something Dirty est tour à tour trippé (trippant), mélancolique et agaçant, on a pas affaire à un grand disque mais à un rappel à l'ordre : ces monuments ne cessent de nous rappeler qu'ils ne sont pas morts (presque un disque par an depuis dix ans). Que le message soit passé et à l'année prochaine. 6,5/10.


Cut Copy : Zonoscope

Je me demande encore comment In Ghost Colours avait pu m'emballer à ce point en 2008. En plein marasme electro-pop, proposer un disque dance plein à craquer de french touch et de new wave apparaissait a priori comme du suicide. Et je ne sais par quelle magie, ça marchait. Pas à moitié. Trois ans plus tard, le charme ne s'est même pas trop érodé. Ce qui est sûr, c'est que ce quelque chose qu'il y avait à l'époque a disparu dans Zonoscope, disque d'une laideur insurmontable et quasi-incompréhensible. On a l'affreuse impression d'une suite de chutes de studios instrumentales auxquelles on aurait rajouté à l'arrache une piste de voix mal mixée. C'est repoussant d'entendre des chansons aussi faussement incarnées. 2/10.


Maceo Plex : Life Index

Sous l'alias Maetrik, Eric Estornel a brisé pas mal de rotules avec une minimal-house salement trippée et pointue. Avec ce nouveau pseudo, Maceo Plex, il délaisse ses aspects les plus technoïdes et vrillés pour s'approcher de sonorités plus house et même, osons le mot, plus deep. Subtil, enivrant et vivement recommandé. 7/10.

Alexandre Navarro | SEM Label | Mixtape #3

C'est avec un grand plaisir que nous vous présentons la nouvelle mixtape d'Alexandre Navarro (dont nous vous avions parlé ici et ici), artiste et directeur artistique associé de SEM Label. Comme à son habitude, Alexandre nous invite à un voyage dans les musiques étranges. En attendant la sortie de son prochain album, à venir sous peu, nous vous souhaitons une belle écoute de cette sélection toute en douceur.



01. Montero-Navarro Bootleg Remix - The Green Kingdom - SEM / IOD 008 
02. One Minute For The Sun - Benfay - SEM / IOD 010 
03. Eolite - Alexandre Navarro - Arcane - SEM 002 
04. Ocean (Excerpt - part 1) - Saito Koji - SEM 007
05. One Minute For The Sun - Segue - SEM / IOD 010 
06. Fltic - Koutaro Fukui - Between Objects - SEM / EKO 004 
07. m456 875 - Letna - Morning Sun - SEM / EKO 001 
08. One Minute For The Sun - Darren McClure - SEM / IOD 010 
09. Sky Flowers - Manrico Montero - Betweenness - SEM 003 
10. One Minute For The Sun - Sébastien Druot - SEM / IOD 010 
11. Lucky Day - Letna - White City - SEM / EKO 007 
12. One Minute For The Sun - Hiroki Sasajima - SEM / IOD 010
13. Illumination - Alexandre Navarro - Desert (Black Bird Remix EP) - SEM 006 
14. Miniature Forest Remix - Offthesky - TGK Remix - SEM / IOD 004 
15. One Minute For The Sun - Fax - SEM / IOD 010
 
Téléchargement gratuit ici


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En Vrac : Desolate | The Leaf Library | G-Side

Desolate - The Invisible Insurrection

Je n'attendais tout de même pas Sven Weisemann à pareille fête. Ce jeune pilier des musiques deep (dub techno / deep house) s'était fait remarquer en 2009 par un premier album très orienté néo-classique : Xine, dans la stricte lignée de ses modèles Murcof et Max Richter. Le disque était bon mais manquait d'un peu de densité. C'est chose réparée avec The Invisible Insurrection, second LP sous un nouveau pseudo, Desolate, qui marque aussi une nouvelle influence, le dubstep. Weisemann propose ainsi 9 compositions sublimes où se chevauchent orchestrations ambient et néo-classique, rythmiques garage, samples à la Burial et attirail deep habituel – production spatiale et réverbs dub. Parfait de bout en bout. 9/10.


The Leaf Library - Different Activities, Similar Diversions

Il y a des groupes qu'il vaut mieux éviter de plagier, pas parce qu'ils sont mauvais mais parce qu'ils sont simplement inimitables. Se risquer à faire comme Stereolab est un peu suicidaire. The Leaf Library est en plein dans ce problème. Ils reprennent des tics du groupe de Laetitia Sadier et cela sonne abominablement faux, et c'est encore plus moche quand ils mêlent ça à des ambiances plus pastorales et naïves type Au revoir Simone. Chiant et moche. 3,5/10.





G-Side - The One... Cohesive

Les G-Side sont des supers représentants du rap sudiste, et leur troisième album est vraiment un bel ouvrage. The One... Cohesive est intimiste, pas trop dirty et en même temps résolument moderne – beaucoup de textures électroniques trancey et de voix mutantes. On nage en plein néo-romantisque hip hop, il y a quelques fautes de gouts odieuses mais elles sont aisément compensées par la belle fraîcheur d'ensemble. 6/10.

Nicolas Jaar - Space Is Only Noise

 
Il y a matière à parler de James Blake et Nicolas Jaar en montage parallèle : le visage de l'un puis de l'autre, si jeunes, tout juste la vingtaine ; des ascensions fulgurantes, évidemment précoces, construites sur la succession rapide d'EPs consacrés ; des valeurs musicales similaires, des sonorités pareillement inédites et chaleureuses et leur premier album respectif sorti au même moment, début 2011. Voilà pour deux success story qui se comparent et dans une certaine mesure se valent. Seulement on préfèrera mettre notre loupe sur leurs différences, sur ces raisons qui font que James Blake tourne plutôt mal à l'inverse de Nicolas Jaar.

Revenons d'abord sur l'album éponyme de Blake dont il y a tant de choses à dire. Nous avions rencontré le garçon fin 2009, sur Hemlock Recordings, label d'Untold, avec un EP surpuissant (Air & Lack Thereof) et un remix édifiant pour ce même producteur ("Stop What You're Doing"). On y découvrait un espoir fou du dubstep, au groove r'n'b déluré et franchement irrésistible. Il y a tout juste un an James Blake nous faisait aussi sourire avec ses relectures de Lil' Wayne et Destiny's Child sous le pseudo Harmonimix. Puis à travers les maxis The Bells Sketch, CMYK et Klavierwerke, il a lentement glissé vers des compositions plus calmes, plus mélodiques, et en contre-partie moins centrées sur le rythme et la basse. À chaque sortie un nouveau pas de franchi, vers une musique hybride où le dubstep n'était plus qu'un fantôme planant sur un je ne sais quoi abstract-electro-funk. La carrière de James Blake, aussi courte soit elle, n'a été ainsi affaire que de ce glissement ; rien ne se solidifie, tout bouge dans la foi et la confiance que génie bien sûr il y a. Malheureusement, le glissement est devenu glissade avec "Limit To Your Love", Blake continuant à changer en accéléré en s'imaginant maintenant chanteur nostalgique. Son album est la résultante de cette nouvelle lubie soudaine et hors contrôle, trop fragile et prématurée pour que cela donne autre chose qu'un disque creux qui s'affaisse par le centre. Manque de densité, de poids, de la force du déjà éprouvé, le sol de James Blake s'écrase sous ses pieds et le laisse loin de ces deux pôles d'intérêt : un dubstep qui n'est plus qu'un concept vide et des lovesongs pop-soul qui ont bien du mal à se faire reconnaître dans quelques grammes de pianos et de lignes vocales répétées à outrance.

Si nous insistons à ce point sur ce disque de James Blake, c'est que la même lecture pourra en être faite du Space Is Only Noise de Nicolas Jaar. Pour le presque néophyte, en effet, le jeune new-yorkais est surtout un dj star en puissance, hébergé par les plus grands labels house et tech-house de notre temps (Wolf + Lamb, Circus Company et des remixes pour Get Physical, Crosstown Rebels et Bpitch Control). Et si l'on attend de Jaar qu'il perpétue un son house tire-fesses, gare à la déception, car Space Is Only Noise n'est à aucun moment club-friendly. Rien ici ne renouvellera l'excitation de la basse démente de "Time For Us" ou du groove puissant et organique de "Mi Mujer" ou "Marks". En cela on pourra se dire : Jaar, lui aussi, renie déjà son berceau, s'éloigne à peine accouché des structures qui l'ont engendré. Mais un retour précis et exhaustif sur sa discographie balaiera cette idée en totalité. Car The Student EP, en 2008, sa première sortie, annonçait dès le départ la possibilité d'un en dehors des rythmes en 4/4. Et les signaux n'ont cessé de se multiplier depuis ; relectures down-tempo, mixes ultra-éclectiques, Eps confidentiels et self-released, morceaux interludes transgenres etc. Le parti pris sur Space In Only Noise d'un album calme, réflexif et intimiste n'était ainsi pas sans gestes annonciateurs, sans essais préalables ; c'était au contraire l'accomplissement naturel d'une exploration vieille de deux ans.
Du reste, si l'assise rythmique a changé (la tech-house se transformant le plus souvent en hip hop), si les morceaux ont perdu en longueur et en caractère dansant, le cœur musical de Nicolas Jaar reste égal à lui-même, c'est à dire tourné vers des obsessions musicales qui le définissent entièrement : une culture jazz-world ultra prégnante – l'amour de Mulatu Astatke en tête –, une passion pour les voix traitées et pitchées et un mixage jamais loin d'une dynamique de dj live. Àla différence de celui de James Blake, le premier album de Nicolas Jaar ne se cherche pas, ne se survole pas, il creuse, ou s'il ne le fait pas du moins nous pouvons dire qu'il clame haut et fort sa singularité, varie sur les mêmes thématiques et les mêmes procédés pour mieux s'assoir à une place non savonneuse.

Space Is Only Noise aura du mal à être présenté comme un disque définitif, il lui manque peut-être dix minutes et un titre exportable. Mais son salut est ailleurs : il installe pour de bon Nicolas Jaar parmi les plus artistes les plus prometteurs d'aujourd'hui, pour ses morceaux sont reconnaissables entre mille et qui respirent déjà le sérieux et la maturité technique indispensables pour construire une carrière. Il suffit d'écouter "Keep Me There" pour s'en convaincre, indéfinissable merveille romantique qui à elle seule résume tout notre propos. En cinq minutes, Jaar pose tous les jalons d'une musique nouvelle et crédible : étrange tonalité de voix qui ne dérange pas, rythmique house méconnaissable à un tempo si lent, claviers enveloppants et lunaires, production dubbisante et surtout cuivres finaux d'une beauté et d'une modernité renversantes. Aucun autre morceau de Space Is Only Noise n'atteint de tels degrés de perfection ; peut importe, tous sont aussi des arguments plus que valables pour plaider en faveur de Nicolas Jaar, dont le premier album n'est certes pas un moment historique (l'album est trop confortable pour ça, et il tire parfois trop vers un néo trip-hop agréable sans plus), mais qui écrit les premiers chapitres d'un roman culturel qui n'a peut-être pas fini de nous passionner. 8/10.

Tiny Snake, par Gonzo | En attendant Le Soleil de Minuit (12/02/11)

Entrée du labyrinthe, un oeil à gauche, un oeil à droite, un deux trois quatre et j'y vais. Enfilade de couloirs où je me glisse sournoisement, entre les fissures des murs je me fixe et j'attends. Le bon moment c'est prendre son temps. Toi tu bouges pas, t'as rien vu venir, pourtant ça danse dans ta tête, un petit ver ondule son corps et agite sa langue. Par petits coups pour chatouiller tes synapses, des caresses en ondes vibratoires, c'est la sorcellerie. Du fond de ta pomme une révolution s'opère, des informations arrivent par vagues, ton bassin commence à remuer doucement. Il se cale sur notre rythme, on ondule ensemble, on rentre patiemment en résonance, c'est un frotti frotta à quelques centimètres, on lévite littéralement. Si on devait se toucher ça serait l'étincelle puis la violence.

Restons ainsi.


Ce sont les caresses du vide, une brise légère et chaude entre nous deux passe. Au fond de ton crâne un serpent tire sur les ficelles et tu enlaces un mirage. Cette caresse mentale est la plus douce qui puisse exister, elle est la première d'une longue promenade à tes côtés, si un jour on se rencontre, si on arrive à se rejoindre, si le feu prend j'y jetterais mon venin et on entendra au loin un bruit sourd, une explosion d’infrabasse qui distordra le temps. Pour le moment, je reste là.

En attente. 

Gonzo//@desgonzo

1. Anja Shneider - Fish At Night
2. Oliver Huntemann feat. Stephan Bodzin - Black Ice
3. Dantom Eeprom - Highlight The Damage Done
4. Pan-Pot - Captain My Captain
5. Nina Kraviz - I'm Gonna Get You
6. Shonky & Jennifer Cardini - Come Down To Earth
7. Agoria feat. Carl Craig - Speechless 
8. Format:B - Dog Tag
9. Nôze - Meet Me In The Toilet
10. Extrawelt - Was Übrig Bleibt (Dominik Eulberg Das Es Remix)

Retrouvez Gonzo sur Le Tag Parfait  

A noter : samedi prochain, Le Soleil de Minuit nous invite au Lautrec (Pigalle). Gonzo sera de la partie. Plus d'infos ici

PS: On souhaite un très joyeux anniversaire à notre @FradiFrad préférée. LOVE

Fichés au grand dandysme #01 - DCDL//RECORDER//CONSUME

Nouvelle année, nouveau rendez-vous : Des Chibres & Des Lettres et RECORDER s'installent au Motel pour un cycle de soirées fichées au grand dandysme. Au menu, papillonnage musical et drinks.

Cette première (jeudi 3/02) mettra à l'honneur Consume qui fêtait il y a peu, dans les mêmes lieux, la sortie chez RECORDER de son premier EP, Suprématisme.




Artwork par raphaeLL Leroy http://www.pallm.net/
Recorder

Consume

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Sous le haut patronage d'Asphalt Duchess 

En vrac : Lil B | Mogwai | The Mount Fuji Doomjazz Corporation

Lil B - Angel Exodus

Personnage vraiment intrigant que ce Lil B, d'abord MC des très efficaces The Pack et qui en solo se permet les plus grandes excentricités. Connu comme un rat des réseaux sociaux, "The Based God" est un extravagant, un créateur dévorant tout ce qui passe sous sa souris et dont l'ambition n'a d'égale que le manque de sérieux dans le travail de production. On retiendra donc d'Angel Exodus sa diversité, son éclectisme fou, sa sincérité, mais également son manque de finition, son caractère bâclé – les idées se bousculent et se succèdent toujours plus vite sans qu'elles puissent jamais prendre une forme satisfaisante. Sorte de post-Lil' Wayne côté lyrics, de post-Kanye West côté associations audacieuses, Lil B est pour l'instant surtout un insaisissable, qui tient autant du fake que du génie brut. Un vrai moderne, quoi. On attendra la suite pour se prononcer de manière un plus ferme et moins excitée. 7/10.


Mogwai - Hardcore Will Never Die, But You Will

Impossible de me souvenir de The Hawk Is Hawling, précédent disque de Mogwai. Je n'ai réussi à garder en mémoire que mon accablement devant un objet aussi insipide. Franchement, après plusieurs écoutes, je n'avais pas trouvé une seule bonne chose à l'intérieur. Et avec l'agonie du genre post-rock en général, cela ressemblait à la mort de Mogwai. Ou non, pas vraiment la mort, le retour au berceau comme tentative désespérée, retour à un son cru à la recherche d'une crédibilité infaillible, dernière chance de se cristalliser sans disparaître. Aujourd'hui la situation est la même, les Écossais continuent à creuser leurs origines, délaissant toute ambition formelle pour mieux radoter leurs singularités : crescendo sans détours, saturations maximales, titres qui se foutent de la gueule du monde. Heureusement pour eux, il y a quelques titres qui réussissent dans cette entreprise et qui sauve l'ensemble du naufrage à répétition. Une bien maigre consolation. 4/10.


The Mount Fuji Doomjazz Corporation - Anthropomorphic

On connaît plus le Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, passionnant projet electro-jazz panoramique ayant traîné sur Planet Mu et Ad Noiseam. Le Mount Fuji Doomjazz Corporation en est la formation resserrée et centrée sur l'impro live. Les structures sont moins évolutives et plus obsédantes. Ne restent quasiment que des cuivres plus ou moins identifiables tapis sur des drones et divers bidouillages électroniques (ça évoque Thomas Ankersmit en moins radical). Anthopomorphic se compose ainsi de 4 enregistrements de quinze minutes, assez monotones en apparence mais extrêmement pénétrants quand on sait s'y prendre, c'est à dire quand on les écoute au grand calme et de préférence la nuit. 7/10.