Windsor For The Derby | Against Love


Condamnés à rester confidentiels, voilà le destin des Windsor For The Derby. On pourrait pleurer sur ce cap qu'ils ne franchissent pas, mais on préfèrera cette-fois dire qu'ils l'ont bien cherché. Depuis maintenant quinze ans, les Texans soufflent le chaud et le froid, entre mélancolie fleurie et idées noires, mais aussi entre disques géniaux et galettes soporifiques. Après le tube de leur carrière en 2004 – "Melody Of A Fallen Tree", présente sur la BO de Marie-Antoinette – et deux excellents albums en 2005 et 2007 (Giving Up The Ghost et How We Lost), ils nous reviennent aujourd'hui avec un de leurs disques les plus faiblards, Against Love, resucée claudicante de leurs précédents essais réussissant l'exploit de passer quasi-inaperçu dans le catalogue pourtant très exposé de Secretly Canadians (Yeasayer, jj, Damien Jurado). On y trouve tout ce qui fait le charme habituel de Windsor For The Derby, l'écriture et l'orchestration Sarah Records ou Factory, quelques incursions plus cold-wave, pourtant sur Against Love la sauce ne prend pas : les mélodies s'oublient vite, le disque s'égare trop, l'album s'efface à mesure qu'il avance. Il reste là-dedans pas mal de beaux moments, pas loin de se qu'ont pu procurer récemment les XX, mais au regard de leur carrière c'est trop peu pour convaincre. Windsor For The Derby cale net en terme d'inspiration, soit, mais se prend surtout les pieds dans le pathos. "Our Love's A Calamity", "Tropical Depression", "Cursed Ages", "Dull Knives" : les titres parlent d'eux-mêmes. Plus de tragédie légère, Windsor For The Derby va mal, c'est net, et ça ne magnifie pas leur musique ; au contraire elle s'en trouve affaiblie et rabougrie. Mettez-vous au sport les gars, on aimerait vous voir en meilleure mine. 4/10.

Autres avis : Les Inrocks (JD Beauvallet pas déçu pour un sous), Magic apprécie les interludes ambient que je trouves nulles, plus d'accord pour le coup avec les réserves des Passions de Fab.

4 commentaires:

Mmarsupilami a dit…

Là, je serai aussi très, très sérieusement sur la réserve. Un groupe pour lequel j'ai pourtant aussi beaucoup d'affection...

Julien Lafond-Laumond a dit…

Pareil, je les avais découvert pourtant récemment avec How We Lost, qui m'avait subjugué complètement.

mmarsupilami a dit…

En même temps, faut dire que ces gars ne connaissent pas le confort. Ils n'arrêtent pas d'évoluer.
Chaudement recommandé : le side project d'un des deux (Dan Metz), The Birdwatcher et plus particulièrement le superbe The Darkest Hour Is Just Before Dawn.

Julien Lafond-Laumond a dit…

Vu ça mais pas encore écouté. Je note !