The Books | The Way Out


S'il y en a bien un qui sait à quel point il est difficile et dangereux de ne pas pencher d'un côté ou de l'autre, c'est bien François Bayrou. Ni de droite ni de gauche, c'est le danger du zéro et de l'effacement : l'évidement par le centre. Dans une discipline sensiblement différente, The Books connaît une expérience pourtant analogue. Ni groupe de folk, ni projet électronique, Nick Zammuto et Paul de Jong œuvrent sur un terrain compliqué où il est bien ardu de les définir. Il n'est pas vraiment possible de parler de songwriting, malgré la présence récurrente de voix, d'une guitare et d'un cello, pas vraiment évident de parler d'electronica non plus, la faute à une attitude trop rock'n'roll et au trop peu de recherche numérique de leur musique. The Books serait en fait plus à un groupe à situer selon une méthode que des sonorités : le collage, le patchwork. Lieu de collision de mille voix, de mille samples, collection de débris après le casse, The Way Out est un dépotoir pour produits indésirables. Le travail est alors alors d'anoblir cette matière sans valeur, de la poétiser dans un discours folk ou de la réhabiliter dans une forme de "méta big beat" aussi fun que déplacé. Dans cette entreprise, les deux New-yorkais de The Books atteignent ici leur quintessence. Passionnant tour de force théorique, The Way Out est aussi leur album le plus dansant et le plus touchant. Espérons que cela suffise à éviter la tragédie du centre : plaire à tout le monde mais ne rallier personne. Dans cet espace musical insaisissable, il y a en effet toujours le risque de ne trouver aucune branche où s'accrocher durablement. Pour moi ce ne fut pas un problème. 8/10.

6 commentaires:

Hugues Derolez a dit…

Ça me rappelle les Fierny Furnaces. Je supporte pas ces trucs.

Nikki Sonic a dit…

Je rappelle juste que Bayrou est de droite

Julien Lafond-Laumond a dit…

Nikki : je parle bien de sa problématique actuelle avec le modem, à Bayrou, pas de toute sa carrière politique.

Hugues : ça n'a rien à voir avec les Fiery Furnaces. Rien de rien.

Hugues Derolez a dit…

Les rares trucs que j'ai pu écouter d'eux, aussi peu représentatifs soient-ils de l'ensemble, je n'en sais rien, était fichu de partout de borborygmes musicaux et de pets absurdes, tout comme ce truc là.

Benoit a dit…

c'est sand oute un des trucs les plus bizarre écouté cet année. En fait je ne sais pas trop quoi en penser, mais c'est quand même très barré et très original.

mmarsupilami a dit…

Un, évident : c'est passionnant! Ca cherche. C'est original.

Deux, pas clair : je pense à The Chap.

Trois, idiot : alors que j'ai reproché au dernier The Chap d'être trop mélodique, je reprocherais à celui-ci d'être trop déstructuré...

Ce sera le fond de ma chronique...
:-)

Quatre, d'accord : rien à voir avec Fiery Furnaces.