Brève attaque du vif au Palais de Tokyo

Palais de Tokyo ©Ansanshi
Nuit des musées. J'aurais pas dû sortir, pourquoi suis-je sortie ? Le monde, le on, se presse dans les couloirs tapissés de réflexions productrices, d'élans créateurs. Et je n'apprécie pas le brouhaha, le m'as-tu-vu, le piétinement qui froissent les oeuvres. La polémique ne démarrera pas.

Adossée à un pilier du Palais de Tokyo, zyeutant son plafond sobre et martial, qui me coiffe du haut d'une bonne dizaine de mètres, je m'isole du froid et de la foule. Après une réflexion bondissante, du IIIe Reich à la soucoupe volante de MIB, je remarque à la droite de mon champ de vision, une lucarne ouverte sur l'une des pièces du musée. Des lettres, peut-être étaient-elles lumineuses, je les vois scintillantes, forment une phrase dont la totalité m'est cachée. "Je, n, p, p, d'a, l'e" sont les points de relais de la formule inconnue. Cadre suggestif:


Je n'aime probablement pas d'amour l'ennui.

Je nimbe peu à peu d'améthyste l'été.

Je ne promets pas d'arroser l'enfer.


La phrase exposée ne me revient pas. Pourtant je l'ai bien vue. L'exercice m'a faite penser à une récente lecture: Brève attaque du vif de François Meyronnis. En réalité, je ne sais pas quoi en penser. La lecture est difficile, rauque, rocs: un désert. Un parisien mis à l'épreuve du monde du dessous, un être en dehors de la masse. Atermoiements prétentieux ? Cheminement génial ? Je n'en sais rien. Mais des traces sont restées; notamment la scène du marché aux fleurs, envahi d'individus qui veulent écorcher le héros:

"Elle n'en revient pas. Sortir de l'espèce! Comme si un vivant né d'une femme pouvait se dégager de la chaîne à engendrements. Sans l'aide de la science, encore. Absurde! Quadrature du cercle! Qu'on lui pourrisse le museau à cet épouvantail. Kaputt, celui qui refuse d'être coulé dans le lait de chaux des générations." p.101

Thématiques à la Blood Axis, je vous régale de Between Birds of Prey, l'un des plus beaux morceaux de dark ambient jamais entendu. Non, Nietzsche n'est pas sur la vidéo par hasard; le texte est l'un de ses poèmes, consultable dans les Dithyrambes de Dionysos.


1 commentaires:

Clement Dupouy a dit…

Blood Axis, superbe