DCDL XXXI, voyage dans les musiques étranges

"A bord du 'Chibre Lunaire', voyage dans les musiques étranges". Tout est dit. Aujourd'hui, c'est Guillaume (Jihad Autisme Fantome) le commandant de bord. Difficile d'en dire plus, laissez-vous simplement porter, c'est superbe d'étrangeté.

DCDL XXXI | Jihad Autisme Fantome


DCDL XXXI | Jihad Autisme Fantome by Cosmic Jihad

DCDL XXXI | Jihad Autisme Fantome

Intro · Robag Whrume Als Rolf Olksen - Original Jahreswechsel Von 06 In 07
1. Ego Death - Binominal Nomenclature (the black burner)
2. Ghédalia Tazartès - La fin du prologue
3. David Fulton - Don't Ask Part 2 - Semi-Trilogy (Side B)
4. Scott Tuma & Mike Weis - Enearthd
5. Älgarnas Trädgård - There is a time for everything, there is a time when even time will meet
6. Zelienople - Aging
7. Xela - A corpse hangs in the house of the lord
8. Fondation - Divertissement
9. Black To Comm - Jonathan
10. Headdress - Moon of shedding ponies
11. Sylvain Chauveau - Je suis vivant et vous êtes morts

Jihad Autisme Fantome, le blog

Joe Guido


Il y a pas deux types comme Guido dans la sphère dubstep. Flirtant toujours avec le putassier et le kitsch, il arrive toujours à se maintenir du bon côté de la barrière – du côté du bon goût. Son premier album vient de sortir, Anidea, et c'est déjà un de mes sommets dubstep de l'année. Avec une pochette hideuse, des tendances R'N'B Timbalandienne dernière période et un amour immodéré pour les claviers 80's, on avait de quoi se méfier. Et pourtant Anidea est un bijou, dont Mad Sax est l'élément le plus précieux. Subtilement bordeline.

clodo85 by clodo85

Autre chose. Vous avez sans doute vu qu'Apichatpong Weerasethakul avait obtenu la Palme d'Or à Cannes. Je suis fou de joie de cette nouvelle (ça change des cérémonies précédentes qui étaient désastreuses). Si vous ne connaissez pas "Joe", plongez-vous dans n'importe lequel de ses longs-métrages : ils sont tous exceptionnels. Et puis commencez par ce mini-film humanitaire troublant et finalement très puissant.

Les oubliés du shoegaze (partie 3 : Welcome To Julian)


Pour notre troisième volet rétrospectif des sombrés dans l'histoire du shoegaze, nous allons nous intéresser à un groupe relativement frais et accessible, à un disque qui passe tout seul, Never So Close des Welcome To Julian. C'est affilié au shoegaze, mais on peut y voir plus d'une affinité avec les mouvements twee et noisy pop. Cet album, complètement oublié au bataillon, est pourtant un régal immédiat : voix parfaite, mélodies habiles, instrumentation musclée quand il faut... C'est un parfait travail d'artisan. Évidemment, sorti en 1993, Never So Close n'a fait aucune vague. Surtout que c'est un groupe sans ami, dont les seules références furent constituées par rêveries, rêveries d'Outre-Manche. Car Welcome To Julian est un groupe français, miracle et OVNI d'une scène rock qui ne voulait en faire qu'à sa tête. Ils ont été accusés de faire de la repompe, du plagiat, de recopier l'ennemi, mais au moins eux ont su écrire des belles chansons. Et avec le recul c'est quand même ça qui prime.

Le lecteur grooveshark est devenu fou, donc exceptionnellement je vous file un lien de téléchargement. L'album n'est plus trouvable dans le commerce, donc ce n'est après tout pas un gros problème : Welcome To Julien - Never So Close

DCDL XXX, "méga teuf, excellent"

On ne présente plus La Kustom! sur DCDL. C'est la famille, c'est le petit du groupe, blablabla. Ce soir - ce n'est pas vraiment dans nos habitudes - c'est ambiance Social Club, hystérie juvénile, "méga teuf, excellent". Tout le contraire de l'illustration :)

DCDL XXX | La Kustom!



DCDL XXX | La Kustom!

1.Duke Dumont: Hoy
2.Carte Blanche: Gare Du Nord
3.Gregor Salto & Dj Gregory: Vem Rebola
4.Manaré: Pirog
5.Beataucue: Bus
6.Femme En Fourrure: Dirty Blonde (Malente & Dex remix)
7.Mikix The Cat vs Momma's Boy: At Night (Sovngaer remix)
8.Dj Deeon: Freak Like Me (Brenmar remix)
9.Harry Benson: Kudzu (Raziek remix)
10.Dj P.O.L. Style: Vampire Killah (LOL Boys remix)
11.Harry Benson: Desperado (Robert Boogert remix)
12.Afrojack & Sidney Samson: Quacky
13.Eric Martin: Fire Alarm
14.Julio Bashmore: Tread Soft
15.Le Knight Club: Chérie D'Amoure
16.Ms. Thing feat. Psycho Tanbad: Bonify

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Du vrac pour un samedi en vrac

Ça commence comme à peu près tous les morceaux des Cramberries. Et puis, ça continue comme une seconde intro des Cramberries. Et puis une autre encore. Ca tombe bien, avec du recul, les intros, c'est peut-être le seul truc de bon chez les Cramberries.

Ps : ça s'appelle Final et l'album, Infinite Guitar.



Microcosmos, j'aime presque plus que le Lac aux requins. J'aime particulièrement la b.o de Coulais. Et ce morceau de Julia Hoter me rappelant cette b.o – va savoir pourquoi Serge –, j'aime ce morceau. CQFD.



Araki à Cannes. En voilà une bonne nouvelle. Je n'ai jamais entendu Autumn Fair chez lui, mais, forcément, je pense à Araki quand j'écoute ce groupe. Plutôt évident.


Brève attaque du vif au Palais de Tokyo

Palais de Tokyo ©Ansanshi
Nuit des musées. J'aurais pas dû sortir, pourquoi suis-je sortie ? Le monde, le on, se presse dans les couloirs tapissés de réflexions productrices, d'élans créateurs. Et je n'apprécie pas le brouhaha, le m'as-tu-vu, le piétinement qui froissent les oeuvres. La polémique ne démarrera pas.

Adossée à un pilier du Palais de Tokyo, zyeutant son plafond sobre et martial, qui me coiffe du haut d'une bonne dizaine de mètres, je m'isole du froid et de la foule. Après une réflexion bondissante, du IIIe Reich à la soucoupe volante de MIB, je remarque à la droite de mon champ de vision, une lucarne ouverte sur l'une des pièces du musée. Des lettres, peut-être étaient-elles lumineuses, je les vois scintillantes, forment une phrase dont la totalité m'est cachée. "Je, n, p, p, d'a, l'e" sont les points de relais de la formule inconnue. Cadre suggestif:


Je n'aime probablement pas d'amour l'ennui.

Je nimbe peu à peu d'améthyste l'été.

Je ne promets pas d'arroser l'enfer.


La phrase exposée ne me revient pas. Pourtant je l'ai bien vue. L'exercice m'a faite penser à une récente lecture: Brève attaque du vif de François Meyronnis. En réalité, je ne sais pas quoi en penser. La lecture est difficile, rauque, rocs: un désert. Un parisien mis à l'épreuve du monde du dessous, un être en dehors de la masse. Atermoiements prétentieux ? Cheminement génial ? Je n'en sais rien. Mais des traces sont restées; notamment la scène du marché aux fleurs, envahi d'individus qui veulent écorcher le héros:

"Elle n'en revient pas. Sortir de l'espèce! Comme si un vivant né d'une femme pouvait se dégager de la chaîne à engendrements. Sans l'aide de la science, encore. Absurde! Quadrature du cercle! Qu'on lui pourrisse le museau à cet épouvantail. Kaputt, celui qui refuse d'être coulé dans le lait de chaux des générations." p.101

Thématiques à la Blood Axis, je vous régale de Between Birds of Prey, l'un des plus beaux morceaux de dark ambient jamais entendu. Non, Nietzsche n'est pas sur la vidéo par hasard; le texte est l'un de ses poèmes, consultable dans les Dithyrambes de Dionysos.


Summer Wave au 1979, gagnez des places sur DCDL

Chers lecteurs,

Des Chibres & Des Lettres est partenaire de la soirée Summer Wave qui se tiendra au 1979 (Paris) le dimanche 23 mai. Au menu : Play Paul, Allure, Axel le Baron & Kourbatoff et Dee Nice. Envie de participer à cette élégante sauterie? Nous offrons des places aux cinq premières personnes nous envoyant un mail à l'adresse suivante : deschibresetdeslettres@gmail.com



N'oubliez pas de nous indiquer vos noms et prénoms. A dimanche!


En route pour la Coupe du Monde : le commentaire des 24



Ils auraient pu garder ça pour eux et faire comme à leur habitude : refaire le monde du ballon rond entre plusieurs rasades de vin rouge, devant un écran scintillant de joueurs modélisés, devant des schémas de jeu inventifs et travaillés : devant FIFA 10 ; mais cette-fois, à l'occasion de la première envolée mondiale pour le continent africain, ils ont décidé de vous faire partager leurs discussions. Pour le meilleur et pour le pire.

J.L.L : Domenech croit à l'astrologie, c'est acquis. Mais je découvre maintenant qu'il est aussi très sensible l'idée d'Éternel retour. 2010 est comme 2006 : pas de plan de jeu, même lynchage médiatique, même façon d'être enterré avant le début de la compétition ; et à maux identiques, remèdes identiques : on appelle un petit Marseillais puceau et affreusement laid pour occuper le flan droit. Le parallèle entre Ribéry et Valbuena est tout de même saisissant, à la différence que si Franck l'affreux suivait une trajectoire ascensionnelle plutôt cohérente, Valbuena lui enchaîne les éclosions, les implosions et les résurrections. Inquiétant parce que ça prouve selon moi que le Petit Vélo est plus proche de rentrer dans le rang que de franchir un palier. L'Éternel retour ça marche tout aussi bien avec lui : joueur cyclique parce que limité. Est-ce que tu penses, toi, qu'il peut avoir le moindre impact dans cette Équipe de France ?


A.C. :
J'étais très enthousiaste à l'annonce des 30 joueurs, et je le suis beaucoup moins depuis ce midi. Faire croire à un renouveau, jouer la carte du sélectionneur qui en impose pour finalement revenir, la queue entre les jambes, aux fondamentaux sclérosés, ça me désespère et ça m'ennuie ; et je suis pourtant loin d'être partisan du Domenech bashing. On reviendra avec plaisir, si tu veux, aux autres cas épineux, mais commençons par Valbuena.

Pour avoir vu la grande majorité de ses matches cette année, je pense que c'est un très bon joueur de Ligue 1 qui, lorsqu'il est inséré au sein d'un collectif rôdé et à une place bien définie, comme à l'OM, rend des copies le plus souvent très propres, et parfois parsemées de quelques coups d'éclats. Seulement il me semble assez peu adapté au rôle de joker qui lui est promis en Afrique du Sud, d'abord du fait de ses qualités intrinsèques, qui en font plus un joueur de complément apte à s'insérer dans une mécanique qu'il connaît bien, qu'un créateur capable de percuter, de distribuer, de renverser le cours d'un match indécis ; ensuite parce que j'estime qu'il y a bien meilleur que lui, que ce soit dans la vision du jeu (Nasri, qui semble évincé pour cause d'incompatibilité caractérielle), ou vis-à-vis de la technique pure et de la vitesse d'exécution (Ben Arfa, que j'aime d'amour, certainement trop inconstant dans son talent mais également bien plus prometteur en tant qu'impact player). En somme Valbuena me semble bien correspondre à cette liste de 24, honnête mais consensuelle, potentiellement surprenante mais finalement peu remuante.


J.L.L : Je te suis au mot près concernant Valbuena, je n'ai pas envie que pour joker, nous ayons droit à des entrées sérieuses mais besogneuses. Je voulais précisément quelque chose de plus épicé, de plus risqué, à la réussite plus incertaine mais potentiellement beaucoup plus grande – je parle bien évidemment de Ben Arfa. Valbuena, tu le dis bien, c'est la surprise molle, le consensus du vestiaire, cette même envie d'équipe lisse qui a écarté Benzema, Nasri ou même Vieira. On peut le dire comme ça : Domenech a fait le choix des charentaises. Il croit qu'on l'a pas repéré avec la mise à l'écart du suceur Boumsong, mais nous aussi on est malins, ses diversions ne marchent pas. Valbuena, ce ne n'est rien d'autre qu'une belle histoire écrite par les médias et dont Domenech s'empare pour pas s'emmerder.


A.C. : Pour finir là-dessus, si je vois Valbuena ne serait-ce qu'une seule fois en boxer multicolore sur les pelouses africaines, je supporte la Nouvelle-Zélande.

Il y a un autre sujet vis-à-vis duquel je suis circonspect, c'est la méforme de Gallas et son potentiel remplacement. Étant donné que s'il part, l'équipe ne comportera que trois purs défenseurs centraux, qu'est-ce que tu imagines ?


J.L.L :
Tu fais bien d'y venir, parce que c'est un des signaux principaux de cette réduction à 24. Domenech a sélectionné un offensif de plus que prévu en renvoyant Rami à la maison. Et l'enseignement me semble clair : il compte sur Toulalan en défense centrale. Si Gallas est présent, ce sera comme première rotation derrière Gallas-Abidal. Si par contre Gallas est écarté, ça ouvre deux possibilités. Ou bien Toulalan redescend d'un cran pour toute la compétition, ou bien Squillacci va devoir poser ses couilles sur la table. Dans tous les cas ça ne fait pas très envie.


A.C. :
C'est tout à fait ça. Et personnellement je ne pense pas que Domenech misera sur Squillacci, et encore moins sur Planus pour des raisons différentes, pour un poste de titulaire. Si Gallas part (ce qui au final ne me déplairait pas tant que ça, je trouve ce joueur de plus en plus incertain, le pendant défensif de Henry en quelque sorte) je vois donc clairement Toulalan en défense centrale aux côtés d'Abidal. Du coup au milieu, j'imagine qu'on aura encore droit à une paire de doublons, les Diarra². Je dis ça parce que je pense que Domenech est très peu flexible, surtout en phase finale, mais secrètement je rêve de Lass en 6, de Gourcuff en 8, d'un trident composé de Malouda à gauche, de Ribéry à droite, et d'Anelka en 9 1/2 autour d'une pointe. Choisis ton numéro 9, allez, Cissé dans tes rêves les plus fous, de toute façon cette compo n'existera jamais ailleurs que dans mes fantasmes. Tu en penses quoi ?


J.L.L. :
Je te vois allongé dans l'herbe, sur un matelas de marguerites, pensant rêveusement à cette équipe avec un sourire de satisfaction et des images de jeu en triangle plein la tête. C'est un plaisir auquel je peux souscrire, mais qui me paraît bien loin des exigences de la réalité. Si Gallas est absent et qu'effectivement Toulalan recule d'un cran, je ne pense pas qu'on doive tomber en cascade dans la fantaisie la plus pure. Gourcuff en relayeur, c'est à moyen-terme une solution, mais si notre charnière centrale est composée d'un latéral gauche et d'un milieu défensif, je ne pense pas qu'on puisse faire l'économie d'un Alou Diarra pour verrouiller le secteur défensif, sécuriser de la tête et pallier si besoin les erreurs de placement de ses camarades.

En fait je pense que quoiqu'il arrive, notre 4-2-3-1 est indéboulonable. Cela ne me fait pas rêver, car on a aucun avant-centre qui se dégage vraiment, mais c'est comme ça, cette structure est sans doute la moins pire pour nous. Ribéry – Gourcuff – Malouda à l'animation, ça me semble bouclé. Il reste cette position de pur avant-centre à pourvoir. C'est une des énigmes qui se posent à nous. Henry reste notre capitaine et notre joueur le plus décisif depuis un nombre considérable d'année. Je pense que cela peut le porter. Il ne fera pas une coupe du monde explosive, bien entendu, mais je le sens encore capable de nous aider dans plus d'une situation difficile. À cause de son âge et de sa condition physique, je le vois sortir assez tôt dans le match, remplacé par Anelka, qui quoi qu'on en dise reste un joueur bâtard qui ne fait pas une saison si extraordinaire que ça. Cissé en potentiel booster. Et Gignac, et si finalement c'était lui était amené à partir et pas Planus ?


A.C. : Remplacer un 6 par un 8 un peu plus offensif et un 10 par un 9 1/2 je dirais sobrement que c'est loin d'être une illumination fantaisiste, mais soit. De toute manière comme je le disais, ça n'arrivera jamais, je pense que Domenech est finalement, malgré sa surprise dans chaque liste tous les deux ans, très inflexible quant à ses principes premiers.

J'ai la même analyse que toi en ce qui concerne la pointe, si Henry n'est pas à gauche (ce serait un scandale au regard de la saison de Malouda) il sera en pointe, secondé par Anelka. Et par conséquent en effet, si dans l'esprit de Domenech on joue la compétition en 4-2-3-1 tout moche, c'est clairement un attaquant qui sera le 24e. Et donc, à mon sens, Gignac. L'autre possibilité, je pense que c'est Clichy. Le poste de latéral gauche est le seul qui soit triplé, voire quadruplé selon les arrangements (Evra, Abidal, Réveillère, Clichy). J'imagine donc qu'un des deux pourrait nous quitter assez vite si Gallas était conservé, ce qui selon toute vraisemblance est très loin d'être acquis.


J.L.L. : De toute façon, je pense que là on s'attaque à des spéculations vraiment peu productives, même si je tiens à dire que je ne crois pas à l'hypothèse Clichy (Abidal partant pour être titulaire au centre, on ne peut pas l'envisager comme rotation sur un côté. S'il arrive qu'un latéral glisse dans l'axe, l'inverse n'arrive jamais). Ce vingt-quatrième, qui qu'il soit, sera triste, mais ça ne changera fondamentalement rien à l'équipe. Et puis qui sait, peut-être que Domenech gardera Gallas, virera Planus, et une fois en Afrique du Sud constatera que Gallas n'est pas prêt et rappellera Pirès. Fou.

On reste là-dessus pour aujourd'hui ?


A.C. : Il existe une multitude d'exemples de défenseurs axiaux ayant migré sur un des côtés pour les besoins de l'équipe, mais ça n'a pas beaucoup d'importance. Comme tu le dis, ça ne changera fondamentalement rien à la structure de l'équipe.

Bien à toi J.L.L.

J.L.L. : Merci A.C.




Équipes-types probables (avec et sans Gallas)




Textes : Axel Cadieux et Julien Lafond-Laumond
Illustration : Andréa Fradin
Muse : Raymond Domenech

Les trois genres musicaux les plus has been du moment

OMG, avec Myspace, les réseaux sociaux et de manière général l'Internet supersonique, la musique va à la vitesse de la lumière. Pas un mois sans qu'on invente un nouveau genre musical, souvent sans consistance – genre l'hypnagogic pop (WTF). Et comme la mode va si vite, de fait, la démode aussi. Panorama de trois genres qui feraient mieux de ne plus exister à l'heure où l'on parle.



3 Le trip-hop

Voilà un terme qui, déjà, n'a jamais voulu rien dire. C'est théoriquement la collision entre les rythmes hip-hop et tout un tas de genres utilisés en roue libre : electronica, jazz, dub, soul, pop. Mais ça a toujours ressemblé à un nivellement vers le bas, en se référant à tout sans jamais se créer la moindre singularité ou originalité. On appelle ça de la variété, dans mon jargon. Aujourd'hui, trip-hop, down-tempo, nu-jazz et lounge ne forment plus qu'une vaste entité nauséeuse, tout juste bonne à habiller quelques décors de Nature et Découvertes ou Sephora.





2 La fidget house

Tellement 2008. Switch et Jesse Rose ont inventé ce terme pour rigoler. Ils ont crée un monstre. Saturations en formes de pets enflammés, lignes de synthé typiquement dance, chant ragga, toutes les pires horreurs électroniques y passent ; la fidget house n'a peur de rien et édicte le mauvais goût comme précepte. Ce fut rigolo quelques mois, en état d'ébriété avancée, mais maintenant c'est plus possible. Les meilleurs blagues sont les plus courtes, comme on dit.




1 Le post-rock

Les deux autres rédacteurs de ce blog se sont bien moqués de moi, en 2005, quand j'écoutais du post-rock que ça me remuait le cœur. Je peux encore me passer Godspeed You! Black Emperor, Mogwai ou Do Make Say Think avec beaucoup de plaisir, mais ce genre a tout de même créé une mécanique vraiment effroyable : trois accords lacrymaux joués en boucle jusqu'à ce qu'un mongolo tape très fort sur ses toms et qu'un autre guitariste produise un note très haute, très saturée, pour qu'on se dise que putain, cette musique, c'est intense. Tellement adolescent.

The Webby Awards, la fine fleur du réseau


Webby award, ça rime avec youpi. Et joli. Enfin, si tant est qu'on enlève "award". Ca rime aussi avec awkward. En laissant "award". Et en un tour de langue, tout est dit. Car chaque année, le palmarès des Webby Awards offre à l'internaute sourcilleux une bouffée de plaisir extatique, en dénichant et récompensant les sites les plus innovants, les plus esthétiques, les plus ergonomiques, et, comme le réseau est aussi une niche à WTF, les plus absurdes, forcément.
Débauche de superlatifs pour cette cérémonie organisée par IADAS, l'International Academy for Digital Arts and Sciences, composée de 750 membres, "anciens vainqueurs et nominés des Webby Awards" et "professionnels d'Internet". Belle brochette que voilà: le simpsonesque Matt Groening, David Bowie, du Google, du Virgin ou du Huffington Post...
Dévoilé en début du mois, le palmarès des webby se divise en quatre catégories: "websites", "interactive advertising", "online film and video" et "mobile web sites". De grands ensembles, eux-mêmes morcelés en de nombreux sous-groupes – plus de soixante pour la seule catégorie "websites". Autant dire que naviguer dans cette sélection, c'est un peu comme entrer dans un bon restaurant. Ravi par la diversité et la rigueur du service, on est tout de même un peu perdu sous l'opulence des plats offerts. Limite du budget et de l'appétit, impossible de tout goûter. Un dilemme qui se termine souvent par une valeur-refuge, une assiette connue, qui rassure. Une petite quiche. Des nems. Un burger.
Peu effrayée par les activités chronophages, je suis allée fureter dans la liste des grands vainqueurs des webby. Histoire de vous faire tester les meilleures étrangetés, nappées de ce délicieux confort que seul vous procure DCDL.

Le mot en question était donc "Yasasin".
Mais j'ignore encore sa signification.
Sputnik Observatory. Du Roi Lézard aux bulles universelles / Nominé dans la catégorie "Best navigation, structure"

Distancé par le méritant HBOimagine, le site du Sputnik Observatory m'a évidemment intriguée par sa dénomination. Pas de russes derrière tout cela, mais une institution new-yorkaise affirmant que "la pensée n'est qu'énergie".
Mis en évidence sur la home du site, un alphabet inversé, adossé à des images et des termes étranges. Au hasard, je clique sur P : s'affiche le terme "plenum" sur fond de ciel éventré. Autre clic sur l'image : une nuée de vidéos m'est proposée, reliée à cette thématique qui m'échappe encore. Je lis sous une des vignettes: "Bubble universes". Clic, un physicien japonais apparaît et évoque l'"hyperspace", les "bubble universes", donc, le Big Bang, aussi. Retour à l'alphabet, le Y s'associe à un lézard et à un mot désormais oublié. Sachant depuis peu que 20% des lézards allaient disparaître d'ici 2080, et chargée d'affection pour l'animal, je clique. Nouvelles vidéos. J'opte pour celle intitulée "supranormal frequencies". Et ainsi de suite. Le B de "behave" me mène à un poisson porc-épic, suivi d'un scientifique évoquant la danse et la biologie. Le D de "dust", à une pouponnière d'étoiles, puis à l'impératif de vivre sur deux planètes.
En raison de leur courte durée, les vidéos n'endorment en rien la déambulation du visiteur. Déambulation qui, à condition de s'être enregistré sur le site, peut-être sauvegardée et publiée sur le site. D'ailleurs à retrouver ici, le Roi Lézard et les univers-bulles.


Jim, juste Jim.
Jim Carrey. Du centipède au bébé pressé / Webby award dans la catégorie "Celebrity/Fan"

Jim Carrey est fou.
Une inspection en règle de son site concrétise toute suspicion. Dans un univers technico-onirique, les multiples visages de l'acteur vous fixent et foutent un peu les miquettes. A la fois beau gosse, Grinch grille-pain végétal ou The Mask robotique, Jim vous invite à découvrir sa carrière dans un point-and-click géant, qui permet de naviguer dans le site, d'écouter des répliques de film complètement jetées ou de
tomber sur des vidéos cachées. Et c'est là que ça devient vraiment inquiétant. Parce que voir Jim Carrey engloutir un mini Jim Carrey dans un enfer digne de Bosch, passe encore, mais l'entendre dire à sa femme: "You're squeezing the baby ! You're a bad MOTHER !", là c'est carrément insoutenable.


Les tortillas rendent-elles fou ?
Asylum 626 . Du Doritos psychiatrique / Webby award dans la catégorie "Food/Beverage"

La mode est aujourd'hui à l'intéractivité, aux réalité/virtualité augmentées, et les marques y vont chacune de leur petit sketch. Ici, Magnum, , 13eme Rue. L'internaute charge une photo et hop, il apparaît dans un film promotionnel. Le rendu est divertissant, mais rarement parfait: l'avatar est trop souvent apathique, les yeux figés.
Dans le cas qui nous intéresse, c'est Doritos qui s'y colle. Et la marque à la tortilla y va fort: un film d'horreur qui mobilise webcam et micro. Révolutionnaire ! Grandiose ! Sauf que, non. Si le film est bien ficelé, l'interaction est finalement assez peu présente. Virtualité moyennement augmentée. Seul point qui vaut le coup d'oeil, l'enregistrement des réactions des différents cobayes, qui apparaissent en fin d'expérience. Mais au-delà de cette tiède expérience, je ne comprends pas la stratégie de la publicité (attention, ce qui suit révèle des clés de l'intrigue). En effet, ce spot plonge l'internaute dans la peau d'un individu interné en hôpital psychiatrique. Docteurs tarés, patients flippants, murmures en écho et... un paquet de Doritos en remède. Les bras m'en tombent.


Cat pooh crossbow family sandwich.
L'ensemble des nominés de la catégorie "Weird"

Impossible de choisir ici parmi les nominés. Parce qu'Internet est le bizarre incarné, les prétendants au titre étaient nombreux. Et les nominés sont l'exact reflet du côté absurde du réseau.
- Selleck Waterfall Sandwich. Grand gagnant de la liste. Un joyau d'absurdité. Rien à ajouter, tout est dans le nom.
- FAIL Blog. Le site qui a eu les faveurs du public. Panoplie de #fails, comme on dit de nos jours.
- Awkward Family Photos. Le grand classique, recelant de trésors familiaux, de la famille Mickey aux adorateurs de l'arbalète.
- Cute Overload. Si Internet est peuplé d'humains et d'algorithmes, les chats en sont leurs divinités. Tout comme leurs "so cute" extensions à fourrure. Ne cherchez pas, c'est comme ça.
- I can Haz Cheezburger ? Encore et toujours du LOLcat. Gros bonnet du milieu, la Cheezburger family compte notamment dans ses rangs le blog Epic Fail. La mafia du net.


Kent.
En dessert, visites express

Pour finir, quelques curiosités et grands incontournables qui méritent mention et coup d'oeil.

- Male Coppy Writer (webby award des catégories "Self promotion/Portfolio" et "Best Home page")
Parce qu'un moustachu nu en double page. Parce que des vidéos de gens qui gloussent "couillou-couillou" au téléphone.
Davidlynch.com presents interview project (webby award dans la catégorie "Documentary: series")
Parce que le projet et l'interface vidéo convainquent par leur grande sobriété. Mais surtout parce que je suis tombée amoureuse de Kent.
- Mind Lab (webby award dans la catégorie "Science")
Parce qu'il est question d'illusions d'optiques expliquées par des scientifiques japonais. Et que les japonais font toujours de l'excellent travail. Interactif, rigoureux, ludique: comme un Science & Vie Junior.
- Pixar Intro Parody (webby award dans la catégorie "Animation")
Parce que ces petits fripons de College Humor. Parce que les lampes de bureau sont étrangement antropomorphes.
- Indexed (webby award dans la catégorie "Personal blog/Website")
Parce que la vie devrait être une succession de schémas.

Il est bon de préciser que les très grands du web ont également été récompensés par cette cérémonie. Je parle de ces sites sans lesquels Internet n'aurait ni la même forme, ni les mêmes orientations. Je parle de ces sites que nous sommes allées visiter lors de notre toute première connexion; de ceux vers lesquels on se tourne lorsque nos favoris sont épuisés. Les ultimes, en vrac: NYTimes, NASA, Mashable, Twitter, The Onion, The Huffington Post, et j'en oublie. Félicitations à eux et longue vie au réseau.

Les oubliés du shoegaze (partie 2 : Ecstasy Of Saint Theresa)

Deuxième volet de cette petite rétrospective, nous passons aujourd'hui à un groupe vraiment plus underground. Secret Shine n'avait rien d'un ponte du shoegaze, mais son contrat avec Sarah Records lui offrait quoiqu'il arrive un certain prestige. Là, en ce qui concerne Ecstasy Of Saint Theresa, il sera plus compliqué de trouvé des références qui claquent. Tout au mieux 15 minutes d'antenne chez John Peel. Faut pas chercher midi à quatorze heures, leur côté très confidentiel vient avant tout de leur provenance géographiques : les Ecstasy Of Saint Theresa sont tchèques. Et d'ailleurs, ils se sont formés quelques mois après la Révolution de velours. Un contexte historique un peu particulier – la liberté retrouvée – qui dans l'esprit de certains se retrouvera bien dans leur musique. Moi j'en sais rien. Ce qui est sûr, par contre, c'est que Susurrate, sorti en 1991, est un sacré album, à l'ambiance très prégnante. Attention, c'est du shoegaze dans son pan le moins abordable : hyper mal produit, très bruitiste, relativement abstrait à la première écoute. Faut être concentré sur cet album, parce qu'en musique de fond c'est une horreur. Mais les habitués pourront quand même se raccrocher aux codes du genre bien respectés : voix mixtes, cœurs angéliques et grosses distos. Et puis Susurrate contient un de mes 5 morceaux shoegaze préférés : Swoony et ses 7 minutes sublimes de divagation mélancolique. Bonne écoute !




Edit : le lecteur grooveshark fait n'importe, espérons que ça se règle rapido.

Les meilleurs Roland du web et autres gâteries

# Il est quand même sympa, en général, le Roland. Jugez plutôt, avec cette belle sélection de problèmes capillaires et de bonhommie franchouillarde.





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# La semaine dernière nous vous avions présenté la première mixtape d'Anteros et Thanaton, réalisée par Thanaton. Cette fois c'est Anteros qui s'y colle :

« Influencée par entre autres l'italo-disco, le balearic, la disco de San Fransisco et la scène électronique de Détroit, on y retrouvera des artistes comme Barrabas (Julien Galner edit), Binary Chaffinch, Jacques Renault, Moroder, Noah and the Whales, Fleetwood Mac, A number of Names et Terrence Parker »

Anteros & Thanaton Mixtape n°0 (Anteros version) by anterosthanaton


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# Et pour finir la meilleure chanson du monde pour écouter un jouer férié, des trop méconnus The Wake.


Flying Lotus | Cosmogramma


Flying Lotus
, très peu de présentation à faire tant en quelques années, celui-ci est devenu un incontournable, une figure de proue dominante des musiques électroniques. Tout concorde jusqu'ici à le positionner sur un piédestal, toute raison est faite pour que nous puissions placer en lui nos rêves les plus fous. Petit rejeton de la famille Coltrane – neveu d'Alice et cousin de Ravi, Steven Ellison mène en effet une carrière foudroyante dans sa courbe de popularité comme dans son effarante qualité. À partir 2008 et la sortie de Los Angeles chez Warp, c'est carrément l'hystérie. Voilà le renouveau du label, sa seconde jeunesse tant espérée avec une nouvelle idole pour électroniciens boiteux. Depuis, Flying Lotus maintient l'excitation à son comble avec des singles étourdissants ("Disco Balls", "Glendale Galleria") et des collaborations bien senties (José James, Gonjasufi). Il en résulte que le Cosmogramma qui nous concerne aujourd'hui est un événement, voire un avènement, celui d'un Maître. C'est la cérémonie et le couronnement d'un nouveau Dieu digital. Le problème, c'est que si cet aboutissement est écrit – c'est le destin pensons-nous, il n'en demeure pas moins légèrement abrupt car, pour la première fois, Flying Lotus donne l'impression de forcer le passage.

Cosmogramma est un disque d'une densité inouïe. Ça en devient dingue. L'ambition est là, affleurant partout, violemment explicite et même souvent arrogante. Chaque titre se veut une potentielle révolution, un au-delà des galons précédemment acquis. Ellison ne se contente ainsi jamais de ses propres avancées – ça lui semble insupportable, il faut encore aller chercher plus loin. Mais plus loin ça veut dire ailleurs, dans la rythmique déconstruite, dans la digression jazz et dans l'orchestration à cordes. Grand kaléidoscope théorique, Cosmogramma est aussi un disque un peu perdu, qui peine à se trouver un fil directeur. Souvenez-vous de Los Angeles, il en ressortait une grande impression de fluide. L'enchaînement de titres courts y formait une coulée, une histoire sans heurts. Ce qui manque au dernier Flying Lotus c'est précisément ça, une narrativité. Nous sommes ici constamment ici dans l'à-coup : chaque nouveau morceau fait table rase du précédent et c'est l'accumulation qui guète, l'empilement en coq-à-l'âne des prouesses – puisque prouesses évidemment il y a.

Effectivement, une fois le deuil du chef d'œuvre effectué, le deuil que le tout ne soit pas bien différent de la somme des parties ou que le shuffle ne soit pas moins insensé que l'ordre prescrit, on finit par se laisser aller aux très beaux instants de Cosmogramma. Malgré quelques marches arrières vers Squarepusher ("Pickled!", "Dance Of The Pseudo Nymph") et quelques redites inavouées, la magie, par fulgurances, opère. Que ce soit clair, FlyLo reste l'un des producteurs les plus fascinants de son époque. Et personne ne peut mieux que lui faire pleurer ses machines – "Zodiac Shit", "Galaxy In Janaki" et "Drips // Auntie's Harp" en sont de bons exemples. Il y a même un titre vraiment époustouflant et complètement inattendu, "Do The Astral Plane", avec rythmique house et samples de bossa, un titre qui enfin se dégage de la simple vignette, de la plaquette de laboratoire, pour proposer une structure construite, fouillée et cohérente. Le problème est que cela demeure une exception, et que malgré ses évidentes qualités formelles, Cosmogramma est un disque brouillon, indifférencié, qui n'arrive pas à être autre chose qu'un série désordonnée de petites séquences, de petits miracles soutenus par aucune fondation, par aucune architecture. C'est dommage, affreusement dommage même. Mais on ne lui en tiendra pas trop rigueur. Pour cette fois.


Chronique également disponible sur Goûte Mes Disques.

DCDL XXIX, "le visiteur inconnu"

Hier nous vous présentions, dans notre florilège de bonnes adresses, La Tuerie, un excellent blog francophone consacré aux musiques électroniques. Le must, c'est que derrière ce « passage obligé vers la lumière » se cache aussi un artiste, Gordon Shumway, compositeur et dj. Et celui-ci est tout aussi passionnant à lire qu'à écouter. Pour ce DCDL XXIX, il nous offre un mix riche et pointu, qui débute sur le terrain de l'abstract hip-hop avant d'explorer la house dans tous ses embranchements. Je dois avouer que je trouve ce mix plus intéressant qu'à peu près 80% des podcasts Resident Advisor. À bon entendeur.

DCDL XXIX | Gordon Shumway



DCDL XIX | Gordon Shumway

1. Dunian - All intros
2. Kona Triangle - Signs And Wonders
3. Machine Drum - Jelly Jelly
4. Prefuse 73 - Nuno
5. Dabrye - Hyped-up Plus Tax
6. Kojak - Habité par Deux Mondes
7. Machine Drum - Roll & Feel
8. Actress - Lost
9. Perc & Passarella Dance Squad - Temperature's Rising
10. Kieran Hebden & Steve Reid - The Sun Never Sets (James Holden Remix)
11. The Hundred In The Hands - Ghosts
12. Mowgly - Solar System
13. Creeptide - Glowing Seas
14. Aril Brikha - Groove la'Chord
15. Gui Boratto - Trills (Paul Woolford Reduced Dub)
16. Deetron & Seth Troxler - Each Step
17. Eedio - Elation (To Feel) (Mush Minimal remix)
18. Kenny Leaven - Oddyssey (dOP remix)

Gordon Shumway sur MySpace

Florilège de blogs

Petit florilège de blogs. Il y en a pour tous les goûts. Du beau, du moche, du drôle et de l'émouvant. Spiritualité, musique, LOL, nous vous livrons quelques unes de nos sources - la blogosphère, c'est sensé être un espace de partage non?



Un très beau blog qui présente régulièrement les œuvres d'artistes contemporains – sans être ennuyeux. J'aime assez la ligne éditoriale, scientifico-mystique.



L'actualité des groupuscules en tout genre. Moi, quand on me parle de Goldofaf, j'adhère direct.



Un blog BD comme il en fleurit un peu partout sur le web. Celui-ci a le mérite d'être à la fois beau et drôle – lignes épurées, drôleries du quotidien.



Les copains. Élégant et érudit, multicéphale ; belle musique, belles images. L'ami Gohan en chef d'orchestre.



Un blog dont je n'aime ni le design ni la musique qu'il promeut. En réalité, un blog que j'aurais toutes les raisons de détester. Mais les textes sont à mourir de rire. Je penche pour du second degré, l'orthographe est trop parfaite.



Un blog francophone qui l'air de rien parle de tout ce qu'il faut écouter dans l'actualité des musiques électroniques, avec une intuition inouïe du bon goût et une grosse dose de sympathie. À noter que La Tuerie version mix, c'est ce dimanche dans nos colonnes.



Indépendant, intègre et monstrueusement productif, Crazy Horus est le gourou idéal des bonnes musiques black. Je ne compte plus les perles hip-hop que j'ai découvertes grâce à son blog.



Un nom vachement rigolo pour un contenu essentiel. Gorilla Vs. Bear c'est l'antre de l'indie-rock tendance lo-fi. Ici vous entendrez parler de tout trois mois avant Pitchfork, six mois avant les Inrocks. Et bien avant DCDL aussi, malheureusement.



Là on vire dans la folie la plus complète. Ce blog est moche, affreux même, mais c'est une immense encyclopédie de musiques bizarres. Sérieusement, je crois n'être jamais tombé sur un disque qui me soit connu ne serait-ce que de nom.



Le blog d'un raélien conscient. Intéressant de recueillir son avis sur le monde d'aujourd'hui.

Article co-écrit par Clément et Julien

Anteros et Thanaton, la mixtape


Bonsoir, ce mercredi nous vous proposons une mixtape qui j'espère va vous ravir. Il s'agit d'un mix que nous a concocté l'une des deux matières grises du projet bicéphale Anteros et Thanaton. Laissons l'intéressé vous expliquer un peu tout ça :

"Anteros et Thanaton est un duo de Dj's fraîchement né, incarné par deux amoureux des synthés et mélodies eighties. Ils vont lancer dans quelques jours leur propre site, où l'on pourra retrouver vieilles perles et inédits, mixes & more (ndlr : on vous en reparlera dès que le site sera en ligne).
À l'occasion de la ré-ouverture de Chez Moune (54 rue Pigalle, Paris), ils organisent leur soirée RETROGRADE ce samedi 8 mai avec en line-up un live machine des Château Marmont, Gesaffelstein et eux-mêmes en Dj-Set, mais également avec un before au Sans-Souci avec Dementia (Die Frau / Marianne Elise), Nicola Delorme + Alexandre Berly et Soundscriber. Toutes les infos sont disponibles sur l'event facebook : RETROGRADE samedi soir.
Pour La mixtape, il s'agit du pan Thanaton du premier dytique Anteros & Thanaton. Influencée par entre autres l'italo-disco, la scène électronique de la Hague et les classiques eighties, on y retrouvera des artistes comme John Carpenter, Dopplereffekt, I-F, Droids... ou encore Depeche Mode, Gary Numan et Frankie Goes To Hollywood."

Donc, vous avez compris, soyez-là samedi soir et écoutez ce délice pour vous en convaincre.

Anteros & Thanaton Mixtape n°0 (Thanaton Version) by clodo85

Devenez amis avec Anteros et Thanaton sur Facebook.

Histoire du jazz, (enfin) l'équipe de foot


Le fait de ne pas avoir une connaissance encyclopédique du jazz m'a posé beaucoup de problèmes au moment de sélectionner cette équipe. Paradoxalement, ma difficulté était que j'aurais pu aussi bien faire deux équipes tellement j'avais du mal à mettre de côté des musiciens comme Sidney Bechet, Stan Getz, Chet Baker, Bill Evans ou encore Chick Corea et Keith Jarrett. Ne pas avoir une culture jazz assez fine, c'était ne pas avoir les couilles de trancher dans le vif. Mais bon an mal an, je suis quand même arriver à mes fins.
J'ai choisi un format de jeu assez original, avec une structure défensive très 2001. Les deux précurseurs du free-jazz au marquage – ils ont peur de rien les gars –, et Duke Ellington en couverture pour ramasser les miettes et peaufiner le placement. Sur les côtés, deux joyeux lurons qui font l'ascenseur, assez kamikazes pour faire des appels d'attaquants comme pour glisser quelques tacles assassins. Ils ont un jeu à risque, sont un peu incontrôlables, mais si besoin est Charles Mingus poussera sa gueulante pour qu'ils se replacent. Mingus, on peut lui faire confiance pour se faire entendre.
Ensuite j'ai choisi de structurer mon attaque autour de Miles Davis. Lui c'est Gerrard, Lampard et Fabregas en même temps. Il a les clés de la maison, il est libre. C'est une sorte de guerrier divin, milieu défensif buteur capable de tout n'importe quand. Son champ d'action c'est la pure verticalité. À ses côtés, Esbjorn Svensson et Benny Goodman s'adaptent. Si Davis joue très haut, si Zappa et Hancock partent à l'abordage, alors ils auront plus un rôle de soutien, de vrais relayeurs, en faisant très attention au repli défensif. Si l'équipe joue plus bas, par contre, ils pourront alors prendre les côtés, Svensson fera étalage de sa vista et Goodman usera de son fameux swing qui met dans le vent n'importe quel latéral. En pointe Coltrane, génie virtuose capable de frapper au but dans n'importe quelle position, l'élégance pure au service d'une efficacité sans faille. Le Samuel Eto'o du jazz.

Prochaine équipe : la all star hip-hop team.

DCDL XXVIII, improvisation de Julien Lafond-Laumond

"Improviser un mix, finalement, c'est plutôt marrant. Quasiment pas de préparatifs, beaucoup de feeling et surtout l'impression que l'enregistrement peut partir n'importe où, sans que ce soit véritablement pensé a priori. Je n'aurais jamais pensé par exemple finir un podcast par Lambchop. Et pourtant on y est. Le reste de la balade, c'est principalement de l'ambient et quelques touches psychédéliques. Pas très heureux, ni très funky mais allez, on verra ça une autre fois."





DCDL XXVIII | Julien Lafond-Laumond

1. Thomas Köner - 43° 42' N 7° 16' E Hour Two
2. Takahiro Kido - Under A Cherry Tree
3. The Dead Texan - Aegina Airlines
4. Infinite Body - A Fool Persists
5. Axon Neuron / Vagwa - Torrents Of Hagalaz, Pt. XI
6. The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud - Untitled
7. Fenn O' Berg - Fenn O' Berg Theme
8. Forest Swords - Miarches
9. Ducktails - Roses
10. Natural Snow Buildings - Stuttering Probe
11. Destroyer - Ravers
12. Background Radiation - Double Negative
13. Damian Valles - Derechos
14. Lambchop - The New Cobweb Summer

Les oubliés du shoegaze (partie 1 : Secret Shine)

Derrière les trois têtes majeures du mouvement shoegaze – My Bloody Valentine, Ride et Slowdive, il y a toute une foule de groupes de seconde zone qui n'ont brillé ni par leur originalité, ni par leur longévité. Mais qui sont quand même vachement bien. On va revenir sur quelques uns de ces groupes méconnus qui ont sévi au crépuscule des années 90.

On commence aujourd'hui avec Secret Shine, hébergés chez les mythiques Sarah Records (The Field Mice, The Orchids). Ils n'ont sorti qu'un album pendant leur première période d'activité, Untouched. Mais quel album ! Untouched c'est un peu le prototype même du disque dont je voulais parler dans cette mini-saga : affreusement peu original et pourtant d'une beauté renversante. Tous les codes de Slowdive et Ride y sont, aucun point de divergence, mais ça n'empêche pas de se déployer une magnifique qualité d'écriture et bien sûr une ambiance complètement irréelle. Les Secret Shine se sont reformés il y quelques années. Je n'ai pas encore écouté leurs nouveaux travaux.



Pour aller plus loin : Secret Shine