Jouir du Pouvoir

« Je suis un homme du passé et de l'avenir lointain. Je n'habite pas le présent, car j'ai compris la nécessité de combattre la mémoire courte » (Pierre Legendre)






Pour aller plus loin : Pierre Legendre, Bill Viola et Atrium Carceri

WTF Music

Aujourd'hui deux morceaux vraiment différents en écoute. Un très sale, franchement, et un autre pour éponger toute cette bizarrerie. On commence donc avec Waltari, la plus WTF chanson que j'ai entendue depuis longtemps. Vous allez rire. J'y comprends rien. Et puis après on passe à Ogris Debris, une des plus belles découvertes house de l'année. C'est très sensuel.




Belle fessée

Je m'avance peut-être un poil, mais j'ai bien l'impression que depuis quelques années, les meilleurs acteurs du hip-hop instrumental, nous ne les connaissons pas. C'est des types qui bidouillent dans leur coin, sur leur laptop, et qui travaillent à faire le deuil d'avoir raté le premier wagon abstract, le seul, celui des années 1995-2002. Mais franchement, quand on regarde les dernières sorties de Shadow, RJD2, Blockhead, Wax Taylor, Signify et compagnie, on se dit en même temps qu'avancer une telle hypothèse est pas si couillue que ça. Surtout quand on écoute un type comme lui, Crookram, qui met la fessée à tous les grands pontes du genres. Regardez comme ce clip est magnifique. Et gâterie suprême, vous pouvez même télécharger légalement l'album entier. Ici.



Acid Washed | s/t


À la mesure des musiques électroniques, Acid Washed fait office de grosse machine. Avec si peu de références discographiques – un EP et quelques remixes oubliables, les voilà déjà à cheval sur l'étalon Record Makers, label à grand grand succès de Sébastien Tellier, Turzi ou Kavinsky. Avec une telle monture et le marketing agressif qui en découle, pas étonnant qu'Acid Washed et leur album éponyme fassent parler d'eux : tout est savamment orchestré pour que ce soit le cas, et que d'une pierre deux coups l'accueil qui en soit fait demeure poli et bienveillant. Oh nous n'allons pas tenir un discours militant et libertaire sur l'industrie musicale, c'est la pulsion de vie même des labels que de mettre leurs signatures dans les meilleures dispositions possibles. Seulement, dans le cas d'Acid Washed, il semblerait que la force d'entraînement qui soit mis au travail excède de loin l'intérêt de l'album lui-même. Pour être clair, ce disque, sans être une honte, ne mérite en rien une telle exposition unanime.

Acid Washed est un duo parisien qu'on peut décrire sans risque comme "dans le vent". Leurs productions se situent à l'exact carrefour des différentes définitions du cool contemporain. Prenez les références les plus prisées d'aujourd'hui, Moroder et Carpenter, l'axe DFA - Gomma et la tradition french touch plus ou moins vulgaire, touillez un peu et vous obtiendrez ni plus ni moins le cocktail qui vous est servi ici. On pourra vous dire qu'on oublie une épice – la fameuse touche américaine si mise en avant dans le discours promotionnel, mais soyons clair, Acid Washed n'a aucun lien de parenté possible avec Kevin Saunderson, pas plus qu'avec le moindre représentant de la techno de Detroit ou de la house de Chicago. On reste ici dans le registre de la rêverie pas très incarnée et pas vraiment crédible, du côté du fantasme de ceux qui n'en seront fatalement jamais. Il y a des bonnes choses là-dedans, l'excellent "General Motors, Detroit, America' par exemple, et d'une manière plus générale une vraie adresse rythmique. Néanmoins c'est très insuffisant pour remplir le cahier des charges promis. En fait tout cela sent un peu trop le vide, le manque d'enracinement, qu'on essaie de combler par quelques voix aguicheuses ("Snake", "Apply") et quelques synthés trop dragueurs ("Acid Washed", "Royal Soda") ; le bluff marche assez bien mais cela reste du bluff.

On voit d'ailleurs fleurir sur la blogosphère pas mal de podcasts des deux Parisiens. Le constat est sans appel : on cite plus souvent des structures comme Boys Noize Records et Ed Banger que Permanent Vacation ou Running Back. Ça ne mérite en soi pas le bûcher mais cela nous confirme une chose : Acid Washed est encore bien jeune.




Chronique également disponible sur Goûte Mes Disques

Worriedaboutsatan


L'ami Clément, hier, vous a fait découvrir un très joli morceau de Worriedaboutsatan. Nous poussons ce soir la découverte un peu plus loin avec un enregistrement live et une mixtape. Pour reprendre un peu les choses, Worriedaboutsatan est un duo anglais – de Leeds – qui travaille et mélange post-rock, electronica et ambient-techno. Mogwai, Telefon Tel Aviv et Trentemoller en ligne de mire. Et le fait est que, même si les influences sont très identifiables, la magie opère. Leur premier long format, Arrivals, sorti l'an dernier, est un de ces disques crépusculaires qu'on écoute à mi-volume, moins pour chercher un décor que pour se faire envelopper par une douce atmosphère, tiède et romantique, discrète et pudique. Il y a quelques semaines un nouveau single est également sorti, Heart Monitor, où la voix prend plus de place pour créer quelque chose qui rappellerait plus notre Saycet national. Vous trouverez ce morceau sur le live qui suit, enregistré à la Holy Trinity Church de Leeds il y a quelques semaines.

worriedaboutsatan live - holy trinity church leeds march 29th by worriedaboutsatan

Pour plonger encore un peu plus profond dans l'univers de ce groupe, nous vous proposons également une mixtape. Comme vous le voyez, elle ne porte pas le sceau DCDL, pour la simple et bonne raison qu'il ne s'agit pas d'un mix spécialement fait pour nous. Mais cela n'empêche pas de l'écouter avec une aussi vive attention, car elle est tout bonnement excellente. Niveau playlist, je vois à vue de nez du Sigur Rós, du Murcof, du Alex Smoke, du Moderat, et d'autres trucs dont les noms me reviennent pas, de suite. Pour télécharger cette mixtape, cliquez ici.

Worriedaboutsatan sur Myspace

Du vrac qui pète pas le feu

Plusieurs morceaux postés ici un peu à la va vite, sans thème unificateur. Un dénominateur commun quand même : ça pète pas vraiment le feu.

Pour commencer, Alexandre Navarro. Disponible au rayon shoegaze de Nature et Découvertes. Bientôt une mixtape sur DCDL. En attendant, ça peut s'écouter ici.

Time - Alexandre Navarro

Ensuite, un titre de Worriedaboutsatan, une de nos dernières découvertes. Ca tient à la fois du post-rock et de l'electronica - haut de gamme, soyez rassurés. A noter : leur mixtape en ligne demain soir, ici même.

evil dogs by worriedaboutsatan

Un morceau étrange, la rencontre lo-fi entre Satie et Buckley. Ca s'appelle Korouva et ça fleure bon l'enregistrement MiniDisc.

The rain song - Korouva

Pour finir, quelque chose d'assez étonnant, découvert sur une compilation de neo-folk : The Green Man. Ca parle de Jésus.

Irem (Demo) - The Green Man

Bonne écoute.

Ikonika

Vite vite je suis pressé. Juste le temps de vous balancer une tuerie dubstep qu'on en a pas si souvent. Il y a un type sur Youtube qui a juste commenté "niceeee i like to eat cookies with this song". On le comprend.


Kermit Erasmus & Julian Lynch

De tous temps, il y a eu des footballeurs aux noms vraiment moches. Franck Queudrue, Aimé Lavie, Johnny Moustache, Fiston Kuku... Mais je crois qu'effectivement, aujourd'hui, nous avons atteint un point de nom retour avec ce jeune attaquant sud-africain de Feyenoord. Celui-ci porte le nom vraiment incroyable de Kermit Erasmus. Comble de malchance, comme vous le voyez, il ne fait pas beaucoup plus crédible en terme de coupe de cheveux.

Pour la musique, aujourd'hui, je vous donne à écouter l'une de mes plus belle découvertes de ces dernières semaines, Julian Lynch. Extrait de son album Orange You Glad, Winterer One est une merveille de pop très lo-fi, très aérienne et aussi très cafardeuse.

Winterer One by hujo

Déjà-Vu

# C'est un ptit buzz ces temps-ci, voici ma nouvelle page de garde firefox, . Ensuite j'ai voulu aller un peu plus loin en cherchant d'autres belles façons d'arriver sur Internet. Voici mon trio de tête.







# Seconde chose et avouons-le direct, j'ai fait de la gym. Six mois. J'étais le roi du grand-écart. Première compétition j'ai craqué mentalement. Aujourd'hui il ne me reste rien de cette période, surtout pas la souplesse. Juste quelques bribes de souvenirs de France Télévision quand la toute jeune Ludivine Furnon était montée sur le podium des championnats du monde, en 95. Je n'ai pas oublié ce nom car, quand j'ai vu la vidéo qui suit, filmée la semaine dernière, j'ai eu l'impression d'un déjà-vu. Sauf que maintenant Ludivine a trente ans, qu'elle fréquente le milieu du cirque et qu'elle est devenue une vraie femme. Et cette démo tout récente, faite à Bercy, lui rend bien hommage. Une prestation belle, suggestive et particulièrement sensuelle.
Je vous conseille par contre de couper le son et de mettre à la place le titre très old-school de Greg Gow. J'ai un peu honte là-encore, mais assumons-le. Sur le thème principal, le son de synthé a beau être à pleurer de rire, je peux pas m'empêcher de voir en ce titre un hymne total. Ok ça sort avec au bas mot quatorze ans de retard, mais dès la première écoute j'ai été pris d'une affection terrible pour cette techno très ibizesque. Comme si j'avais passé des années à écouter ça dans un cabriolet.




Toulouse, samedi soir : Julien LL, La Kustom!, La Mate et Cis

Bonjour. Bref communiqué à l'intention des toulousains de bon goût - qui, somme toute, ne sont pas si rares que ça :)


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© Nicolas Gibut

Les rédacteurs de DCDL ayant quitté Toulouse depuis plusieurs années pour l'un, depuis plusieurs mois pour le second, ils n'en gardent pas moins certains amis dans la ville rose. Parmi ceux-ci, La Mate et son acolyte Cis – nous pourrions encore citer Dale Cooper et Juan Chriss. Rien d'étonnant, par conséquent, à ce que Julien Lafond-laumond (ABC Africa n'est plus) participe de temps à autres à quelque sauterie toulousaine – rappelez-vous la soirée Dance For All mémorable du 16 janvier dernier. C'est précisément ce qu'il se passera samedi soir, le 24 avril, Julien s'associant pour l'occasion avec une triade de jeunes premiers : La Kustom!, La Mate (souvent entendus sur DCDL) et Cis. Pas de doute, l'esprit sera à la fête au sous-sol du Petit Voisin, dans la pure tradition house nation. Venez en famille, le lieu est charmant.

Event Facebook

Bon vent Guru

MGMT, c'est vrai, n'est pas très important quand on apprend le décès de notre ami Guru. L'info vient de tomber sur twitter. Il était dans le coma suite à une attaque cardiaque survenue le mois dernier. Guru, via Gang Starr ou son Jazzmatazz, résumait pas mal de choses de mon amour du hip-hop. C'est l'un des points solaires de mon système musical qui vient de s'éteindre. Que je suis triste.


MGMT | Congratulations

Bouche déformée par l'alcool, regard bovin, odeur de vomi séché, le bourré moyen de féria n'est pas un tendre. Et quand il se met à chanter, c'est ou bien du paillard, ou bien "Seven Nation Army" des White Stripes. Oui, "Seven Nation Army". Quel destin impensable pour un titre garage aussi arty ! Le succès prévisionnel de ce morceau allait à peine plus loin que les milieux les plus ciblés ou privilégiés de l'indie-rock, et voilà que l'on se retrouve avec un favori des soirées Ricard, une chanson à boire qu'on bruite à base de lala ou de popo. Si ce cas de transformisme culturel est d'une incomparable intensité, il pourrait bien en exister quelques rejetons potentiels avec les "Kids" ou "Time To Pretend" d'MGMT. Même s'ils ne prennent pas le chemin d'hymnes de courses à la vachette, ces titres-là, leur succès et ce qui en a été fait n'en demeurent pas moins assez fous. Et finalement assez anachroniques. On a tôt fait de considérer MGMT comme les Queen de l'électro-pop, comme le groupe phare des jeunes générations blanches upper class, avec un trip autour de l'ivresse de liberté, de l'hédonisme gossip et du non-sens adolescent. Oui, il y a de ça, quand on a une lecture un peu superficielle de leur carrière, car à y regarder de plus près, la réalité est à nuancer fortement. Et c'est précisément ce que Congratulations vient nous confirmer.

Leurs titres les plus tapageurs et célèbres, Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden les ont en fait sortis pour la première fois en 2004 et 2005, quand ils faisaient de la musique pour rigoler et qu'ils étaient un college band parmi cent autres. Bien avant donc leur signature chez Columbia et le rouleau compresseur médiatique qui suivit. À cette époque, les MGMT étaient des boutonneux insatisfaits et inconstants, incapables de savoir quelle musique jouer. Il suffit d'écouter leur méconnu premier album – Climbing to New Lows – pour réaliser à quel point ils se cherchaient encore. Et grand paradoxe, c'est quand le succès pointa le bout de son nez que les deux stars naissantes ont choisi leur voie, celle du rock indépendant, soit l'inverse de leurs tubes. Rétrospectivement, le choix pour Oracular Spectacular de Dave Fridmann à la production (Mercury Rev, The Flaming Lips, The Delgados...) était annonciateur : leur came c'était ça, la pop psychédélique, pas l'electro-rock rétro-futuriste. Par conséquent, au moment de la sortie de ce best-seller, MGMT n'était déjà plus dans le délire "Kids" ; ils avaient la tête ailleurs, comme dans les morceaux d'ornement les moins connus d'Oracular Spectacular – "Future Reflections", "4th Dimensional Transition" etc.

Tout cela pour aboutir à la conclusion que, finalement, si l'on avait été plus attentifs, Congratulations n'aurait pas été une telle surprise. Un album sans tube ! Sans électronique ! Un simple disque de pop un peu barré ! Sans fantasme de grandeur ! Congratulations est pour faire simple un disque qui fait rentrer MGMT dans le rang. Ils reviennent dans le giron des Flaming Lips, comme petits frères prometteurs et un peu timides. Congratulations est un disque léger, qui prend même le risque d'être neutre. Il y a des cassures rythmiques, des structures un peu déformées, mais les jolies mélodies surplombent et les arrangements demeurent sages. La première écoute est à ce titre ahurissante : alors qu'on s'attendait à en entendre des montagnes, MGMT nous offre du minuscule, des chansons humbles et discrètes, du bonheur dans le détail et pas dans l'exhibition. "Siberian Breaks" aurait par exemple pu être la frasque mégalo de l'album, avec ses douze minutes au compteur, mais à la place on a droit à une longue pop song onirique et franchement émouvante. Congratulations alterne ainsi énergie et tendresse avec une mesure étonnante, avec un psychédélisme tout en retenue. Comme les meilleurs disques, encore une fois, des Flaming Lips – pour qui le clin d'œil est évident dans "Lady Dada's Nightmare".

MGMT a en somme toutes les clés en main pour s'écrouler économiquement, mais ils y gagnent au change respect et tendresse – quelle chance ! En s'inscrivant dans la tradition belle et noble de la pop sous acide, ils perdent sans doute tout espoir de devenir les nouveaux U2. Et signe avant-coureur s'il en est, à la fin de l'album, pour conclure, ce n'est pas un stade entier qui les acclame, juste quelques mains frappées d'affection. Mais l'intimité est plus troublante, plus engageante aussi. Et c'est là que nous préfèrerions retrouver les MGMT pour longtemps.


Pour des raisons strictement esthétiques, nous ne ne souhaitons pas afficher ici la pochette du disque. Mais vous la retrouverez sur Goûte Mes Disques.

DCDL XXVII, ABC Africa n'est plus

ABC Africa n'est plus. Un volcan paralyse le trafic aérien mondial. La Pologne et la Chine sont en deuil. Au milieu de la tourmente, Julien Lafond-Laumond nous sert un mix deep d'une exquise douceur : entre le printemps de Marc Namblard et le grand bleu de Gohan. A noter : Julien Lafond-Laumond jouera en compagnie de La Kustom!, La Mate et Cis, samedi prochain (24/04), au Petit Voisin, à Toulouse. Toutes les informations ici.


DCDL XXVII




DCDL XXVII | Julien Lafond-Laumond

1. Marc Namblard - Les pulsations de la roselière
2. Contact +/- - Een Stomme Meteoor
3. Antislash - Traffic Jams
4. Wareika - Be Real
5. Gadi Mizrahi - She Don't
6. Robag Wruhme - Lampetee (Nick Curly remix)
7. Afrodrops - Back To The Basics
8. Intrusion feat. Paul St. Hilaire - Angel Version
9. Roll The Dice - Guadeloupe
10. Sven Weisemann - Kiss Of Abana
11. Barem - Heyday
12. Pirahnahead - Self Con-Science (Opus 72- #37)
13. We Have Band - Divisive (Gohan Remix)

This just happened

Vous le savez sans doute déjà, mais on est jamais trop prudents : le nouveau LCD Soundsystem est en écoute libre un peu partout. EMI a eu sur le coup le même modus operandi que Columbia avec MGMT : aussitôt leakés, les albums concernés ont été mis officiellement en streaming. Le but : étouffer l'échange de liens illégaux par une promotion massive sur la soudaine "générosité" des sites officiels. Et au passage, on éradique une bonne partie des blogs fautifs.
Pour en revenir à nous moutons, on peut donc d'ores et déjà écouter comme on veut This Is Happening, qui ne sortira pourtant vraiment qu'en mai. Ne nous mentons pas, même si jamais été un fondu de James Murphy, c'est là un des gros évènements musicaux de l'année. Et aux premières écoutes, tout cela tient très bien la route. Disons que les choses n'ont pas bien changé depuis Sound Of Silver, ça sonne toujours disco-rock de la même façon, c'est toujours bien pensé et bien foutu. Je dirais juste qu'on sent l'album tirer un peu plus qu'à l'accoutumée vers la mélodie pop, comme sur le déjà fameux All I Want, dont je ne sais pas si je le trouve très beau ou très irritant. À vous de voir.

Extra Life | Made Flesh

En 2008, Secular Works avait posé les bases d'une des propositions musicales les plus insensées de notre temps : la no-wave médiévale. On doit vous expliquer un peu, ne pas vous laissez avec ce néologisme barbare, car ce n'est rien de moins que la première fois que nous étions obligés d'utiliser cette bizarrerie catégorielle. Du mouvement no-wave, Extra Life avait retenu les dissonances, les accointances post-punk et l'influence minimaliste. Le médiéval, lui, était le référentiel vocal et mélodique de Charlie Looker, un improbable troubadour avant-gardiste aussi déroutant par son timbre qu'impressionnant par sa technique. Secular Works avait alors mis un bon coup sur la tête à tout le monde, provoquant sidération et hébétude face à une nouveauté si monstrueuse. Mais une telle hybridation avait aussi une limite, celle du spectacularisme. Car on prenait un peu trop le premier jet des New-Yorkais pour un Elephant Man, une altérité pure qui se donne à voir, qui provoque en nous une fascinante étrangeté – mais seulement ça. Ce bémol, si tant est que ça en soit un, devrait être corrigé par Made Flesh, un deuxième album tout aussi original mais qui, cette-fois, nous implique plus directement comme acteur de notre écoute.

Made Flesh reprend la même formule cronenbergienne que son prédécesseur, à savoir de longues frises bruitistes et des vocalises moyenâgeuses – croisement improbable entre Gentle Giant et This Heat. La grande différence est qu'aujourd'hui il n'y a plus d'effet de surprise, plus de dictature de l'originalité, et que le choc initial est remplacé par un plaisir plus identifiable, plus humain en définitive. Extra Life ne cède rien sur sa singularité mais orne ses compositions de manière plus abordable : plus grande variété des instruments (synthés glaciaux, cordes, cuivres), des structures, des registres vocaux, Made Flesh est un disque qui a plus de souffle, qui respire mieux. Et qui s'écoute donc d'une traite avec un plaisir sans cesse renouvelé – ce qui au départ n'a rien de gagné. En fait, malgré son anomalie de structure, quasi génétique, Made Flesh se construit sans repli autistique. Il se déplie avec une réelle envie de partage et de communion. Oh nous n'allons tout de même pas parler de pédagogie, mais enfin, il n'y a pas d'élitisme et cela ne passe même pas par le ressort de la vulgarisation. Peut-être que, tout simplement, Extra Life est en train de devenir un groupe majeur, à l'identité folle et aux capacités de rassemblement des plus grands. Car après tout, quel est l'intérêt de la plus pointue des avant-gardes si elle ne peut pas faire trace, et si elle ne s'adresse qu'à un cercle de savants des plus faméliques ?



Chronique également disponible sur Goûte Mes Disques

Tatoue-moi sur ton coude

# On commence avec une sélection de mes tatouages préférés. Belle came.







# Passons maintenant au dubstep. Outre la révélation James Blake, les derniers mois du genre m'excitent guère. Même le disque de Scuba ne m'intéresse pas beaucoup. Heureusement je découvre en ce moment-même le deuxième ep de Roof Light, et je dois dire que c'est du grand luxe. Groovy, soulful et avec des samples cuttés qui rappelleraient bien le vénérable Todd Edwards. Moi il m'en faut pas plus.




# On finit aujourd'hui avec une composition bouleversante de Luciano Cilio. Composée dans les années 60, Del'Universo Assente est un truc incroyable, insensé. Le premier mouvement que je vous mets en écoute me fait (entre autres) penser à Arvo Pärt et Di Meola en même temps. Fallait le faire.

Primo Quadro : "Della Conoscenza" by lalax

German House


On devrait interdire aux artistes allemands de se donner des noms si compliqués. Sérieux, c'est quoi leur trip. Entre Gesaffelstein et compagnie, ça commence à faire le délire "je parle une langue barbare et j'en suis fier". Là, avec le dj qui nous intéresse aujourd'hui, c'est le pompon, le boss de fin d'étude de tout orthophoniste : Erdbeerschnitzel. Vous y croyez à ça ? Je devrais le snober. Sauf que putain, qu'est-ce que c'est bon. De la house au ralenti vraiment grisante. Et ça vient de sortir. L'EP 4 months rentre direct dans mon top 5 de l'année.

4 months by lalax

Erdbeerschnitzel sur discogs

DCDL XXVI, du soleil

Un mix comme on en entend à New York, l'été, dans les parks de Brooklyn. Disco, funk, house, 100% vinyl, savant et dansant, tout en souplesse. Mille mercis au très érudit Juan Chriss, créateur des soirées toulousaines Dance For All et animateur de l'émission Digital Radio Show.

dcdl XXVI




DCDL XXVI | Juan Chriss

Carlos Nino – Antiquity (D’wala Edit) – White UK
Theo Parrish – Unrealise concept – White UK
Ibex - oasis - Planet e
Disco - D Beat It - Alviated records
Serious Intention - You Don't Know - Easy Street Records
Yellow Magic Orchestra - Computer Game - Horizon Records & Tapes
Tower of power - only so much oil in th the ground - Warner
Mass Production - Welcome To Our World - Atlantic
Boy Naughty - Music -A&M
The b bomber - battle on - Electonic Souls
Peter Duff - Big appel Production VOL.1 – B&W Records
Romanthony - The Wanderer - Prescription
STL – QRZ - Something
Lykke li dance dance dance dixon records - Philomena
Toby Tobias – Macasu (MCDE loft Party Mix) – White
Kasso - Kasso - Banana Records
Charanga '76 - No Nos Pararan - TR Records
White – West End
The voyeur - Roots – Voyeurism
The Gospel soul revivals - If Jesus came today - Vinyl Rules
C j & CO - devil's gun - Westbound
Fantasy - you are late - Pavillon
Joe Bataan - rap o clap o – Salsoul
New experience – Prove it to me – Philly world records
Jocelyn Brown - I wish you world - Vinyl Dreams
Mfsb - love is the message - Philly sound
Dub Stone – Trip to seed – Montricoux records
Hipnotic - Are You Lonely – Street level records
Loleatta holloway - love sensation - Salsoul
Michael jackson – Off The Wall - Epic
Jackson Sisters - I Believe In Miracles - Prophesy Records
Billy Love – Melloghettomental – Soundsignature
Moscow - Throw up - Endless Flight
Henrik Schwarz And Kuniyuki Feat Fumio - Once Again – Mule
Mirko loco – Love harmonic (Carl Craig’s soundscape remix) - Cadenza

Juan Chriss sur MySpace
Le blog du Digital Radio Show

Round and Round

Rien à redire, 2010 sera une grande année pour Ariel Pink. Depuis aujourd'hui j'écoute son nouveau disque, à sortir prochainement chez 4AD, et c'est une merveille. Quant au premier single, Round and Round, c'est encore mieux que ça, écoutez.


Pavement | Quarantine The Past


Jamais il n'aura été aussi réjouissant de traiter quelqu'un de branleur. Stephen Malkmus en est un, un authentique, à l'attitude vraiment légère et à l'inconséquence totale. Il ne sait pas chanter, c'est terrible, chaque prise de voix sonne comme une première initiation au monde des studios. Et pourtant, systématiquement, c'est une décharge d'émotion brute qui se produit en nous. Pavement, c'est tout le rock'n'roll que l'on aime rêver, avec sa liberté sans limite et sa dégaine de mal lavé. C'est le sublime de l'erreur qui devient organe fédérateur, la magie du raté glorifié, l'état d'esprit punk appliqué aux chansons pop.

Tout au long de leurs cinq albums studios, les Pavement ont cultivé un goût immodéré pour une impropreté qui, conjuguée à une soif inextinguible pour les surprises, ont fait d'eux l'un des groupes les plus influents de leur génération. C'est bien simple: quiconque s'intéresse suffisamment à l'indie rock ne peut faire l'impasse sur leur discographie. Pas que les Pavement soient vraiment des visionnaires, non, pas qu'ils soient même des précurseurs – leur caractère obligatoire ne doit en fait rien à des programmes historiques un peu trop chargés ; si l'on ne peut pas se passer d'eux, c'est bien plutôt parce qu'ils incarnent une vérité qu'eux seuls peuvent aussi bien porter. Moins maniérés que les Pixies, moins changeants que Yo La tengo, moins sérieux que Sonic Youth et pas prostrés dans la blague comme Weezer, les Pavement font office, presque à notre surprise, de paradigme ultime du groupe lo-fi à la cool. Très à l'écoute des genres voisins, curieux comme pendant des premiers pas d'enfants, les Pavement ont aggloméré dans leurs trois chef-d'oeuvres (Slanted and Enchanted, Crooked Rain, Crooked Rain et Wowee Zowee, tous trois sortis entre 92 et 95) tout ce qu'il y a de bon et vénérable dans l'indie-rock : une fraîcheur sans nom, un optimisme guilleret, qui n'érode aucun romantisme, et une complète latitude stylistique. Plonger dans un disque de Pavement, c'est en effet tout à la fois un bain de jouvence et une odyssée sentimentale, une leçon de rock et un brouillon de journal intime. Pour cet équilibre ténu, les Pavement, modestement, se sont vus propulsés en première ligne d'un college rock sans âge.

Aujourd'hui, Malkmus et ses acolytes se sont reformés pour jouer sur scène. Histoire de faire le point, Domino a jugé bon de sortir un best of, Quarantine The Past. De ce best of nous ne dirons pas grand chose, si ce n'est que comme toute compilation, elle a ses bons choix et ses oublis. Vingt-trois titres, même si le menu est copieux, ne résumeront jamais assez un groupe comme Pavement. Mais est-ce important dans la mesure où, quoiqu'il en soit, même pour le plus jeune de nos lecteurs, cette rétrospective ne peut être qu'un passage. Un passage pour s'engouffrer dans une découverte plus intime et exhaustive de la discographie des géniaux Californiens
.


Chronique également disponible sur Goûte Mes Disques

DCDL XXV, joyeuse Pâques

Un mix originellement destiné à la promo d'avril de notre cher La Mate - d'où une sélection relativement courte. Beaucoup de bon goût comme toujours. A noter : La Mate jouera le 24 avril, en compagnie de La Kustom!, Cis et Julien Lafond-Laumond (R.I.P Abc Africa) au Petit Voisin, à Toulouse. Bonne écoute et gare aux crises de foie.


DCDL XXV | La Mate



DCDL XXV | La Mate

1. Egyptrixx - The Only Way Up
2. The Martin Brothers - Duckface
3. Nicone & Tazaka - Tokio Night Club (Philip Bader remix)
4. BLT - Tighten It Up (The Owl edit)
5. Ramon Tapia - It's That Dub Thing
6. Lee Curtiss - Freak On
7. Remute - The Clearance Part 1
8. Sebastien Leger - Les Frelons
9. Julian Jeweil - Opening

La Mate sur MySpace

Claude François, l'interview exclusive par France Dimanche

Dans son édition du 5 mars, France Dimanche nous livrait en exclusivité une interview de Claude François. Attention, pas une archive, mais une interview réalisée aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un certain Pierre Pernez, jeune médium entretenant une relation privilégiée avec notre regretté Cloclo. Nous retranscrivons ici l'interview dans son intégralité.

Drôle de mission que la mienne en ce 23 février. Je vais interviewer Claude François. Oui vous avez bien lu : Cloclo en personne ! Pour m'accompagner, j'ai fait appel à Pierre Pernez, qui est médium. Bien qu'il ait su très tôt qu'il avait des dons de voyance, c'est le chanteur qui lui a ouvert le chemin pour entrer en contact avec les personnes disparues. Le vendredi 13 avril 2001, alors que Pierre était âgé de 20 ans, Claude François lui est apparu pour la toute première fois. De nombreux autres rendez-vous ont suivi, et le médium vient de sortir un livre dans lequel il a réuni tous les messages que Claude lui a délivrés, mais aussi les témoignages de ses proches. En exclusivité pour France Dimanche, il a bien voulu servir d'intermédiaire pour notre rencontre avec l'interprète du Lundi au Soleil.

Connexion

Il est 12h15 environ. Assis autour d'une table, Pierre lit nos questions. Puis il se concentre. Très vite, il sent la présence de trois personnes dans la pièce, dont une femme âgée. Pierre m'annonce être en connexion avec la maman de Claude, et se met à parler tout haut :

« Mon fils va arriver dans un petit moment. Merci à vous tous de vouloir continuer à travailler sur sa mémoire. Il aimait la vie sur Terre, mais ici, il est bien. Durant mon existence dans votre monde, j'ai eu une vie de lumière et une vie d'ombre. Perdre un enfant, c'est un moment qui ne s'efface jamais. A travers votre magazine, dites-leur bien que la vie après la vie existe. Nous sommes tous autour de vous. Dites bien aux mamans de ne pas pleurer leurs enfants, car les enfants ne sont jamais morts. Ils sont toujours prêts de leurs parents. »

Silence de Pierre. Puis il m'annonce : « Claude est là », et c'est maintenant Cloclo qui s'adresse à moi à travers la voix du médium.

CF: Je vais juste rester un instant, le temps de répondre à vos questions.

Pierre lit en silence la première question.

FD: Là où vous êtes, comment vous sentez-vous, dans quel état d'esprit êtes-vous?

CF: Ici je suis bien. C'est une volupté absolue de vivre dans ce monde. C'est grand, c'est magnifique, c'est magique. Toutes les vibrations résonnent en rythme, la musique est étincelante... Je traverse le temps comme une symphonie. C'est un monde qui peut vous paraître irréel, mais les ailes des anges existent. Nous sommes tous là, toujours proches de votre monde. Nous sommes dans une dimension parallèle. On vous voit et on vous aime. Mon état d'esprit est le même que sur Terre, avec mes qualités et mes défauts. J'essaie néanmoins, comme le font tous les esprits, de m'approcher de la perfection et d'être le plus juste possible.

FD: Pouvez-vous nous décrire cet au-delà?

CF: C'est un monde complexe pour vous. L'au-delà ressemble à tout ce que vous pouvez imaginer de plus merveilleux. Un monde fait de mille couleurs,. Tout est amour et paix. Il n'y a pas de guerre, de jalousie ni même de chef. Il y a des dimensions, des systèmes. Moi, je suis musique.

FD: Que faites-vous là-haut?

CF: Je continue à chanter, à faire des galas de système en système, de dimension en dimension. Mon énergie est toujours là. Je continue à aider des artistes. Ici, nous avons un jardin, le jardin des artistes, avec plein d'esprits qui se forment et vont s'incarner ensuite sur Terre. On leur apprend à chanter, à écrire des textes, à composer. De très bonnes choses en musique vont arriver sur Terre dans les dix ans à venir, de nouvelles découvertes.

FD: Regardez-vous le monde ici bas?

CF: On regarde toujours votre monde. On est toujours là, on essaie d'être le plus présent possible pou vous aider, pour que vous soyez sur le chemin le plus juste, même si parfois certains hommes font de grands écarts.

FD: Les rumeurs les plus farfelues ont circulé sur les causes de votre mort. Aujourd'hui, pouvez-vous nous dire exactement ce qui s'est passé ce 11 mars 1978?

CF: Ma mort est vraiment accidentelle. Ce jour-là, j'ai brûlé. L'électricité est passée à travers moi. Toutes les rumeurs me font sourire. C'est facile d raconter des histoires. Mais Dieu est juste. Ce n'est pas dans mon état d'esprit d'incriminer des gens. Les jours qui ont suivi, j'ai vu tellement de choses qui... [Pierre me dit que Claude n'est pas content] Si j'avais été là, j'en aurais viré plus d'un!

FD: Avez-vous un message pour vos fils?

CF: C'est entre eux et moi. Dites-leur que je suis là, que je suis près d'eux, qu'ils soient attentifs à mes messages.

FD: Le fait que vous soyez devenu culte, qu'est-ce que cela vous inspire?

CF: Ce sont mes fans, mes admirateurs qui ont fait de moi ce que je suis devenu. On ne devient pas une étoile sans recevoir l'amour des gens. J'ai chanté, travaillé en donnant le meilleur de moi-même, mais je dois à réussite à ceux qui m'ont aimé. Bien sûr, je suis content que plusieurs années après ma mort terrestre, les gens me chantent encore... Que votre monde me chante. J'en suis heureux. Merci à vous tous.

FD: Avez-vous vu le film Podium avec Benoît Poelevoorde?

CF: Oui j'ai vu le film. Mais un autre film doit être en préparation. N'inventez rien! Faites un film réellement sur ma vie. Je ne veux pas de choses inventées. Que toute ma famille se mette autour d'une table pour discuter. Tous. Mes fils, ma sœur, mes neveux et nièces, qu'ils discutent tous ensemble. Que ce film soit un film de famille, qui raconte vraiment, le plus justement possible, qui j'étais, qui je suis,. C'est un message important, car il y a des blocages. Je reviendrai de temps en temps pour vérifier l'évolution de ce film. J'espère qu'on va m'entendre.

FD: Votre vie sur Terre vous manque-t-elle?

CF: Non. Non, la vie sur Terre ne me manque pas. J'ai fait mon temps, je suis très bien où je suis. Avec maman, nous sommes très bien ensemble. Je sais que sur Terre, je vais avoir deux héritiers dans le monde de la chanson. Vous ne les connaissez pas encore, c'est à venir.

Fd: Un message pour France Dimanche?

Cf: JE veux la première page!

Pierre me dit que Claude me fait un clin d'œil et puis s'en va.

Clémentine COREAU

Mes petites amoureuses

Pas de musique aujourd'hui – on ne gâche pas un tel silence.
J'ai vu aujourd'hui Mes petites amoureuses. La maman et la putain, sorti un an plus tôt, était un film urbain et hystérique. Ici Eustache est retenu et pastoral. Pas de discours, juste du regard.
Ce baiser-là n'a pas de prix.


Yellow Swans

Going Places est, pour ce que j'ai pu en écouter, le disque sorti en 2010 à la beauté la plus violente. Ce disque est un arrachement. C'est très émouvant car, derrière la brutalité noise apparente, se fait jour une vraie tentative d'apaisement. En bagarre permanente : Merzbow et Brian Eno. Yellow Swans, qui a splitté depuis, produit tout à la fois un chant du cygne et une agonie. Cette espèce de romantisme du dernier souffle me rappelle dieu sait pourquoi Inland Empire. Peut-être pour cette même grâce dans l'épuisement. Je pense en particulier à cette scène où Laura Dern meurt fictivement au milieu des relégués. L'incroyable douceur de cette scène est celle que l'on retrouve dans Going Places. Peu ou prou.





Bonjour liberté

Dans le Direct Soir d'aujourd'hui, Cauet annonçait qu'il "n'avait plus envie de faire rire chaque minute". Heureuse nouvelle ! Voilà bien dix ans que je suis sans répit et que je vis dans ce qu'on pourrait appeler une déprime de rire. L'humour irrésistible de Sébastien Cauet m'a tellement dominé, comme l'esclave avec son maître, que je n'ai pu faire autre chose que me fier entièrement à lui en toutes circonstances. "Monde ébloui, monde étourdi" comme disait Éluard. Enfin je sors de la tyrannie du comique, enfin je me libère du joug de mon vénéré. Je peux, comme au premier jour, écouter Wilco et crier au monde que Yankee Hotel Foxtrot vaut plus, mille fois plus qu'un fou rire avili.

À écouter absolument, pour les retardataires : Jesus, etc, Ashes Of American Flags, Radio Cure...