S.F. Sorrow

Je jubile à chaque fois que je découvre un groupe meilleur que les Beatles. Parmi leurs contemporains s'entend, sinon ma vie ne serait qu'une succession ininterrompue d'explosions de joies. Pourquoi j'aime aussi peu les Beatles ? C'est une autre question, faudrait que je passe sur le divan avant d'envisager une réponse. En tout cas la découverte des Pretty Things m'a ravi, et encore plus que d'habitude. Car non seulement les Pretty Things étaient anglais, jouaient à la même époque que les Beatles, mais ils ont en plus enregistré S.F. Sorrow à Abbey Road, en même temps qu'une salle à côté les autres guignols enregistraient leur Sergent Pepper. Détail amusant, les Pretty Things arrêtaient pas de piquer en douce des instruments, notamment le sitar de George Harrison, parce qu'eux étaient trop fauchés pour s'en payer des nouveaux.

S.F. Sorrow est le premier opéra rock de l'histoire. Avant donc le Tommy des Who. Mais comme la sortie de S.F. Sorrow a été retardée aux États-Unis, le disque s'est fait descendre, accusé d'être une pâle copie de Tommy, alors que précisément c'était l'inverse (ce que Pete Townsend reconnaît tout à fait humblement). Mais bon, ça c'est des broutilles d'historiens ou de fans impérialistes. L'important reste quand même qu'S.F. Sorrow est un disque passionnant, efficace et aventureux, beau et gras quand il faut. L'histoire qui est racontée, je m'en bats le steak, mais libre à vous d'explorer ce concept album comme vous l'entendez.



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