Fear 1992

Au moins, en 1992, on savait vraiment faire peur aux gens. Deux exemples : Chérie j'ai agrandi le bébé et le projet Scorn, du mythique Mick Harris (membre fondateur de Napalm Death qui n'est pas pour rien non plus dans l'avènement du dubstep). Alors, on en redemande ?




Gérard Manset : La Mort D'Orion


Les playlists Grooveshark sont vraiment une très belle chose. On peut dorénavant vous faire écouter tout un album sans craindre de se faire hadopiser. Du coup, il est plus tentant pour nous de présenter des disques complets, des albums si uniformes qu'on ne peut en parler que dans leur entierté. C'est le cas de La Mort d'Orion, deuxième album de Gérard Manset. Il est dingue qu'un tel disque soit si peu réputé : tout le rock progressif naissant est là, dans un concept-album éclaté, épique et ultra osé. Deux ans tout juste après Animal On Est Mal, Manset bricole cette symphonie bizarre entre poème scandé, pop psychédélique et chanson française tradtion Ferré. C'est d'une richesse inouïe, d'une beauté renversante et c'est son histoire de Melody Nelson à lui.



Illustration : Orion guidé par Cédalion de Nicolas Poussin

DCDL XI, en retard

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La Kustom! - DCDL XI | Michel Croz & Red Bull mix

1.Cult of the 13th Hour: Wickedness
2.Mumdance & Brodinski: Eurostarr (High Rankin remix)
3.Untold: Kingdom
4.Skream: Make Me
5.Bassnectar: Art of revolution (Diplo remix)
6.Buraka Som Sistema: IC19
7.Clark: Volcan Veins
8.La Roux: Bulletproof (Foamo remix)
9.Detect: Dance Division
10.Pony Pony Run Run: Hey You (Beataucue remix)
11.L-Vis 1990: Compass
12.Noob & Brodinski: Peanuts Club (Monsieur Monsieur remix)
13.Larry Tee feat. Roxy Cottontail: Let's Make Nasty (Afrojack remix)
14.Sonicc: Stickin (Oliver Twizt remix)
15.Joachim Pastor: Diform
16.Nouveau Yorican: Boriqua (Sandro Silva remix)
17.Kid Cudi feat. Kanye West & Common: Make Her Say (Afrojack remix)
18.Boys Noize: Jeffer (Para One remix)
19.Jack Beats: What (Boy 8-bit remix)
20.Santogold: Shove It (Dub & Run remix)

La Kustom! sur MySpace
La Kustom! sur Fairtilizer

Bye Bye Vic-Bird


Vic Chesnutt est parti. La nouvelle a été confirmée sur le site de Constellation. Sacrée destin, pour celui qui restera comme un des plus grands songwriters de son temps. Avec sa longévité (15 albums en 20 ans), sa foi inébranlanble en la musique (premières chansons à 5 ans, une désir impétueux à toujours faire du neuf) et son courage, je le pensais sauvé, bien accroché à une vie précaire mais tolérable. Il n'en est rien et je ne dois pas être le seul à tomber des nues : Vic Chesnutt a tenté de mettre fin à ses jours le 24 décembre et est décédé le jour de Noël. Pas un jour comme les autres pour mourir, mais on se retiendra de toute interprétation malheureuse. De même qu'on ne lui rendra pas hommage en sortant de nos tiroirs une "Christmas Song" chanté par lui : ce serait larmoyant et déplacé.
Je dois avouer que je n'aime pas grand chose dans la discographie de Chesnutt, j'ai particulièrement du mal avec ces derniers enregistrements. Mais il y a des trucs qui me bouleversent chez lui, comme son album fourre-tout About to Choke (1996) et quelques autres morceaux par-ci par-là – comme Sponge qui un vieux titre extrait de West of Rome (1991). Si je ne vois pas grand chose du même acabit dans la carrière de son auteur, l'amour que je porte à ces quelques bribes suffit à me rendre la perte de Vic Chesnutt douloureuse. Il laissera en moi une empreinte forte, avec ses joues trop creusées et sa voix bizarre.


We Wish You a Merry Christmas!

Nous souhaitons à tous et toutes un très joyeux Noël, qu'il soit le plus heureux et féérique de votre vie ! Nous posons pour l'occasion au pied de votre sapin une playlist de Noël. Elle n'est pas aussi travaillée que nous l'aurions souhaitée, mais vous êtes polis, vous ne direz rien. Il y a dedans de magnifiques chansons et d'autres qui sont juste bizarres et rigolotes. Mais toutes mettent du baume au coeur. Enfin nous l'espérons.



Une dernière chanson avant de vous laisser en famille, la chanson de Noël la plus émouvante que je connaisse, Wonderful Christmas de Tom McRae. À écouter et réécouter sans cesse.


Une famille en or



Voici bonsoir la famille Legrand avec en capitaine Michel, le père, suivent Raymond, le grand-père, la soeurette Christiane, les deux fils, Benjamin et Hervé, et enfin la nièce Victoria. Bienvenue à eux.

Le chef d'équipe d'abord, Michel, avec à son actif plus de 100 albums et 200 bandes originales de films. Dont les partitions très célèbres des Parapluies de Cherbourg, des Demoiselles de Rochefort, de Summer of '42 ou même de Faites Entrer l'Accusé ! Son titre I Will Wait For You reste d'une élégance divine, jugez plutôt.



Le père, Raymond, compositeur et chef d'orchestre ayant fait ses gammes avec Gabriel Fauré. Du swing plein de classe.



Christiane, la sœur, qu'on a croisé chez De Roubaix ou chantant sur les cordes de Michel. Elle a aussi été membre des superbe Swingel Singers.



Et pour finir les mômes, Benjamin, chanteur pas mal, Hervé, compositeur prolifique mais anonyme et surtout Victoria, Victoria Legrand qui n'est autre que la chanteuse de Beach House, duo dans le vent de Baltimore à la musique paradoxalement très baléarique. Vous entendrez sans doute beaucoup parler de leur prochain disque, Teen Dream, dont voici le meilleur titre, Silver Soul.


DCDL X, Gohan l'hérésiarque

Hérésir DCDL X//Gohan
© Marz & Chew (inspiré de Lorenzo Costa)


Gohan mix #14 | Spécial DCDL X — Hérésie by Marz666

Gohan | Spécial DCDL X — Hérésie

1. Geinoh Yamashirogumi - Reincarnation
2. Oni Ayhun - OAR002 (edit)
3. György Ligeti - Lux Aeterna
4. The Machine - Fuse (Dixon Remix)
5. Various Artists - Lai-Lai (from "Voyage En U.R.S.S., Vol. 5")
6. Emad Parandian - Kamanche (Original Mix)
7. Various Artists - AiDJemal (from "Voyage En U.R.S.S., Vol. 5")
8. Fanta - Rebetiko
9. Luciano - Conspirer
10. Onur Özer - Allegro Energico (edit)
11. Geinoh Yamashirogumi - Agba'a
12. Oni Ayhun - OAR001-A (edit)
13. Miles Davis - Early Minor
14. Italoboyz - L'Anagramme
15. Redshape - Seduce Me
16. Luciano - Celestial (edit)
17. Luigi Nono - Liebeslied
18. Roland Bocquet - Exotique (edit)
19. Alessandro Striggio - Ecce Beatam Lucem (Paul van Nevel & Huelgas Ensemble)
20. Susumu Yokota - Gekkoh (edit)
21. Toru Takemitsu - Air (by Patrick Gallois)
22. Greg Baba - Sadow (with Sami Altindag and Bernard Rubio)
23. The Radioactive Man - Goodnight Morton


Nous découvrons Gohan à travers son blog, Peur bleue. Elégance et goût pour les musiques étranges, nous sommes séduits. Nous écoutons ses mixs, ses compositions, nous flashons. Le courant passe bien, une collaboration s'impose. Dimanche 20 décembre 2009, Gohan est sur Des Chibres & Des Lettres.
A noter : l'excellent 'Destin Tragique (Gohan remix)' est présent sur le maxi 'Libera me' de Mondkopf, sorti le 14 décembre chez
Asphalt Duchess Rec.


Gohan sur MySpace
Son blog, Peur bleue
Marz & Chew, le site et le blog

Fight You All

La belle musique de Koudlam avec une bonne grosse baston des familles. Parfait pour un samedi un peu trop froid, non ?


En attendant Gohan



Dimanche, nous publierons un excellent mix réalisé par notre ami Gohan, de Peur Bleue. Je n'en dis pas plus ce soir. Une chose seulement : avec ces deux titres, je prépare le terrain.

Henrik Nordvargr Björkk - Omega (extrait de Honi soit qui mal y pense)
04 Omega by clementd

Paysage d'hiver - Koenig Winter (extrait de Die Festung)
Eishalle Pt. I - Koenig Winter by clementd

Henrik Nordvargr, site officiel
Paysage d'hiver, site officiel

Top perso 2009 (et après on arrête)


Après le top des blogueurs 2009 auquel nous avons participé, mon top perso à moi, définitif :

1 Bill Wells & Maher Shalal Hash Baz : Gok
2 Yagya : Rigning
3 Girls : Album
4 Maudlin of The Well : Part The Second
5 Fuckpony : Feel The Love
6 Grizzly Bear : Veckatimest
7 CunninLynguists : Strange Journey Volume One & Two
8 Raoul Sinier : Tremens Industry
9 The Long Lost : The Long Lost
10 Atlas Sound : Logos
11 Yousef : Collection Of Scares And Situations
12 Asobi Seksu : Hush
13 Tortoise : Beacons Of Ancestorship
14 Whitest Boy Alive : Rules
15 Junior Boys : Begone Dull Care
16 Real Estate : Real Estate
17 Iran : Dissolver
18 Caetano Veloso : Zii & Zie
19 Cass McCombs : Catacombs
20 David Arthur Brown : Teenage Summer Days

Et pour boucler la boucle, la première belle promesse de 2010, Arnaud Fleurent-Didier.


Top des Blogueurs 2009

Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :


Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d'un classement des meilleurs albums de l'année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l'identique sur tous nos blogs !



St Vincent - Actor St Vincent - Actor


Panda Panda : Dans le monde merveilleux d’Annie Clark, les instruments à vent et à cordes dansent ensemble d’une jolie manière, parfois balayés par l’horreur tapie dans un coin qui ressurgit sous la forme de déflagrations électriques et tordues, l’imaginaire de la belle étonne et ne ressemble à nul autre avec ses cent idées à l’heure. C’est donc tout naturellement et avec un plaisir immense qu’on retrouve ce drôle d’Actor à cette vingtième place. (A lire également la chronique d’Olivier)



Marie-Flore - More than thirty seconds if you pleaseMarie-Flore - More than thirty seconds if you please


Arbobo : Le parcours de trop de "grands" a fait oublier combien un premier disque pouvait être fort, déjà brillant, déjà puissant. Combien c'est rare de faire des débuts aussi bluffants. L'air de rien, Marie-Flore réussit à nous faire lever les poils du premier au dernier titre. Avec ses morceaux tout sauf standard, son sens de la mélodie et sa voix sortie d'un livre de sortilèges, on se demandait si elle saurait nous impressionner autant sur disque qu'elle le fait sur scène. Oui, évidemment, oui. (A lire également la chronique de Benjamin F)



The Tiny - Gravity & GraceThe Tiny - Gravity & Grace


Saab : Trop souvent, on voudrait intellectualiser la musique, qu'elle rentre dans un format cartésien nous permettant de différencier la bonne de la mauvaise. Mais la musique est essentiellement une question d'émotions et le groupe suédois The Tiny en témoigne avec leur troisième album Gravity and Grace, petit chef d'oeuvre inclassable entre folk boisé et pop de chambre. Le chant déchirant d'Ellekari Larsson y est inoubliable. (A lire également la chronique de Daniel)



The XX- S/TThe XX- S/T


Christophe : Le buzz est un fleuve intarissable qui prend sa source, selon les cas, à Londres ou Brooklyn. Concernant The XX, c’est de la capitale anglaise qu’est parti l’incendie cold-wave et il a tout ravagé sur son passage, jusqu’au line-up du groupe amputé depuis d’un de ses membres. Il y a comme toujours avec ce genre de phénomène, les « pour » et les « anti » mais une chose est sûre, The XX aura marqué d’une belle empreinte l’année 2009. (A lire également la chronique de Paul)



Fever Ray - Fever RayFever Ray - Fever Ray


Kris : Il se déroule toute une vie parallèle dans les univers perpétuels de The Knife, et aujourd’hui chez Karin Dreijer Andersson en solo sous le pseudo de Fever Ray. Chaque rythme, chaque production, chaque profondeur atteinte dans cet album sonnent comme des anathèmes foudroyants du monde qui est le nôtre. Cette rugosité empathique, cette urgence apocalyptique, font de Fever Ray une expérience incontournable et impitoyable. (A lire également la chronique de Rod)



Benjamin Biolay - La SuperbeBenjamin Biolay - La Superbe


Romink : Conquis, comme tombé sous les charmes de La superbe. Un disque d’hiver, enivrant, enveloppant et compact à la fois malgré son format. Pudique et exhibitionniste, parfois dur, parfois tendre, il berce, stresse, repose et interroge. Comme une météorite qui pénètre l’atmosphère, le double album de Benjamin Biolay illumine l’automne et laissera, c’est certain, son empreinte dans la mémoire collective. (A lire également la chronique de JS)



Dominique A - La MusiqueDominique A - La Musique


Christophe : Depuis la mort de Bashung, ils ne sont plus très nombreux les artistes français capables de réconcilier les amoureux de chansons à texte,à la française, et les adeptes de mélodies pop-rock à l’anglo-saxonne. Dominique A est de ceux-là, sans doute même son plus beau représentant. Après presque 20 ans de carrière, il vient une nouvelle fois de prouver tout son talent sur un double album somptueux. (A lire également la chronique de Benoit)



Current 93 - Aleph at Hallucinatory MountainCurrent 93 - Aleph at Hallucinatory Mountain


Mr Meuble : Album à l'image du groupe, trouble, halluciné et vibrant. Les chants tibétains y côtoient les chants de Maldoror et milles expérimentations cathartiques. Un voyage fascinant qui sonne à la fois comme la bande son de l'apocalypse et celle de la rédemption. (A lire également la chronique de Twist)



Converge - Axe to fallConverge - Axe to fall


Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F)



Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An EagleBill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle


Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l'image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d'une classe folle, qui se bonifie avec le temps, et les écoutes. (A lire également la chronique de Thibault)



DM Stith - Heavy GhostDM Stith - Heavy Ghost


Disso : Cet album est un chef d'œuvre empli de grâce et de douceur. Des fantômes sur la pointe des pieds dansent sur la mousse des sous-bois, les anges emplissent l'air de leurs chœurs et DM Stith, berger mystique d'une troupe céleste, nous envoute avec sa musique au charme gracile et glacial. (A lire également la chronique de Erwan)


The Limes - S/TThe Limes - S/T


Violette : Un « Groupe Super » où chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice pour rendre ce premier disque, à première vue basique, unique une fois dans la platine. On ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). (A lire également la chronique de Arbobo)



Vic Chesnutt - At the CutVic Chesnutt - At the Cut


Mmarsupilami : Vic Chesnutt, vingt ans de carrière, quinze albums et un couronnement de plus avec At The Cut. Les complices musiciens du label Constellation s’effacent pour créer une oppressante ambiance musicale faite de cordes, drones et menaces. La voix de Chesnutt zèbre et éclaire cet orage électrique de sa fulgurance. Prises au piège de l’humanité, les pierres en pleureraient... (A lire également la chronique de Thomas)



Cougar - PatriotCougar - Patriot


Anousonne : Cougar est une des surprises de l’année, mais amplement méritée tant Patriot a réussi à synthétiser le raffinement de Tortoise, l'intensité fleuve d'un Do Make Say Think tout en s'accordant des plongées mélodiques échappées du cerveau de Four Tet. Patriot est un album angulaire, instrumental, bruyant, puissant, jouissif, intense où Cougar redéfinit musicalement sa vision du post-rock. (A lire également la chronique de Martin)



Aufgang - S/TAufgang - S/T


Benjamin L : « 2 pianos, 1 batterie : ascenseur pour l’inouï », voila comment est vendu Aufgang par son label. En réalité, l’album est tout simplement un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle. Un savant mélange entre musique électronique et musique classique, composé comme un mouvement symphonique, avec un début, une fin et surtout un contenu. Précis, incisif, puissant mais mélodieux, cet album pourrait, d’ici quelques années, servir de manifeste à une nouvelle génération de musique. (A lire également la chronique de Mauve)



Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the SoulDanger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the Soul


Laurent : Un casting trop luxueux face à un producteur trop en vue, le tout magnifié par les images de David Lynch, Dark Night Of The Soul avait tout pour n’être qu’un feu de paille de plus. Mais c’était sans compter sur le songwriting de Mark Linkous qui insuffle ici une vraie cohérence via des instrumentations racées, écrin idéal pour les voix abîmées de Vic Chesnutt, Franck Black et Iggy Pop. Au final, une œuvre où les talents ne nuisent jamais à l’intimité. (A lire également la chronique de Ju)



Fuck Buttons - Tarot SportFuck Buttons - Tarot Sport


Ed Loxapac : Le duo Fuck Buttons transforme l'essai avec le magistral Tarot Sport. Bien aidé par la production d'Andrew Weatherall, ils réalisent un album épique, telle une déflagration sonique digne d'un moteur d'avion au décollage. Diffusant un air étrangement euphorisant, Tarot Sport franchit le mur du son en ne laissant derrière lui que cendres et poussières. (A lire également la chronique de Eddie)



Animal Collective - Merriweather Post PavilionAnimal Collective - Merriweather Post Pavilion


Sfar : 2008 déjà : un EP époustouflant, des versions live prometteuses d’un album à venir. Mi janvier 2009 : personne ne sort indemne de la sortie de Merriweather Post Pavilion. On évoque alors tout et son contraire : de l’œuvre géniale à l’imposture musicale. Une tournée, une année sont passées et l’album est toujours présent sur nos platines. CQFD. (A lire également la chronique de François)



Grizzly Bear - VeckatimestGrizzly Bear - Veckatimest


Mathieu G : Veckatimest possède une indéniable force mélodique, quelque chose qui redonne à la pop un peu de son sens originel, la bande son qui améliorerait les petits tracas de notre vie quotidienne. En étant à la fois acoustique et puissant dans ses constructions qui partent dans une multitude de directions ; Grizzly Bear vient de réaliser le grand moment pop de l’année. (A lire également la chronique de Julien)



Ramona FallsRamona Falls - Intuit


Lyle : Qui l'aurait cru en début d'année : un album du leader de Menomena classé ici ? Mais sous le nom de Ramona Falls, Brent Knopf, accompagné d'un tas d'amis, a mis de l'ordre dans la pop foutraque de son groupe pour en garder le meilleur : une musique aux influences variées, complexe dans ses arrangements mais extrêmement entrainante et accessible. Digne d'être plébiscitée par le plus grand nombre. (A lire également la chronique de Thibault)



Les participants au Top des Blogueurs 2009 :

Anousonne de Grandcrew ; Benjamin F de Playlist Society et du Ricard sa Live Music ; Benjamin L de Soul Kitchen, Benoit de Pop Revue Express, de Hop Blog et de Benzine ; une bonne partie de l’équipe de Dans le mur du son : avec Arbobo de Arbobo, Erwan de The man of Rennes steals our hearts, Lyle de J’écoute de la musique de merde, Thomas du Golb et de Culturofil, et Twist de I left without my hat ; Dali de This Is All About Audio Dynamite ; Daniel de Listen See Feel ; Disso de Derrière la fenêtre ; Ed Loxapac de Chroniques Electroniques ; trois Indie Pop Rockeurs avec Christophe de La Tête à Toto, Mathieu de Ramdom Songs et Paul de Pomme de Pin ; Eddie du Choix de Mlle Eddie ; François de Dans Mon Mange-Disque ; JS de Good Karma ; Ju de Des Oreilles Dans Babylones ; Julien de Des Chibres et Des Lettres et de Goûte mes Disques ; Kris d’Au bout du chemin et de Sound Of Violence ; Laure de Not For Tourists ; Laurent de Rocktrotteur ; Martin de Branche Ton Sonotone ; Mmarsupilami de Little Reviews ; Mr Meuble de Sous les pavés, la Plage ; Olivier de Feu à Volonté ; Panda Panda de Ears of Panda ; Pierre de Musik Please ; Rod du Hiboo ; Romink de My(Good)Zik ; Saab de With Music In My Mind ; Sfar de Toujours un coup d’avance ! ; Systool du Gueusif Online ; Thibault de La Quenelle Culturelle et Violette des Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes



Vous pouvez retrouvez l’intégralité des disques cités dans le classement ici


Chef de projet : Benjamin F / Conception et Logo : Laurent / Communication : Waaa

Hans Bellmer et nous



Je prends conscience que nous n'avons jamais rendu hommage, ici, à Hans Bellmer, à qui nous devons pourtant l'inspiration de notre logo - et plus encore pour ma part. Avec la publication de cette vidéo, voilà qui est chose faite. C'est superbe et la musique de Brian Eno rend la chose encore plus belle.

Bellmer sur Facebook

Piano et grands moments du sport 3

Maintenant que tout le monde est au chevet de Johnny, nous pouvons revenir sereinement sur le lynchage médiatique dont Thierry Henry a fait l'objet. J'ai été très surpris par le caractère si exacerbé des réactions médiatiques : « on rejoue le match, c'est l'honneur de la France qui est en jeu ! » ou pire : « nous avons tous été salis par cette victoire ». Faut pas déconner les gars, vous vous trompez de débat, vous êtes en plein dans la question de l'identité nationale et il vaudrait mieux qu'on laisse à ce propos le ballon rond tranquille. Cette dimension de culpabilité était extrêmement prégnante et m'a beaucoup gêné, comme si se cristallisait sur l'espace sportif tout ce qui posait problème dans le vivre-ensemble actuel. Je ne vais aller beaucoup plus loin, pour ne pas risquer d'être trop politique, mais juste : France – Colonies, on fait pareil, on rejoue le match ?

L'autre grand débat qui a été réactivé avec la mimine de Titi, c'est l'utilisation de la vidéo dans le foot. Après plusieurs années d'hésitation, je peux enfin le dire, j'y suis fermement opposé. Je souscris d'ailleurs complètement au dernier dossier à ce sujet des cahiers (à lire ici). Si le football est effectivement devenu un règne financier, un enjeu économique avant tout, il me paraît d'autant plus important de militer pour une forme d'injustice structurelle : ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne, ce n'est pas toujours la bonne décision qui est prise, ce n'est pas l'argent dépensé qui fait le titre. Appréhender la vidéo comme solution ultime, c'est accepter de renoncer à la nature profondément incertaine du sport (en le rapprochant du catch), et c'est aussi être tout simplement ignorant sur ce qu'est le règlement du foot, à savoir un texte référent inapplicable s'il n'y a pas un homme pour le juger.
Donner l'opportunité de la vidéo, c'est repousser les limites de l'arbitrage dans un terrain absolument abstrait et vertigineux, car dans le foot chaque corner est un pénalty non sifflé, chaque faute potentielle est précédée d'une autre faute non sifflée. Quelque part, oui, la vidéo tuerait le football puisque soumis à l'omnivoyance des objectifs, on saisirait bien que le football est un scandale, une suite infinie de remises en cause de la règle dont on ne saurait se dépêtrer. Je vous renvoie au Blow-Up d'Antonioni qui illustre bien le non-sens qu'engendre le trop-plein de foi en l'image. Préserver un arbitrage à taille humaine, c'est au contraire garantir un cadre perceptif et éthique dont on connaît les bordures, qui est tout à fait imparfait mais qui conserve cette beauté troublante du sport comme scène de théâtre et de tous les théâtres.

Quand Camus disait qu'il avait tout appris de la morale dans un stade de foot, il ne parlait évidemment pas de fair-play, encore moins d'assujettissement consenti à une règle toute-puissante, il pointait bien plus du doigt qu'en effet, sur un terrain herbeux, la question morale se pose sans cesse. Outrepasser les règles ou non ? Faire semblant que... ou pas ? Défendre son équipe jusqu'à quel point ? Les joueurs interrogent constamment leur rapport au règlement, et c'est ce processus qui leur permet de se construire une éthique. On la trouve bonne ou mauvaise, c'est un autre problème, mais c'est ce travail à l'œuvre de la pensée et de la mise en scène de soi qui rend le football humain – au grand dam de certains. Les hommes sont approximatifs, lacunaires... pourquoi pas l'arbitrage aussi ? Je reprends Vikash Dhorasoo, moi également «j'espère que la main de Thierry échappera toujours à la vigilance du seul arbitre sur le terrain comme échappera toujours le petit voleur au policier du coin de la rue », car sans ça il n'y aurait plus de sport, même plus d'art, juste de l'ennui orwelien ; c'est bien parce que les dés sont toujours pipés qu'on ne veut pas s'arrêter de les relancer.

En réponse à ces nazes de la fédé irlandaise qui n'arrivent plus à voir la beauté tragique d'une défaite, voici un petit hommage à l'AJ Auxerre, qui par deux fois à quelques années d'écart a souffert des grands hold-up de Dortmund. Vous pouvez demander autour de vous, cette équipe est au moins autant aimée et respectée que celle du PSG qui a gagné la Coupe des Coupes. Comme quoi la victoire mathématique n'est pas la seule possibilité pour laisser une trace.





Pour accompagner ces vidéos, une Pièce Lyrique d'Edvard Grieg, l'opus 57 - 6 intitulé "Heimweh".
Bonne écoute.


Piano et grands moments du sport 3 by 123 Océanie

DCDL IX, on laisse l'anorak au vestiaire

DCDL IX//Tenkah


Tenkah - Lounging in Winter Mix by TENKAH

Tenkah - Lounging in Winter (DCDL IX)

1. M83 - Run Into Flowers (Midnight Fuck Remix By Jackson)
2. TENKAH - Harmonie (Démo)
3. Blaze Tripp - Hey Jack (NiAmOr remix)
4. CFCF - Big Love
5. Cécile feat Dennis Coffey - Una domenica italiana
6. The Sounds - Beatbox (Hey Champ Remix)
7. Mylo - Paris Four Hundred (Sebastian Remix)
8. Teennage Bad Girl - Ghost House
9. Vitalic - Second Lives

On avait croisé sur plus d'un blog l'electro très pétillante des Noizy Kids. Aujourd'hui, c'est seul que Joan officie, sous le pseudo bien moins conventionnel de Tenkah. À l'oreille on entend aussi le changement : moins porté sur la saturation, Tenkah a la vue large : il aime les mélodies épiques et les déviances sonores. Le mix qu'il nous a concocté en témoigne. Il s'en dégage une 'grandiloquence' et une capacité à pervertir la mode qui nous réjouissent. Faites d'ailleurs bien attention à sa composition perso - 'Harmonia', vous comprendrez pourquoi Tenkah est loin d'être un simple suiveur de tendances.

Tenkah sur MySpace

En avant, marche


The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud : fantaisie martiale néo-classique. Dans le même esprit, voyez Les Joyaux de la Princesse ou Les Affres de la Mort.

2-06 Untitled by clementd

Petite précision : c'est extrait de l'album The smell of Blood but Victory.

Page officieuse sur MySpace


Charts de mi-décembre (ABC Africa)

Quand même je me lance, mes charts électroniques de décembre, sans aucune pointe d'agacement :

1 Brendon Moeller - Juice
Quand il n'est pas Beat Pharmacy ou The Echologist, Brendon Moeller évolue plus du côté de la house. Ici, sur ce titre tout récemment sorti chez Mule Electronic, il me surprend avec un track tendance disco franchement époustouflant.



2 Wareika - Smiles
Wareika est un collectif allemand qui grimpe comme une flèche (premier EP sorti il y a tout juste un an). Smiles est le meilleur exemple de leur potentiel : un pied énorme, un côté druggy qui doit fasciner Villalobos et puis le petit solo piano qui va bien (poke à Henrik Schwarz).



3 Ovijay & Lucky Luciano - Recado (Dorroo Remix)
L'original est un titre house assez lisible et pour tout dire plutôt moyen. La relecture du Roumain Dorroo gagne par contre au change avec ses effets enveloppants et sa dynamique rythmique. Ça en devient obsédant. Et d'ailleurs, on peut déjà vous teaser en annonçant que vous retrouverez très bientôt ce même Dorroo dans nos colonnes avec un mix spécialement concocté pour DCDL. Classe, hein.



4 Sandy Huner - Rare Tap (2000 and One Edit)
Pas la peine de faire un dessin je crois. Le groove parle pour lui. Difficile de ne pas se trémousser.



5 Andy Stott - Brief Encounter
De la techno à pleurer par un des plus productifs du genre.

Poèmes barbares


O palais de Temrah, séjour des Finns célèbres,
Dit-il, où flamboyaient les feux hospitaliers,
Maintenant, lieu désert hanté d'oiseaux funèbres!

Salles où s'agitait la foule des guerriers,
Que de fois j'ai versé dans leurs cœurs héroïques
Les chants mâles du Barde à vos murs familiers!

Hautes tours, qui jetiez dans les nuits magnifiques
Jusqu'aux astres l'éclat des bûchers ceints de fleurs
Et couronniez d'Erinn les collines antiques!

Et vous, assauts des forts, ô luttes des meilleurs,

Cris de guerre si doux à l'oreille des braves!
Etandards dont le sang retrempait les couleurs!

Cœurs libres, qui battiez sans peur et sans entraves!
Esprits qui remontiez noblement vers les Dieux,
Dans l'orgueil d'une mort inconnue aux esclaves!

Salut, palais en cendre où vivaient mes aïeux!
O chants sacrés, combats, vertus, fêtes et gloire,
O soleils éclipsés, recevez mes adieux!

Leconte de Lisle, Le Barde de Temrah, in Poèmes barbares (extrait)


Triarii - Agonia

Agonia by clementd

Die Macht - Ende

Ende by clementd

Triarii sur MySpace
Die Macht, site officiel

Potomok Chingis-Khana


Depuis hier, deux morceaux m'obsèdent au point que je les écoute frénétiquement comme un type mal fichu dans sa tête. Je vous présente donc les deux ensemble, quand bien même ils n'ont l'un et l'autre pas grand chose en commun.

Il y a d'abord Essra de Soft Rocks. Soft Rocks qui est un mystérieux projet nu-disco où s'activent plein de musiciens géniaux. La preuve avec ce morceau, très loin des canons Eskimo et Feedelity, et qui pourrait beaucoup plus être rapproché des essais les plus jazz de Carl Craig. C'est beau et très intense.

Pierre Perret aime ça by 123 Océanie

Le deuxième titre, donc, tout à fait dans un autre genre, est si j'ose dire le "tube" d'A.R. Kane, A Love From Outer Space. A.R. Kane, lui, était un groupe d'electro/new-wave de la fin des 80's. Je connaissais depuis un bout de temps mais je ne m'étais jamais rendu compte que cette chanson était aussi addictive.

Nadine Morano adore by 123 Océanie

Maintentant, comme direz l'autre, à vous de juger.

DCDL VIII, la grande fessée

©theobanz


She Breaks & Deletes Mix by Bros Before Hoes

JEANVILLE - SHE BREAKS & DELETES MIX (DCDL VIII)

1. Intro MARIE MOORE 56K : She Breaks & Deletes
2. DJ FUNK : Hoes In This House (RICHI JAMZ Remix)
3. DANIEL HAAKSMAN + DJ SLUGO: Pobum Coco (Sharkslayer Bass Dub JEANVILLE Edit )
4. SEFYU : Molotov 4 (KRYS ANDJEL REMIX, JEANVILLE Edit)
5. CRIME MOB : Stilettos (DJUB Remix)
6. SONIC 86 Feat DJ OMEGA : Creek (BOOTY BEN Remix)
7. GOON & KOYOTE + DJ V : Wellness Is Wild (Officiel + DIKULOUS' ZULU Remix JEANVILLE Edit)
8. LA FOUINE : Du Ferme, Listen up G's (NASTY DOWZE Remix)
9. COMA : Doggystyle
10. DJ GANTMAN : Juke Dat Girl From Tha Back
11. TYPHONIC : Take It Off
12. DJUB : Bang It Low

"Bros before hoes c'est mon bro, Breakin-E, et moi, Jeanville. On fait des soirées ('TOUCH YOUR TOES') où les gens deviennent zinzin, à Rennes. Nos prods arrivent très bientôt. On aime pas trop l'electro à la mode en ce moment, ici (french touch, fidget, la nouvelle minimale, tropicale...). On kiffait la booty et la ghettotech au début de la Chicago house et on la ressort aujourd'hui, à notre sauce 'ghetto cliché', persuadés de son pouvoir efficace sur le dancefloor."

Bros before hoes sur MySpace

Décembre, dans les Alpes


Ça pourrait être un edit d'un obscur morceau 60's par le génial Pilooski. Mais non, Sturmpercht, ça vient d'Autriche et ça fleure bon le folklore alpin.

Take On Me


On a toujours envie d'écouter les remixes de titres qu'on aime bien. Surtout quand il s'agit de chansons plutôt pop ou rock, des fois qu'avec ces nouvelles versions on pourrait s'éclater avec en soirée... Mais la désillusion est souvent très grande : soit on ne retrouve pas grand chose du morceau original, soit on tombe dans le massacre, dans le pur travestissement honteux. Voilà pourquoi les meilleurs remixeurs ne sont à mon avis pas les meilleurs compositeurs et inversement. Ce que j'aime quand on remixe une chanson très mélodique, c'est de l'humilité et de l'énergie. Rien de plus, rien de moins.

Je suis par exemple toujours content à l'écoute d'un remix de The Twelves. Ça ne va pas pisser très loin et d'ailleurs leurs compos sont assez nulles, mais ils ont un vrai savoir-faire du relifting. Ils arrivent toujours à préserver l'identité du titre original tout en injectant dans leur travail une grosse patate Daft Punk/Kitsuné. Grâce à eux et l'air de rien, on peut caler dans n'importe quel set un peu péchu et fluo au choix Take On Me de A-Ha, Reckoner de Radiohead, les Black Kids ou Erlend Øye. Pour vous montrer, d'ailleurs, voici leur version de Take On Me que je trouve assez rigolote. Quelque part affreuse, oui, mais pas plus que la version de base.



Deuxième exemple avec un des meilleurs remixes que j'ai entendu cette année, Familiar Light d'Asobi Seksu repris par Twins. Alors eux ils sont pas encore très connus et là ils ont fait très fort. Parce que reprendre une chanson dream-pop/shoegaze comme celle formidable d'Asobi Seksu et en faire le plus naturellement du monde un tube electro-pop, c'est pas donné à n'importe qui. À suivre donc de très près !

Farenheit Falls



Vous connaissez forcément cette pub. Moi je connais pas le parfum et j'aimerais savoir ce qu'il vaut (étant entendu que j'aime bien Dior). En échange je peux vous filer un tuyau concernant la musique. Elle est – à ma grande surprise – extraite d'une collaboration entre Pat Metheny et Lyle Mays en 1981. Dans les tous débuts du jazz new-age. C'est pas génial mais il y a quelques grands moments de grâce. Le titre et l'album s'appellent "As Falls Wichita, So Falls Wichita Falls".

Farenheit Falls by 123 Océanie

Real Estate


Je dois vous confier mon petit coup de cœur songwriting de la fin d'année. Ça s'appelle Real Estate et on a tout à fait l'impression que ce groupe est génial... malgré tout.
Honnêtement, si l'on écoute leur premier album – éponyme – en faisant un tant soit peu attention au duo rythmique, on peut clairement avoir envie de brûler ces quatre types du New Jersey. Le batteur ne veut même pas faire semblant de savoir faire un break. Tu mets Patricia Kaas derrière les fûts c'est déjà autre chose. Et la basse n'en parlons pas, plus monotone tu meurs. On dissimule ce manque de qualité derrière une prod' bien lo-fi et hop, on croit que ça va passer l'air de rien. Mais non ces gars ressemblent à des buses et même la guitare – que je pourrais pourtant complimenter pendant des heures – laisse beaucoup d'approximations derrière elle.
Alors qu'est-ce qu'il se passe pour que ce soit finalement génial ? C'est un peu compliqué à expliquer. Disons que leur pop-folk très pourrave peut devenir tout à coup fascinante, c'est le pur insight, le déclic où l'on s'émeut de prendre conscience de la fragile beauté de ce groupe : sans tomber une seule fois dans le spectacularisme de la ballade "trop belle j'en chiale", Real Estate finit par donner les clés de sa musique, une mélancolie douce couplée à un hypnotisme inattendu. Ces types-là nous refont le coup de Galaxie 500 il y a 20 ans, la simplicité transcendantale, l'acoustique et l'enregistrement maison comme vecteurs d'onirisme et d'atmosphères éthérées. En bref tout l'inverse des Cocteau Twins et autres Mercury Rev. On retrouve aussi une autre inspiration qui contamine tout, Yo La Tengo. C'est criant dans le jeu de guitare et dans cet entre-deux généralisé entre fraîcheur pop et coolitude béâte.
Je le répète, ce qui me plaît tant chez Real Estate est très subtil. Difficile de trouver une chanson particulière qui représenterait tout l'album. Non, c'est dans l'écoute répétée et distraite que leur petit bout de singularité se fait jour. Il n'empêche, voici quand même trois titres (gratuits) en espérant que vous soyez moins longs à la détente que moi.

Real Estate - Fake Blues
Real Estate - Suburban Beverage
Real Estate - Black Lake