Tribute to Aaron Aites part 1


Cette semaine, nous la consacrons à Aaron Aites. Clément vous expliquera demain d'où il le connaît. Nous en avons déjà parlé ici, en août, à propos d'Until The Light Takes Us, documentaire a priori passionnant sur le black metal et sa mythologie. Aaron m'a d'abord été présenté comme le co-réalisateur, avec Audrey Ewell, de ce film. Clément a ajouté, alors qu'il aurait pu s'en passer, "et il a un groupe d'indie-rock, Iran". Alors mes yeux se sont écarquillés. Ben oui, Iran, j'avais écouté leur dernier album il y a de cela un petit mois et j'avais trouvé ça super. Et je savais en plus que c'était un des groupes chouchoux de Pitchfork, excusez du peu.

Quelques mois sont passés et nous décidons de revenir un peu plus en profondeur sur Aaron. – sans nous intéresser cette-fois à son film et aux corbeaux qui sommeillent en nous. Nous nous consacrerons ici à Iran, à présenter ce groupe bizarrement très peu discuté en France. Ensuite, Clément vous offrira la playlist du moment d'Aaron. Et sans trop vous teaser, cette playlist déboîte vraiment.

Iran, venons-y. Si j'étais un peu trop aguicheur, j'aurais dit en premier "side-project de TV on the Radio". Parce que Iran, c'est Aaron Aites, oui, mais accompagné de Kyp Malone de TOTR et en plus produit par David Sitek. Mais c'est un peu vulgaire de parler de side-project. Vendeur mais vulgaire. Ça induirait l'idée qu'Iran est un projet annexe avec une fonction soupape, voire dépotoir. Or pas question de sous-entendre ça. Musicalement ça n'a rien à voir et qui plus est, Iran existait avant Tv On The Radio.
















Le premier album éponyme d'Iran, en effet, c'était en 2000. Et les mecs se sont tapés 9,6 chez Pitchfork. 9,6 ! Regardez vous-même. The Moon Boys suit en 2002 et se prend un joli 8,9 également. Je vais parler des deux albums ensemble parce qu'ils se ressemblent beaucoup. Ce sont deux albums très difficiles à écouter, très noise dans l'esprit. Grosso modo, c'est de l'indie-rock typé Malkmus rongé de toutes parts par des gros larsens, des drones et des fréquences merzboïennes. Chaud à appréhender, on ne comprend rien au début, et puis quand la musique commence à devenir plus lisible c'est un univers vraiment puissant qui se dévoile. On sent beaucoup d'intégrité et une culture vraiment poussée. Des arômes blues ou surf, par exemple, qu'on ne pouvait absolument pas déceler au départ, perdus dans le brouillard global de la production. Bref, ça vaut le coup de se faire mal quelques écoutes, parce qu'après c'est un vrai émerveillement. À noter que The Moon Boys est quand même déjà plus accessible.


Le troisième et dernier album d'Iran, j'y reviens, est sorti cette année. Il s'appelle Dissolver et a été relativement mal accueilli — juste parce que ce n'est pas un parcours du combattant que de l'apprécier. Il passe tout seul, il est moins sélectif dans son public. Alors forcément le fan underground se sent un peu trahi : où est le noise qui éloigne les gens qui aiment trop les mélodies ? Dissolver est un vrai et pur album d'indie-rock, qui fait honneur aux vieux Pavement et Sedaboh. Plus abordable mais toujours très pensé et travaillé. Un de mes disques de 2009. Je conseille donc de commencer la découverte d'Iran par celui-là. Il donnera l'envie et l'énergie de creuser ses beaucoup plus compliqués prédécesseurs.

Deux morceaux pour avoir un premier aperçu. Le premier, Four Armed Star, est tiré de The Moon Boys. Il vous montre comment une pop-song le coeur sur la main peut exister au sein d'un titre noise bien nihiliste. Le deuxième, Buddy, est évidemment extrait de Dissolver. Et j'attends un raz-de-marée de compliments pour cette ballade un brin Motown.

Four Armed Star by ABC_Africa

Buddy by ABC_Africa

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