'Until the light takes us' @ Brattle Theatre, Boston




Until the light takes us est un film d'Aaron Aites et Audrey Ewell sur le black metal, ou, plus précisément, sur les événements violents qui ont agité la scène norvégienne au début des années 90 : incendies d'églises, suicides, meurtres. Il n'est pas du tout question du background fantastique du black metal, Tolkien, le panthéon nordique... et il est très peu question de politique. Le film se concentre plutôt sur des faits précis, criminels pour l'ensemble, et tente de saisir les motivations de leurs acteurs.

Au commencement, il y avait Euronymous (Mayhem), Varg (Burzum) et Fenriz (Darkthrone). Trois individus, une esthétique commune mais trois investissements différents dans le mouvement. Varg ayant tué Euronymous, il s'exprime seul avec Fenriz sur les rapports qu'ils entretenaient et sur les actes induits par leurs visions respectives. Pas de voix off, seulement des interviews et des phrases saisies au fil de la conversation. Varg, le penseur passé aux actes, se pose immédiatement comme la mauvaise conscience et l'ennemi désigné de Euronymous, décrit comme un théoricien abstrait, petit chef sans envergure. Euronymous ne peut bien sûr pas donner son avis sur la question. Et Fenriz, loin d'arbitrer cette querelle d'égos, ne revendique d'autre probité qu'une indépendance constante à l'égard du mainstream.
Côté Varg, je parle ici pour les fans, ce film n'apporte pas grand chose : des images connues, un discours déjà diffusé aux travers des nombreux textes disponibles sur le site burzum.org... Côté Fenriz, on découvre un personnage sympathique, attachant même, un peu déçu peut-être par la compromission de certains musiciens avec le showbiz mais, en dernière instance, indifférent aux choix de ses comparses. On appréciera certainement le petit goût de "vis ma vie de Fenriz" lorsque la caméra le suit au bar, à l'épicerie ou dans son deux pièces miteux.

Until the light takes us n'est pas un film pour les fans, du moins il ne leur apprendra pas grand chose: les images d'archives ne sont pas des exclusivités, elles étaient déjà disponibles sur Youtube depuis longtemps ; les discours idéologiques de Varg, la justification et le récit de son crime étaient déjà accessibles sur le site officiel de Burzum ; on connaissait déjà l'intérieur bordélique de Fenriz et son goût pour la boisson, notamment grâce à une interview filmée pour Rockhard magasine. Plus dur encore, pour les fans toujours, l'absence de nombreux groupes considérés par beaucoup comme essentiels: quid de Gorgoroth, Enslaved, Marduk et Emperor ? Sur ce point néanmoins, les réalisateurs sont très clairs: il s'agit d'un film, non pas d'une encyclopédie. Le but était de traiter un point précis, à savoir la naissance d'un mouvement musical et la violence qui lui a été liée à un moment donné. Mais le DVD devrait quand même comporter pas mal de scènes additives et combler en partie les attentes des puristes. Et pour les profanes alors, qu'en est-il, un film à voir? Oui, à condition de bien maîtriser l'anglais (pas de copie sous-titrée vf pour l'instant) et de jeter un petit coup d'œil auparavant à la page Black metal de Wikipedia, histoire d'avoir quelques notions, une petite idée des histoires glauques qui font, il faut l'admettre, le charme de cette scène nordique.


Until the light takes us
n'est pas diffusé en France pour le moment. Pour les frenchies qui ne peuvent pas faire le déplacement aux USA, il y aura néanmoins une séance à Kortrijk, en Belgique, à 20' de Lille, le 9 octobre, au Buda Arts Centre.

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Iran, le groupe indie rock d'Aaron Aites

3 commentaires:

Julien Lafond-Laumond a dit…

Article indispensable.

mathieu a dit…

Encore un gros coup, chapeau pour l'interview !

Darkthrone a dit…

Salut,

Si ça intéresse quelqu'un sous titre français du docu dispo ici :

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