Profils paysans



Le Laboureur et ses Enfants (Jean de La Fontaine)

Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'Oût.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.


Wobbler - Imperial Winter White (prog médiéval, 2009)

Profils Paysans by deschibres&deslettres

La Mate, nouveau cru


Vous en reprendrez bien une goutte.

Mais oui mon cher, sans aucun doute.

Label 5 mix by LaMate

Rene Bourgeois - 4 My Recordz
Alex Flatner - Perfect Circles feat. Lopazz (Reboot's Put Your Arm Next To It Rework)
Joris Voorn - Minor
Prok & Fitch - Unleashed
Bassjackers & Apset- Klambu
Minilogue - Mr Mustafa A
Rejected - Peanuts
Empire Of The Sun - Without You (p.up)
Wehbba - Barfland

Dahut en première classe


Il est jeune, il est beau, il est frais et il s'appelle Dahut. On l'a découvert il y a un petit moment déjà, sur Fairtilizer. Aujourd'hui, il nous fait le plaisir de nous confier sa dernière mixtape, enregistrée dans un wagon 1ère classe de la SNCF, s'il vous plaît. Ca sonne house, pop, Afrique et même un peu banger. Idéal pour un début de soirée on the roof.



Lemon Jelly - Stay With You
Knightlife - Crusader (Radio edit)
Christophe Willem - Plus Que Tout (Datsu remix)
Booty Luv - Shine (Sidechains remix)
Passion Pit - Sleepyhead (Dahut remix)
Quinten 909 feat Talkbox Mayhem - demo
Miami Horror - Make You Mine (Cassian Remix)
Delorean - Deli
Alan Wilkis - Pink & Purple (Club Cheval Remix)
The Very Best - Warm Heart of Africa
Renaissance Man - Haarlem
Pierce - Pour les Enfants (Pierce Classic Mix)
Da Traxer - Fruggle
Douster - For Weirdos Only (Momma's Boy remix)
Renaissance Man - What is Guru (La Kustom! remix)
Dahut - Wired
Jean Moustache - Goddamn Retriever (The Phantom's Revenge remix)
Planetary Assault System - Whoodoo (Vynil Version)
Lil B - I'm God
Martyn - Far Away
Mondkopf - Libera Me (Dahut Liberated remix)

Mammatus


Tu n'aurais pas envie, par hasard, d'un bon gros steak saignant servi avec une émulsion de LSD ? Je peux te donner ça, moi, à ma façon, avec ma vieille musique de biker taré. Ça s'appelle Mammatus (j'en connais une qui appréciera), ça pue la bière vomie et les nuages de calumets. Le titre du morceau est éloquant : "Dragon Of The Deep Part Three (Excellent Swordfight)". C'est du stoner bien sale transformé en trip psychédélique – 12 minutes au compteur.
Ha et puis prenez-vous dans la face la puissance de la batterie, on dirait Guy Carlier en train de faire des claquettes.


Manon


Manon, c'est le titre d'une des plus belles chansons de Gainsbourg (voir le clip ici). C'est aussi maintenant pour moi le nom de la "djette" la plus intéressante de ces derniers mois, sur la foi d'un E.P, Inkulu, dont je vous laisse écouter le morceau-titre.

Trois choses qui rendent sublime ce titre minimal :

- L'usage des cordes : oud + guitare
- Le break à 2min49 qui suffit à donner une grande teneur atmosphérique à tout le morceau
- La basse-aspirateur à partir de 3min04


'Until the light takes us' @ Brattle Theatre, Boston




Until the light takes us est un film d'Aaron Aites et Audrey Ewell sur le black metal, ou, plus précisément, sur les événements violents qui ont agité la scène norvégienne au début des années 90 : incendies d'églises, suicides, meurtres. Il n'est pas du tout question du background fantastique du black metal, Tolkien, le panthéon nordique... et il est très peu question de politique. Le film se concentre plutôt sur des faits précis, criminels pour l'ensemble, et tente de saisir les motivations de leurs acteurs.

Au commencement, il y avait Euronymous (Mayhem), Varg (Burzum) et Fenriz (Darkthrone). Trois individus, une esthétique commune mais trois investissements différents dans le mouvement. Varg ayant tué Euronymous, il s'exprime seul avec Fenriz sur les rapports qu'ils entretenaient et sur les actes induits par leurs visions respectives. Pas de voix off, seulement des interviews et des phrases saisies au fil de la conversation. Varg, le penseur passé aux actes, se pose immédiatement comme la mauvaise conscience et l'ennemi désigné de Euronymous, décrit comme un théoricien abstrait, petit chef sans envergure. Euronymous ne peut bien sûr pas donner son avis sur la question. Et Fenriz, loin d'arbitrer cette querelle d'égos, ne revendique d'autre probité qu'une indépendance constante à l'égard du mainstream.
Côté Varg, je parle ici pour les fans, ce film n'apporte pas grand chose : des images connues, un discours déjà diffusé aux travers des nombreux textes disponibles sur le site burzum.org... Côté Fenriz, on découvre un personnage sympathique, attachant même, un peu déçu peut-être par la compromission de certains musiciens avec le showbiz mais, en dernière instance, indifférent aux choix de ses comparses. On appréciera certainement le petit goût de "vis ma vie de Fenriz" lorsque la caméra le suit au bar, à l'épicerie ou dans son deux pièces miteux.

Until the light takes us n'est pas un film pour les fans, du moins il ne leur apprendra pas grand chose: les images d'archives ne sont pas des exclusivités, elles étaient déjà disponibles sur Youtube depuis longtemps ; les discours idéologiques de Varg, la justification et le récit de son crime étaient déjà accessibles sur le site officiel de Burzum ; on connaissait déjà l'intérieur bordélique de Fenriz et son goût pour la boisson, notamment grâce à une interview filmée pour Rockhard magasine. Plus dur encore, pour les fans toujours, l'absence de nombreux groupes considérés par beaucoup comme essentiels: quid de Gorgoroth, Enslaved, Marduk et Emperor ? Sur ce point néanmoins, les réalisateurs sont très clairs: il s'agit d'un film, non pas d'une encyclopédie. Le but était de traiter un point précis, à savoir la naissance d'un mouvement musical et la violence qui lui a été liée à un moment donné. Mais le DVD devrait quand même comporter pas mal de scènes additives et combler en partie les attentes des puristes. Et pour les profanes alors, qu'en est-il, un film à voir? Oui, à condition de bien maîtriser l'anglais (pas de copie sous-titrée vf pour l'instant) et de jeter un petit coup d'œil auparavant à la page Black metal de Wikipedia, histoire d'avoir quelques notions, une petite idée des histoires glauques qui font, il faut l'admettre, le charme de cette scène nordique.


Until the light takes us
n'est pas diffusé en France pour le moment. Pour les frenchies qui ne peuvent pas faire le déplacement aux USA, il y aura néanmoins une séance à Kortrijk, en Belgique, à 20' de Lille, le 9 octobre, au Buda Arts Centre.

Until The Light Takes Us site officiel
Until The Light Takes Us MySpace
Until The Light Takes Us Facebook
Iran, le groupe indie rock d'Aaron Aites

A History of Football Manager



J'ai du me rendre à l'évidence : ce n'était plus possible de continuer ensemble. 35 ans, un physique en chute libre, une concurrence très vivace. José Maria Ceballos ne pouvait plus continuer dans mon équipe. Il aurait pu faire un an de plus, encore, mais je ne voulais pas le voir en décrépitude. Je voulais qu'il parte fier comme un jeune premier. Il avait 35 ans, donc, je n'ai pas renouvelé son contrat et il a aussitôt décider de prendre se retraite. La vie continue, même en 2036. Football Manager ne s'arrêtera jamais.

Je devais rendre hommage à celui qui, virtuellement, fût mon fils adoptif. Je suis allé le chercher en 2017 au Deportivo Cali, il n'avait que 16 ans. Je l'ai déraciné de sa famille, oui, mais j'ai promis à ses parents de ne jamais le laisser tomber. Pas facile, si jeune, de se retrouver parachuté dans cette ville grise, Munich, où les seuls gens qu'il pouvait fréquenter étaient les joueurs aux dents longues du Bayern. Mais José Maria était déjà un vrai compétiteur. Pas le temps de s'adapter qu'il faisait déjà partie de ma rotation, 20 matchs pour sa première année, doublure prioritaire de mes milieux défensifs et de mon axe central. L'année suivante le titre nous revient et Ceballos, 12ème homme de luxe, est récompensé par une place dans l'équipe type de la Bundesliga. L'année d'après sera plus difficile individuellement, mais la performance collectif est incroyable : en difficulté en championnat, nous réalisons l'incroyable coup de gagner la Champions League.
J'avais tout gagné et c'était pour moi le moment de partir ailleurs, de reconstruire autre chose. Chez les modestes Aston Villa. Mais ne je pouvais pas partir seul, dans mes valises : José Maria Ceballos, dont je voulais faire mon leader.

Nous avons passé 11 ans à Aston Villa, nous y croyions dur comme fer. Mais il y avait Arsenal, Chelsea, MU... Résultat aucun titre en Premier League, une finale de c3 perdue en prolongation, une finale de C1 perdue aux pénaltys. Juste des coupes nationales. J'ai été jeté comme une chaussette par un nouveau président arabe, qui est arrivé avec ses gros billets et qui croyait qu'il suffisait d'acheter des joueurs 50 millions d'euros pour aligner les titres. Mais des satisfactions humaines j'en ai eu. Ceballos a été fièrement mon capitaine pendant toutes ses années. Mon fer de lance, celui-ci sans qui je n'aurais rien pu espérer – et si j'ai été très déçu c'est que j'avais beaucoup à espérer. Au fur et à mesure des années il a monté de crans sur le terrain. Je l'ai connu défenseur virtuose, milieu récupérateur au volume de jeu impressionnant. Mais il s'est révélé au fur et à mesure un joueur décisif dans le dernier geste, quelqu'un qui pouvait tuer un match sur son seul talent. En plus de son impact physique impressionnant il avait pour lui la richesse technique et l'esprit tueur des plus grands offensifs. Il a passé plusieurs saisons à évoluer comme 9 1/2, à me sauver la mise dans les situations les plus délicates. Un immense joueur qui n'aura jamais eu la reconnaissance méritée : il aurait pu et du être ballon d'or.

J'ai été au fond du gouffre quand je me suis fait virer d'Aston Villa. Mais une équipe a encore cru en moi : la Sampdoria de Gênes. Et moi j'ai encore cru en Ceballos, malgré ses 31 ans. Ce fût quatre années de fête avec José Maria. Il n'avait plus sa vigueur d'antan, certes, sur le terrain il n'était plus aussi déterminant. Mais il était toujours-là, un peu dans l'ombre, à déblayer le sale boulot. Et quelle réussite collective ! Avec des moyens très limitées, aucune saison à moins de 70 points, un titre de série A et 3 demie-finales de c1.
Les belles choses ont pourtant une fin, 6 juin 2036 j'invite mon cher ami au restaurant et lui annonce qu'il faut passer la main. Il me serre dans ses bras, compréhensif, et je vois dans son regard que nous ne sommes pas prêts de nous perdre de vue.

José Maria Cebbalos, né à Remedios (Colombie) le 21.08.2000. 350 matchs en championnat, 53 buts, 72 passes décisives, 36 fois homme du match pour une moyenne totale de 7.12/10. 134 sélections avec la Colombie, deux championnats nationaux et une champions league.

Salut bonhomme, une dernière chanson pour te remercier :



Abergele Next Time est une chanson des Pale Fountains, l'un des groupes les plus sous-estimés des années 80. Nous aimions beaucoup, José Maria et moi, écouter cette chanson après une belle victoire.

Lisztomania


Je ne vous ferai pas l'offense de vous présenter Lisztomania, je pense que vous connaissez déjà le tube de Phoenix. L'originale est très chouette, honnêtement, mais un peu court en bouche. Par contre la version d'Alex Metric reçoit toutes mes félicitations. Je dirais que c'est même mon tube electro-rock de l'été, après Cut Copy remixé par Boys Noize en 2008.

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