Our Way To Fall

Il est prêt à partir, tout frétillant, mon gros pavé pour affirmer que Yo La Tengo est le plus beau groupe du monde. Mais je suis pris d'un remord : du texte, du texte et encore du texte, on a connu plus évocateur. Donc avant l'argumentation, je tease avec Our Way To Fall.
Que dire, si ce n'est l'atmosphère irréelle de cette chanson. Le texte est magnifique comme ça, à peine susurré. La basse n'en parlons pas. Et ce clavier... Voilà, c'est pour ce genre de claviers que je peux dire que oui, Yo La Tengo a la grâce que les autres n'auront jamais.



Le Mouv' ton chibre

Vintage playmates - © Andréa FRADIN

Aujourd'hui "Des Chibres & Des Lettres" a connu 3 minutes de gloire sur l'antenne du Mouv'. Trois minutes seulement, mais qui auront j'espère étaient suffisantes pour ameuter dans nos filets quelques nouveaux lecteurs. L'occasion pour nous d'annoncer le programme des prochains mois, qui sera machiavélique vu que notre objectif est de fidéliser le client (ensuite ce sera les donations, le financement d'un QG en Lozère et le suicide collectif).
Bref, tout ça pour dire que sur DCDL, dans les prochaines semaines, vous pourrez commencer à suivre des podcasts à rythme régulier. On peut déjà vous dire, d'une, que tous les genres musicaux seront traités (avec par exemple 40min pour découvrir le rock gothique dans tous ses états, chouette), de deux que nous aurons une inclination dancefloor tout de même assez naturelle, de trois qu'il y aura beaucoup d'invités qui viendront mixer exclusivement pour notre blog. Un rendez-vous régulier pour se démocratiser, donc, et ouvrir nos portes aux 800 millions d'analphabètes que la blogosphère laisse de côté.

Avant de vous laisser, je ne résiste pas à vous faire découvrir Bill Wells & Maher Shalal Hash Baz et le charme incroyable de leurs ritournelles. Très inspirés par l'Art Naïf, ils font exprès de "rater" leur interprétation pour leur restituer leur valeur enfantine, maladroite. Jouer mal de manière intentionnelle, c'est une idée qui pourrait m'énerver, mais l'émotion l'emporte ici haut-la-main sur la raison.

Un Budd vaut mieux que deux dans de beaux draps


Harold Budd, presque toujours dans l'ombre de Brian Eno. Beaucoup plus lunaire que lui, la tête en l'air, à même oublier de se construire une carrière. Quand Eno a exhibé au monde entier son génie (Talking Heads puis U2 puis Coldplay), Budd a continué son train-train : musique contemplative, collaborations fortes comme des amitiés (20 ans de travail avec Robin Guthrie des Cocteau Twins) et tendres mélodies au piano.
Une vie musicale à presque toujours faire la même chose, mais avec quel romantisme !




Tableau "L'École de Danse", Edgar Degas

Enter the 37th Chamber (et la ramène pas trop)


Les petits teigneux de R. Gavras me filent de l'urticaire. Par contre, les lascars de Staten Island me filent les chocottes. Pas franchement envie de me retrouver au milieu d'eux, cul nu, comme John McClane, avec un panneau "je hais les nègres" autour du cou... "Protect ya neck", c'est assez clair non?



Ici, justement, la reprise de Protect ya neck par El Michels Affair. C'est extrait de l'album Enter the 37th Chamber, disque qui reprend en version accoustique les titres du cultissime Enter the 36th Chamber. C'est tellement bon que je vous glisse un lien pour télécharger l'album dans son intégralité (version .rar).

Accrobranche

Diego Stocco - Music From A Tree from Diego Stocco on Vimeo.

Vous connaissez la blague: qu'est-ce qui est rose et qui saute d'arbre en arbre?

Bilan des sorties 2009

Avant le grand rush de septembre, traditionnellement très dense en sorties, profitons de ces jours paisibles pour faire un point sur les albums de ce premier semestre. Pas de classement – je me retiens, juste une liste alphabétique des 20 disques à écouter absolument. Sachez cependant que je peux me tromper. Et que je n'ai pas non plus tout écouté : seulement 100 ou 150 galettes.


Asobi Seksu
- Hush
Cocteau Twins still alive. Groupe mimétique, Asobi Seksu n'en est pas moins un grand groupe de dream-pop. Tellement new-yorkais en plus.





Caetano Veloso - Zii & Zie
66 balais et toujours pas crouton. Entre rock rachitique et bossa d'école, Caetano nous offre un grand plaidoyer pour la révolution sur transat.





Cass McCombs - Catacombs
Mon songwriter préféré se met définitivement au folk. J'en parlais très récemment, donc inutile d'en rajouter.





CunninLynguists - Strange Journey Volume One
Du hip hop B qui mériterait d'arriver dans toutes les oreilles. Un des groupes underground les plus agréables à écouter. Très bio.





Cursive - Mama I'm Swollen
Le vrai emo n'est pas mort ! Celui d'At-The-Drive-In, Glassjaw ou Texas Is The Reason. Cursive nous replonge avec plaisir dans notre adolescence pleine d'amourettes et de boutons blancs.





Dj Koze - Reincarnations
L'un des grands noms de la minimale qui compile enfin ses remixes. Plus qu'un agrégat de morceaux hétérogènes, ça a vraiment la cohérence d'un véritable album. Dj Koze est très bon, et il est surtout moins chiant que ses potes berlinois.





Ebony Bones! - Bone Of My Bones
Un espoir que je muris depuis un an. Ebony Bones arrive enfin avec son premier album. Beaucoup plus intéressante que M.I.A ou Santigold, elle n'a c'est dommage pas le producteur qui lui faut. Sinon ça aurait été l'album de la décennie.





Grizzly Bear - Veckatimest
La grosse alternative à Animal Collective. Très bien vus des médias aussi, mais surtout mille fois plus talentueux : Grizzly Bear n'est pas une imposture. Et leur dernier est indispensable pour être dans le coup.





Josh Wink - When a Banana was Just a Banana
Le grand pape de la musique acid ravira tous les zombies de la planète avec ce disque mixé d'une efficacité redoutable. À vos guiboles !





Junior Boys - Begone Dull Care
Comme toujours chez les canadiens ça emballe sec. 8 slows d'enfer pour une parade amoureuse en chemises fleuries.





Maudlin of The Well - Part The Second
Projet culte des années 90 qui relifte ses vieilles démos. Le disque de rock progressif de l'année, noir et vénéneux. Disponible gratuitement ici.





Ordo Rosarius Equilibrio - Onani
Du dark folk comme on l'aime, avec des arrangements riches et un concept très cool : la masturbation dans tous ses états.





Rone - Spanish Breakfast
Premier album au charme désuet ; ça fleure bon Laurent Garnier et Carl Craig et on ne s'en plaint pas.





The Long Lost - The Long Lost
Side Project de Daedelus avec sa femme, la confirmation d'un des grands talents d'aujourd'hui. Disque très personnel et doux, sans fioritures, entre bossa et folk cocorosien.





Timber Timbre : Timber Timbre
Jeff Buckley sous valium donnerait quelque chose comme ça. Ambiance cabaret crado avec ce blues-folk très bien écrit.




Tortoise - Beacons Of Ancestorship
Pas le plus facile à écouter des albums de Tortoise, mais la preuve qu'ils sont au-dessus de tous les péteux du post-rock. C'est très cérébral et d'une inventivité folle.





Whitest Boy Alive - Rules
Pop-funk crâneuse et super bien foutue, le leader de Kings of Convenience est vraiment doué. En plus il y a du moog partout !





Yagya - Rigning
Amis ULM, voici l'album que vous attendiez. Un trip onirico-naturaliste captivant de bout en bout. Grand disque d'ambient avec quelques kicks.





Yousef - Collections Of Scares And Situations
Il est complètement méconnu du grand public, et pourtant sa techno a de quoi envoyer ta mère dans les cages. C'est de la techno très 90's, mais avec une production ultra moderne digne de Clark.





zZz - Running With The Beast
Le coup de bluff de l'année. Un authentique groupe de gothic rock qui se retrouve dans les festivals les plus hype du monde. Et le pire, c'est qu'ils ne font aucune concession artistique.


Compte là-dessus et bois de l'eau !

Un tour de force pour commencer avec une baston épique comme on rêverait d'y participer. Ensuite, pour faire retomber l'adrénaline, une vraie chanson de saison, du vieux groupe brésilien Trio Mocoto (1975). On démarre aussi sur les chapeaux de roue avec des cuivres bien cavaliers, mais non, passée l'intro on retombe à l'endroit avec une pop carioca du plus bel effet. Violons pas cons, voix très amplifiées qui m'ont fait rappeler le Make It So de Daedelus. C'est du tout bon !




Until the light takes us

Non, je ne suis pas mort, je joue juste au frisbee à Central Park.


Le trailer de Until the light takes us, un film-docu sur le Black Metal de Aaron Aites et Audrey Ewel. Je vais voir ça à Boston, dans quelques jours. Petit compte-rendu à la sortie, c'est promis.

lol en folie

Bonne journée les copains, amusez-vous bien et faites les foufous :)



Rofl ^^

Strange Fanboy

J'aurais pu faire comme tout le monde, me pâmer devant les disques d'Elliott Smith, de Sufjan Stevens ou de Bonnie Prince Billy. Mais non, mon petit cœur d'artichaut ne s'est agrippé qu'à ce songwriter très confidentiel qu'est Cass McCombs. Allez comprendre.
Alors que vient de sortir son quatrième album, Catacombs, je remarque que sa notoriété va grandissante. Pas une superstar encore, loin de là, même pas capable de remplir une salle parisienne. Mais les choses avancent. Cass McCombs, lui, fait son truc à sa manière : son nouveau disque reprend le boulot entrepris dans son tout premier disque, qu'il avait délaissé par la suite, à savoir le folk pur et dur, décharné et très peu arrangé. C'est très beau. Au milieu de festival boisé, You Saved My Life, chanson OVNI symbolisant tout le paradoxe McCombs, celui d'un type à cheval sur le new-wave/cold-wave des années 80 et la pop-folk simplissime des 60's/70's.

Plus qu'une curiosité, You Saved My Life s'impose grâce à ce clip comme un des singles de l'année. Un clip totalement lo-fi et pourtant d'une grande pureté cinématographique. Van Sant dans une fête de la bière et une sublime ellipse onirique. C'est bien Cass McCombs qui joue dedans. Je vous laisse apprécier, en attendant ma chronique "officielle" sur Goute Mes Disques :

Carte Noire



Nous n'allons pas trop nous Cobaltiser quand même, sur DCDL nous sommes des gens raffinés et nous allons vous le prouver avec ce morceau, remix par Moodymann de Desire, du non moins génial José James.
La voix de James est une des plus envoutantes que l'Amérique nous ait offerte depuis vingt ans. On remercie au passage Gilles Peterson de l'avoir découverte pour nous, encore une fois dans les bons coups celui-là. Quant à Moodymann, il accélère à mort cette balade sans rien perdre en sensualité. C'est une prouesse que de toucher à ce morceau sans le perdre. On imagine mal passer ça en club, mais qui sait ?


Cobalt


Sublime pochette un brin tendancieuse, n'est-ce-pas ? On se dit : encore un groupe de black metal d'Europe de l'Est, voici le loisir premier du plombier polonais. Mais la chose est un peu plus intéressante que ça. Cobalt n'est vraiment pas un groupe doublon, ni musicalement, ni identitairement. Ils sont américains tous les deux et un océan les sépare. Tandis que machin est tranquille au pays, qu'il joue de sa batterie pour les tournées de Jarboe (on t'aime !), Phil McSorley est en Irak, sergent pour l'armée et dans la merde jusqu'au cou.
Ne me demandez pas comment ils font pour sortir des disques ensemble, je sais merci qu'Internet existe mais cela doit tout de même être rude et compliqué. McSorley, arme au poing, réfléchissant à la tenue de son hurlement sur tel ou tel riff, elle est pas belle la vie ?

En terme de composition on se retrouve assez loin du black metal. On a plutôt affaire à un melting pot entre stoner, sludge, trash, black, death et prog. C'est très varié dans l'attaque façon boucher et surtout très bien écrit. Un gros pouce levé pour le travail rythmique et percussif, très puissant et travaillé, tribal comme il faut.
En lien, A Starved Horror, assez lent et mélodique, de quoi ne pas totalement effrayer ceux qui s'aventureraient à écouter Cobalt.


À chercher du côté du meilleur de The National et de Lambchop, l'un des plus beaux morceaux de 2009 à mon sens, Jim Cain de Bill Callahan.