Portovenere






La mer est de nouveau obscure. Tu comprends,

c'est la dernière nuit. Mais qui vais-je appelant ?
Hors l'écho, je ne parle à personne, à personne

Où s'écroulent les rocs, la mer est noire, et tonne
dans sa cloche pluie. Une chauve-souris
cogne aux barreaux de l'air d'un vol comme surpris,
tous ces jours sont perdus, déchirés par ses ailes
noires, la majesté de ces eaux trop fidèles
me laisse froid, puisque je ne parle toujours
ni à toi, ni à rien. Qu'ils sombrent, ces "beaux jours" !

Je pars, je continue à vieillir, peu m'importe,
sur qui s'en va la mer saura claquer la porte.

Philippe Jaccottet, 1946-1950

1 commentaires:

ok ok ok a dit…

bonsoir

on se permet un petit post-it.

http://bureaudamour.tumblr.com/