Naissance d'une étoile (par Sam de BPRC)

Une nouvelle chronique de Sam, le manager de BPRC, inspirée cette fois de leur date au Magnet, à Berlin.



Une seule fois j'ai osé demander à ma mère comment est- ce qu'on fait les bébés. Je devais avoir 7 ou 8 ans et, en tant que bonne aristocrate créole et protestante pratiquante, elle a préféré ne pas répondre. Par contre je sais depuis mon plus jeune âge comment naissent les étoiles, je l'ai su dès que j'ai compris ce que faisait mon père et aujourd'hui encore, le schème que l'on m'a expliqué à l'époque me semble d'actualité.
Je reviens de Berlin, une ville de province de l'Union Européenne maquillée en capitale, un endroit peuplé de gens atteints d'une maladie congénitale qui date des années 8O : la folie capillaire. Bleu, jaune, rouge, violet, de sept à soixante dix sept ans les Berlinois vivent comme au temps de Nena Haagen. Pour couronner le tout j'étais à l'Est, dans un quartier qui n'a de beau que le nom, sauf la nuit, et j'y ai rencontré une population cosmopolite et complètement jetée dans un tourbillon de fêtes, de soirées, dans des clubs toujours plus grands, toujours plus nombreux.
Au Magnet, avant même le début du set de BPRC, une fille de moins de 18 ans faisait un coma éthylique, pendant que l'équipe de trentenaires qui en paraissaient 2O et qui nous avait été assignées comme VJ (un métier en voix de disparition mais qui fait recette là bas) se saoulait à plein avec les bières du frigo des backstage.
La naissance d'une étoile est toujours quelque chose de long et de douloureux, dans le cas de Berlin c'est au prix d'un balet incessant d'événements mondains, tant et si bien qu'on se demande quand les Berlinois commencent à dormir.
Finckobot, Jorg pour les intimes, est LE dj de Berlin. Il a commencé au Magnet et joue maintenant dans toutes les soirées. Il est dj a plein temps et vit dans un 9O mètres carrés en plein centre ville avec sa copine hôtesse de l'air. Nathalie est une des VJ attachée au set du BPRC, Mike est le batteur du groupe anglais Plastic Passion. Tout ces gens, rassemblés ici par les bons soins de Barbarella, la party planneuse, étaient comme choisis pour le côté symptomatique de leur personnalité. Tout collait parfaitement dans la nouvelle étoile de la carte de l'Union Européenne, les nouvelles étoiles du monde de la nuit buvaient des canettes de Berliner en rigolant avec nous. Jorg ironisait avec Nico sur la prestation de Fukkk Offf avec qui il avait joué un jour avant, Nathalie n'arrivait pas à me croire quand je lui disais que les soirées parisiennes sont chiantes, Mike essayait de lever une blonde moche comme un poux. On a joué à la super nintendo et puis on a parlé de nos futures dates et j'ai mieux compris. Une ancienne ville communiste est en train de devenir autre chose qu'un lieux de free parties merdiques et finalement, si les cheveux eux sont restés bloqués à une époque dont personne ne souhaite se souvenir, les mentalités, elles, changent et Berlin devient petit à petit un endroit fréquentable et dont la jeunesse d'esprit l'empêche d'être coincé : là bas, le tag est la façon la plus courante de colorer une façade et la bière coûte 2,5O dans les clubs branchés du centre-ville.
Les bébés se font avec une bite et un vagin qui s'emboîtent, la bite finit par gicler au fond du vagin qui, kaou!, a un orgasme aussi, et c'est tout.
La naissance des étoiles relève de sentiments et est autrement plus poétique. Les étoiles naissent lors de soirées comme celle-ci, dans des villes comme celle-ci où tout est à construire et rien n'est réellement établi pour de bon.

Cheers

Sam

BPRC Gay Krutenau-Mainstream Mix

0 commentaires: