Progressif et voitures volantes

Je resterai toujours amusé en lisant l'article Wikipédia sur les musiques progressives. On peut y lire ceci : "le terme Progressive a été employé en référence tout à la fois au futur de la musique, à la musique du future et à une manière futuriste de penser la musique". Dans cet imbroglio visionnaire on remarque une chose : la musique progressive c'est avant tout un programme. On veut, à un moment donné, réaliser ce qui ne devrait advenir bien plus tard, on précède quelque part l'Histoire. Mais ceux qui se gavent de SF et de séries Z le savent aussi bien que moi, il ne faut pas toucher à la chronicité des évènements si l'on ne veut pas bouleverser le cours des choses. Et drôle de fatalité ou voyages temporels inconscients, quand elles sont advenues dans un genre musical, les ambitions progressives se sont toujours avérées sans suite.
Prenons par exemple le rock progressif, son ambition n'était pas moindre. Il s'agissait de briser toutes les fondations du rock, de lui insuffler une liberté infinie. Il s'agissait aussi d'y importer une dimension plus technique et élitiste, d'autoriser en un mot la virtuosité. Le programme, justement, était alléchant. Et 40 ans après nous en sommes au même point. Ou même pire, nous sommes allés dans l'autre sens : vers un rock toujours plus maigre et allergique à la complexité.
Je pourrais parler aussi un peu de l'autre grande constellation progressive, celle de la House et des différents dérivés technoïdes. Ici, le progressif est un fiasco complet, ses développements mélodiques en font mourir de rire plus d'un – et moi le premier.
En fait il n'est pas très compliqué de voir où se situe le problème : en imaginant la musique du futur, le progressif en a oublié le présent. Et coupé d'une telle actualité, cette image de l'avenir vaut à peu près la même chose que celle d'un enfant – celui qui s'imagine qu'en 2020, on aura tous une télécommande pour se téléporter à loisir dans les quatre coins du monde.
La seule façon qu'on a de pouvoir raisonnablement anticiper est en fait de décrire le présent et d'en souligner ses mouvements naissants, sous-terrains. Et en terme de musique cela veut dire se retrouver un peu à la marge, dans les germes d'un sentiment qui inondera beaucoup de monde quelques années plus tard. Voilà précisément pourquoi Joy Division a eu mille fois plus d'influence que Yes, parce qu'un destin individuel a rencontré la désillusion de toute une jeune génération, parce qu'il n'y avait pas de programme mais au contraire une détresse sourde et aveugle, qui de proche en proche s'est généralisée et est devenue signifiante.
Le progressif a donc tout faux pour ce qui est de profiler l'avenir musical. Et ce qu'on peut en retenir est paradoxalement sa naïveté extrême, pour le coup clairement gamine. La non prise en compte du présent n'a eu comme résultat qu'une image idéalisée, grotesque et pompeuse des décennies prochaines. Et cela peut attendrir. Je rapproche cela directement à ce qu'il en a été du surréalisme en littérature, un projet d'une ambition folle, clairement à côté de la plaque, qui aujourd'hui doit mon affection à son caractère excessif et absolutiste – bébé a eu son cadeau de Noël, l'inconscient. C'est pourquoi dans la musique progressive ce qu'il me plaît est son romantisme excessif – du côté de l'amour fou, cette envie d'écraser le reste de la musique par une telle débauche de développements harmoniques. Je donne deux exemples à ça, l'un de l'électro progressive, l'autre du folk-rock progressif.


Leftfield : A Final Hit
On trouve A Final Hit en particulier dans la BO de Trainspotting. C'est vraiment typiquement les années 90. On s'imagine bien, écoutant cela, se ballader de nuit dans sa voiture volante.

Harmonium : Depuis l'automne (1975)
Tiré de l'album Si on avait besoin d'une cinquième saison, ce morceau est un bon exemple de ce prog à fleur de peau que j'aime tant : 10 minutes de claviers et de petits soli dans une ambiance champêtre et un peu Flower Power. On doit ce titre à Harmonium, un groupe québéquois et francophone que j'ai découvert un peu par hasard et qui m'impressione vraiment par la qualité de son chanteur et des différents arrangements qui l'accompagne.

INDIE (par Sam, manager de BPRC)

BPRC (Bums Polo Rotten Club) c'est, selon leurs propres mots, "le viol d'un rapeur par les deux gars de Justice, quelque part dans une rue sordide du XVIeme arrondissement de Paris". Ils nous servent un délicieux cocktail de "Garage, Bass line, vieux hip hop, hip hop champagne, Grime, booty, Miami, Balti, acid house, tek house, enfin tout .... tout ce qui leur passe par la tête, même du zouk, de la humpapa, de la country et même du vieux mainstream des années 2OOO". Sam, le manager du groupe, nous a proposé de publier ses "confessions de manager en tournée", quelques notes qui feraient à la fois office de "guide touristique, carnet mondain et article musical". L'idée nous a paru bonne, le son club n'ayant jusqu'ici pas encore trouvé sa place sur notre blog. Nous tentons donc l'expérience. Attention cependant, Sam n'est pas toujours tendre avec ses contemporains!


Quand on a commencé, on avait rien, un peu comme les Irlandais qui fuyaient la famine de la patate au XIXème siècle, on avait faim. Et il n'y a pas de secret dans le domaine de la musique, pour réussir, il faut avoir faim. On s'étonne d'ailleurs : pourquoi on ne voit pas plus d'obèses sur le devant de la scène? Personnellement, après avoir dormi sous un disque d'or pendant toute mon enfance, j'ai tôt fait d'associer la musique et le métal précieux, de me dire que, finalement, les starlettes du début des années 2OOO à la Laam et Larusso avaient beau dire : c'est l'argent qui règle tout notre métier.
Je m'appelle Sam, je suis manager du BPRC. On est trois, un dj, un dj/beat maker et moi, un manager.Ces derniers temps, blogs et magazines nous ont qualifiés de "jeunes talents à suivre", "de hip hop guindé", même de "french touch 3.O", dans tout les cas de quelque chose de nouveau. La nouveauté ça a peut être été de gérer nos affaires comme dans l'ancien temps, en oubliant les paillettes et le sexe pour se concentrer sur le nerf de la guerre. Tout le monde veut son appartement payé cash à Rivétoile.
Il n'empêche que, contrairement à mes deux comparses, on ne peut pas dire que la musique soit vraiment quelque chose que j'ai dans le sang. En fait, mes goûts personnels sont plutôt discutables et mes avis souvent très peu écoutés, je chante comme une casserole et je n'ai pas l'intention de prendre des cours. Je me repose sur le bon goût des deux autres et sur ma culture parce que quand vous avez plus d'arguments que l'autre, même quand vous avez tort, vous avez raison. Et c'est bien ça le principe, j'ai toujours raison. Aussi loin que je puisse remonter ça a toujours été le cas.
J'ai commencé, au tout début, par prendre exemple sur mon frère. Il a fondé son propre label electro à Toulouse, il y a une poignée d'années et, à force de prendre l'apéro avec Strip Steve et le dessert avec Bobmo, il a réussi à se faire un petit nom dans ce rude marché peuplé de monstres à mèches blondes de 16 ans d'âge, maniant Ableton Live comme des pros. A cette époque là on peut dire qu'on était dans un creux qualitatif du marché de l'electro. C'est-à-dire qu'après s'être branlé sur la french touch, tout le monde pensait pouvoir prolonger le trip et retrouver l'ivresse de la première picouze en donnant les manettes à des gamins dont le seul mérite était d'être riches et beaux.C'est le mélange parfait de cette catin de Hell et de Daft Punk.
On peut dire, d'une certaine façon que la transition vers quelque chose de plus sain s'est faite avec Justice, qui, chose peu connue, mixaient, et plutôt bien, avant d'oublier le mode d'emploi des branchements de leur table de mix. Eux, et toutes l'écurie Ed Banger, sauf Uffie, représentaient un bon qualitatif énorme à l'époque, de vrais djs, avec de vrais background, souvent hip hop comme avec Oizo et Mehdi. Uffie quant à elle n'était qu'une pouffiasse cokée qui compensait son manque de talent par sa personnalité envahissante et d'un goût très approximatif.
Aujourd'hui, alors que la scène parait s'être épurée de pas mal de sa crasse, une saleté qui grippait le moteur et empêchait le business de fonctionner à plein, on est dans un revival de la vraie french touch des débuts, sans fluokids, sans Ableton, et on arrête de nous faire chier avec des selectors qui brillent par une fausse culture blog insalubre et périssable sous 15 jours.
C'est donc le moment de recommencer à écrire dessus, enfin ça vaut à nouveau le coup de faire couler de l'encre et de couper des arbres pour en parler.
Au cours des prochains épisodes, je vous raconterai mes pérégrinations dans ce monde complètement bizarre avec des amis, des ennemis, de la joie, parfois du bonheur et souvent un bilan philosophique assez pauvre. N'y cherchez ni l'accomplissement spirituel, ni la réalisation de votre être, mais il n'empêche que quand vous avez mis les pieds dedans c'est très difficile d'en sortir.
Cette série je l'ai intitulé sans grande imagination :
INDIE

épisode 1
(à venir) : la naissance d'une étoile.

BPRC Wednesday night in K-zoo (mix tape)

Cheers

Sam

1981 - 1993 - 2009

J'ai du retenir quelques élans démagos pour écrire ce billet. J'avais très envie d'une fois pour toutes crier ma haine contre le freak-folk, tout ce mouvement indé qui présuppose à sa musique une forme de brouillard, d'illisibilité chronique (avec des larsens un peu partout, une batterie bancale et des mélodies incertaines). Mais je ravale ma bile et j'essaie de faire la part des choses. C'est certainement grâce au dernier Animal Collective que j'apprends à me mesurer : j'ai bien du reconnaître qu'il était pas mal, cet album, malgré le lourd casier du groupe (Strawberry Jam est une imposture totale, le pire étron du genre). Je préfère donc, cette fois, un peu de pédagogie à l'attaque en règle : les potes de Noah Lennox n'ont tout de même pas violenté ma famille. Et c'est l'occasion pour moi de revenir très brièvement sur deux autres groupes, de deux décennies différentes, qui portent en eux le même regard dans le flou, la fraîcheur et la conviction en plus.

D'abord un disque fondateur, que je rattache ici à Animal Collective ou TV on the Radio, mais qui a surtout posé beaucoup choses dans les domaines strictement expérimentaux et industriels. Il s'agit de l'album Deceit de This Heat, sorti en 1981, et dont j'ai toujours du mal à comprendre l'existence. Concrètement, Deceit préfigure de quelques années toute l'esthétique post-punk et no-wave, et ramène dans un même temps les musiques savantes dans le champ d'aggressivité du punk. On pense carrément à l'électro-acoustique de Pierre Henry comme à la radicalité du free-jazz, mais, donc, dans un minimalisme et une spontanéité venant tout droit des Sex Pistols ou des Clash. Inutile de dire que c'est une musique terriblement exigeante, à retourner dans tous les sens pour y comprendre quelque chose, mais dont on ne peut passer à côté tant ce bordel s'avèrera décisif dans l'avenir des musiques sombres et expérimentales. Pour une bonne introduction, je vous mets en lien, en plus d'une chanson de Deiceit, l'excellent clip de Health and Efficiency, certainement leur compo la plus abordable.

This Heat - Paper Hats



On passe dix ans plus tard, au début des années 90, avec les premiers pas de Mercury Rev. On pense en général bien connaître ce groupe, et souvent un peu à tort. Pas de problème pour leur seconde partie de carrière, à partir de Deserter's Song, ils font de la pop plutôt symphonique, assez psychédélique et pas mal Disney, tout le monde est au clair là-dessus. Par contre leurs premiers albums étaient d'une toute autre étrangeté ; Yearself Is Steam, Boces et Lego My Ego sont trois folies complètement psychédéliques, ouvertes aux disgressions les plus incongrues. Pour éviter de paraphraser, je vous réfère et cette biographie très drôle, ici, qui fera je pense bien comprendre à quel point ce groupe était barré. Si vous n'avez pas le courage de lire ces lignes, pas de problème, les deux clips qui suivent suffiront certainement à se faire une idée.

Clip de Something for Joey (Mes excuses mais l'intégration d'une fenêtre Youtube est impossible pour Mercury Rev. Pas de blagues.)

Clip de Bronx Cheer


Et pour retomber sur nos pas, mon morceau préféré de Merryweather Post Pavillion, Bluish, qui comme par hasard ressemble pas mal aux jeunes Mercury Rev.

L'orgue of the rings

Le black metal n'est pas seul à s'inspirer de Tolkien. J'en veux pour preuve la liste établie par le site The Tolkien Music List qui référence des dizaines de groupes ayant, pour certains, prêté allégeance à Sauron, pour d'autres, rejoint les armées du Gondor, pour d'autres encore, emménagé dans la paisible Comté. Bo Hansson seraient plutôt de ces derniers, avec son album Sagan om ringen ou Music inspired by Lord of the rings (1972). Parfois classée dans le rayon rock progressif, la musique de l'organiste suédois ne ressemble jamais à l'oeuvre d'un chat sous LSD découvrant les joies du synthétiseur. Elle est plutôt marquée par un doux psychédélisme dont se dégage une ambiance certes étrange mais jamais angoissante. Il y a du blues là-dedans, du latin-jazz, du rock bien sûr, une touche d'épisme et des tonalités orientales - on est en 1972, ne l'oublions pas, l'occident plane en orient. A écouter au coin du feu, avec un peu d'herbe à pipe peut-être.

Je mets trois morceaux en écoute, mais je vous conseille vraiment de vous procurer l'album. L'idéal serait en vinyl, la couverture est tellement belle!






(ça ne vous rappelle pas quelque chose? Mirkwood part. 1 peut-être?)


+ Petit bonus : Gollum, sur l'album Deluxe des cultissimes Harmonia (Moebius and Roedelius de Cluster, plus Michael Rother de Neu !).



Au Cloverfield de la nuit


Passons sur 'Cloverfield' comme 'le projet Blair Witch' macroscopique, la comparaison est facile, fermée sur elle-même et en cela ne permet pas de délimiter ce qui, dans le film Matt Reeves, spécifie une nouvelle façon d'aborder la caméra intradiégétique. Une nouvelle utilisation qui, en somme, ne vise pas tant à localiser l'horreur dans le hors-champ qu'à la situer frontalement, en plein dans les yeux. Cette caméra ne cache rien, elle ne suscite que peu le registre de l'imaginaire, elle est au contraire pleinement dans la pulsion scopique : il faut voir autant que possible, autant que le destin des héros le permet, y compris à l'instant de la mort. L'objet-caméra se personnalise en quelque sorte, devient animal, affamé de la seule chose qui peut le nourrir, des images encore et toujours.

L'énorme charge projective que possède Cloverfield vient précisément de là, de cette absence manifeste de mise en scène ; débit incontrôlable de l'image, soubresauts de la technologie comme premier principe de montage. Les personnages en action traînent parfois la caméra comme un boulet qui les retarde et les rend imprécis, mais sont pris dans une espèce d'injonction à filmer qui les dépasse, qu'ils n'arrivent pas à justifier autrement que par la stéréotypie : ils continuent à « faire voir », à ne rien dissimuler, à montrer au péril de leur vie et même leur dignité, tout ça pour en fait présenter un bloc de réel pur, aride, impossible à décrire et encore moins à romancer. Stupéfaction du spectateur, donc, d'avoir affaire à des images qui se suffisent à elles-mêmes, qui se substituent à la parole sans jamais la représenter.

La première moitié de Cloverfield très immersive ; elle l'est précisément trop. Jusqu'à l'accalmie dans la bouche de métro, l'intensité va crescendo : sidération massive face aux destructions du monstre-terroriste, face au viol des militaires qui en un instant inondent l'espace - géographique et sonore, hyper-réalisme des comportements qui vire à l'insoutenable dans la station où Rob est obligé de dire la mort de son frère. À ce moment du film quelque chose bascule, et je pose l'hypothèse que c'est en réaction à cette image à laquelle on se colle trop. Dès lors, si le dispositif filmique ne change pas, c'est bien la diégèse en elle-même qui perdra son exigence de l'illusoire et redeviendra scénario, lignes d'une écriture fantaisiste et sans complexe. Rappelons à ce titre cette scène en hélicoptère complètement anachronique : le monstre, pataud et mal agile, se débat contre l'armée cent mètres en contrebas, mais affaibli il réalise un bond impossible, de l'ordre de trois ou quatre fois sa propre taille pour faire décrocher l'hélicoptère. Ce dernier chute des cieux à pleine vitesse et en s'écrasant laisse tout de même trois survivants, dont l'un se fera manger dans une séquence qu'on croirait extraite de Komodo.

On pourra regretter ce changement de bord, ce revirement vers l'incohérent et le spectaculaire, mais peut-être est-ce aussi une réponse du film à son propre dispositif, une sorte de débouché maladroit à la crise éthique qui s'instaure en son sein : qu'en est-il du fantasme d'être dans l'image, de ne plus faire qu'un avec le projecteur ? À ses questions Cloverfield répond donc par un point de butée, une limite théorique à partir duquel le cinéma devient béhavioriste, infléchissant mécaniquement la réaction du spectateur. Matt Reeves ne s'aventurera pas dans ce terrain dangereux, il est bien suffisant pour lui d'en baliser les frontières : tout cela n'est finalement qu'une absurde histoire de monstre (évanoui le parallèle du 11 septembre), peut-être vaut-il mieux réserver le simulateur aux parcs d'attractions, à l'effroi lucide, consenti et rigolard, et si cela n'est pas assez sérieux, on pourra choisir la solution tragique, la ligne droite amoureuse qui parcourt le film littéralement de bout en bout, début et fin de cassette.



Dennis Ferrer - Hit It Off


Je ne peux pas reprocher grand chose à Dennis Ferrer. Il est vraiment un type solide, peut-être le plus irréprochable de Defected avec Dj Gregory et bien sûr Osunlade. Mais je ne peux pas m'empêcher d'y voir de temps à autres une musique décorative, trop linéaire et désintéressée. Là, avec Hit It Off, je retrouve ce caractère transcendant que je peux tant aimer en musique électronique : quelque chose de rachitique, simple comme bonjour, mais qu'on ne voudrait jamais voir s'arrêter. Trop Disco-Soul.

Soft Tokyo

Julien s'en est déjà chargé, mais je tiens à vous souhaiter moi aussi une très bonne année 2009. Je propose de l'entamer tout en douceur avec un morceau de Michael Franks, Rainy night in Tokyo, un délice de soft rock extrait de l'album Passion fruit (1983).
"Seven of September
Remember When
We met at the shrine
Your kimono looked fine
Temple dancers swaying
Flutes playing then
I was yours and you were mine..."
On retrouve tous les éléments d'un bon titre soft rock : des accords bien posés sur un clavier Rhodes, des arpèges de guitare électro-accoustique, un jeu de batterie presque jazzy - avec une très belle utilisation des cymbales, des percussions et une basse discrètes, des choeurs sur chaque refrain et puis, la touche nippone : les flûtes du temple. C'est tendre, exotique, terriblement confortable. On est à dix mille lieus du Tokyo de Léos Carax.

Happy New Year !

Avec un peu de retard nous vous souhaitons une bien belle année 2009, et nous en profitons pour vous dévoiler nos résolutions – ou plans machiavéliques – pour l'année à venir. Nous promettons un rythme de publication plus soutenu. Plus surprenant aussi avec à la clé une méthode de danse révolutionnaire pour la Rumba, un compte-rendu heure par heure des nuits du Zouk de Fort-de-France, une rencontre exclusive sur nos pages entre Cathy Guetta et le mythique groupe Ange et, cerise sur le gâteau, un casting de pianistes pour remplacer Esbjörn Svensson au sein d'E.S.T (et c'est vous qui déciderez par l'intermédiaire de sondages). Mais l'innovation principale de 2009 sur des Chibres et des Lettres sera la publication régulière de compilations mixées, préparées par nos soins, qui permettront aux plus paresseux de découvrir les quatre coins de l'underground mondial sans faire plus de trois clics. Et là, nous ne mentons pas !




Echo and the Bunnymen - The Killing Moon


The Killing Moon est le très beau single de l'album Ocean Rain (1984) d'Echo and the Bunnymen. On connaît tous ce groupe de nom, mais il est étonnant de voir à quel point celui-ci reste collé à son époque. Si l'on entend parler à tort et à travers de l'héritage des Smiths, aucune mention du groupe de Ian McCulloch qui, pourtant, a visiblement influencé mieux que personne Radiohead – et par répercussion la pop mondiale. Un groupe à redécouvrir, donc.