Zooooooooooooooey


Je pense légitime le coup de coeur que j'ai eu cette année pour Zooey Deschanel. Il s'est produit quand je suis allé voir Phénomènes. Ce film est d'une incroyable beauté ; c'est encore une fois pour Shyamalan un suicide commercial, un blockbuster anti-spectaculaire, rempli de la fébrilité narrative qui lui est propre et qui avait fait le miracle de la Jeune fille de l'eau : tous deux sont des grandes déclarations d'amour, au cinéma d'abord, à tout ce qui peut se raconter et devenir Histoire ensuite, et enfin à tout ce qui relie les Hommes – des pactes irrationnels.
Dans The Happening (Phénomènes, donc), une charge de mort s'abat sur tout un état. Les gens, d'un coup, perdent toute humanité et cherchent à se tuer de toutes les manières. Aucun explication officielle à ce drame qui se propage à une vitesse éclair. Marc Wahlberg, scientifique dans tous les poils, va soutenir l'hypothèse qu'il s'agit du vent, qu'il contiendrait l'agent toxique responsable de ces milliers de morts. Il va donc amener sa femme, Zooey Deschanel, dans une fuite improbable du vent et de la population ( c'est la densité humaine qui libère le virus), course à la vie à la mort basée sur une simple croyance scientifique des plus contestables (le vent s'arrêterait aux frontières exactes de l'état ?).
Autre invisible du film, la douleur de vivre de Marc Wahlberg qui, comme dans le Mépris de Moravia (ou Godard), voit sa femme s'éloigner et, de son ressenti, ne plus l'aimer. Cette troublante incertitude, c'est donc celle de Zooey Deschanel : belle à pleurer, toujours en retrait, dont le regard – grand et clair – est impossible à dompter. Mais elle n'est pas Brigitte Bardot, et dans une retrouvaille où la réconciliation intime sera celle aussi avec la Mère Nature (drôle d'adéquation du minuscule et du macroscopique, comme dans Shaking Tokyo de Boog Joon-Ho), elle laissera échapper complètement son amour. Son insatisfaction chronique enfin chérie.


Cette façon que Zooey Deschanel a dans le film de Shyamalan de ne pas savoir elle-même ce qu'elle est et ce qu'elle veut, je l'ai retrouvé dans son premier disque en compagnie de Matt Ward (précieux songwriter US), sous le pseudo Adam&Evien de She & Him.
Zooey a hésité longtemps avant d'envoyer ses démos à Matt Ward. Je ne suis pas chanteuse, peut-être que je ne chante pas bien, je ne suis sans doute pas faite pour ça... La même ritournelle que le statut de femme de Marc Wahlberg.
Voyez sur cette vidéo comme elle hésite et est fragile dans sa définition même :



L'album de She & Him est très émouvant, dans une veine country-folk simple et offert à tous les doutes existentiels. La voix de Zooey de Deschanel est grave, profonde, et en même temps mal assumée, très amatrice. C'est ça qui est fabuleux : voir une femme comme elle trembler devant nos yeux et désormais dans nos oreilles.

Sentimental Heart

Take it Back

1 commentaires:

K. a dit…

Il est a-mou-reux !