Baccalauréat Revenge

J'aime assez jouer au petit bac. Surtout avec des catégories beaucoup plus drôles que Flore, Métier ou Homme Politique. Le problème, c'est pour comptabiliser des colonnes comme Objet Insolite ou Prénom rigolo – certains savent de quoi je parle (Big Up si vous me lisez). Un de mes thèmes préférés est Metal-Band imaginaire. On pense souvent à des trucs comme Anarchy & Blood, Shit in your Nose, Erotica Barbara... Mais un groupe m'a définitivement cloué le bec. Et c'est du serieux. Je veux dire : c'est un vrai groupe qui porte le plus fièrement du monde le nom de City of Caterpillar. Essayez un peu de vous figurer la chose.

On peut aller un peu plus loin que le comique involontaire du groupe ; qui sont ces gens ? Que nous veulent-ils ? Que veulent-ils nous dire avec leur terrifiante ville jaune et noire ? Pas de panique, rien de bien méchant. City of Caterpillar n'est pas, comme son nom l'indique pourtant, un vulgaire groupe de metal industriel. C'est bien plus lâche que ça : c'est un groupe de screamo.
Pour ceux qui ne connaissent pas la notion, le screamo est un mélange d'emo et de punk-hardcore plus classique. Au final, on ne trouve plus rien des vindicatifs Biohazard ou Dead Kennedys ; le Screamo alterne passages chaotiques et ponts mélodiques, avec en premier plan une voix qui chiale sa mère, et son père, et sa petite copine, et celle d'avant aussi. Bref, ça dégouline de partout, c'est geignard et agaçant.
Les japonais d'Envy arrivaient à faire prendre la sauce quelques morceaux. City of Caterpillar parvient peut-être à un peu plus : moins marquant mélodiquement, ils possèdent néanmoins d'étonnantes qualités narratives. C'est tout du moins plus évolué que l'habituel clivage calme/tempête répété jusqu'à la nausée, et ce grâce à leur amour immodéré – et pour une fois intelligent – de toute la scène post-rock canadienne. En fait on s'ennuie finalement peu. Autre soulagement : on n'est pas trop souillé par le pathos de ces Américains. Pas mal de pointes Noise viennent contrebalancer les riffs dépressifs caractéristiques du genre. Ça pleure, mais au moins dans des mouchoirs.

Voilà, vous avez toutes les raisons de ne jamais écouter de Screamo de votre vie. Si ça vous prend quand même, vous arriverez à retenir sans mal le nom de City of Caterpillar. Ce n'est pas la plus mauvaise porte d'entrée – même si quand même, il vaudrait mieux se tenir un peu plus droit et écouter Converge. Pour se faire une idée, le premier titre de leur unique album ici.
Et moi, de mon côté, je retourne inventer des noms de groupes et j'arriverai un jour à trouver plus drôle.

Run Barbie, Run ; Hate Chineses ; Galaxy of Vikings...

4 commentaires:

Hugues Derolez a dit…

J'étais content de mon Children of Byzance même si ça convenait plus - selon moi - comme blason si nous étions un groupe de fous armés de javelots sur des pocketbikes. J'aurais préféré City of Caterpillars. Là, c'est franchement ridicule et angoissant.

Julien Lafond-Laumond a dit…

Je garde au chaud un autre truc improbable. J'en parlerai dans quelques jours.

Teaser : Un opéra-rock. Les derniers jours de Marie-Antoinette mis en musique. Jucifer : L'Autrichienne. Bientôt sur des chibres et des lettres.

Hugues Derolez a dit…

Jason Segel raconte l'histoire de Dracula dans un opéra-rock de marionnettes pour Forgetting Sarah Marshall. Il faut vraiment que tu le vois mec (et Doomsday également pour qu'on en parle).

Julien Lafond-Laumond a dit…

Ok, ce sera fait (Facile d'avoir plein de commentaires à ces messages).